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L’art à la rescousse de la justice environnementale

L'artiste Kriss Munsya devant une de ses photos dans une salle d'exposition.

L'exposition de Kriss Munsya a pour but d'encourager une introspection individuelle et collective au sujet du racisme environnemental.

Photo : Radio-Canada / Justine Beaulieu-Poudrier

Justine Beaulieu Poudrier

L’artiste visuel Kriss Munsya rêve d’une société où la collaboration et le bien commun seraient au cœur des décisions politiques et environnementales. Sa plus récente exposition Monolithic Introspection repose d’ailleurs sur ces bases.

Le titre de l’exposition signifie qu’en tant qu’être humain qui avons un impact sur notre planète, au lieu de se diviser, on doit réfléchir en tant qu'espèce pour pouvoir prendre des décisions qui soient bénéfiques pour tous et pouvoir s’en sortir tous ensemble, explique le photographe d’origine congolaise, établi à Vancouver depuis 2019.

C’est ce désir de collaboration qui a poussé Munsya à s’entourer, derrière et devant la caméra, d’acteurs locaux du mouvement pour la justice environnementale.

Le projet parle de Hogan’s Alley, le nom non officiel que portait un ancien quartier de Vancouver accueillant une dense population d’immigrants, dont une importante communauté noire, qui a été déplacée lors de la construction du viaduc Georgia.

L'artiste Kriss Munsya devant une de ses photos dans une salle d'exposition.

C’est grâce à l’aide de la Société Hogan’s Alley (HAS), un organisme qui œuvre à préserver les souvenirs de ce quartier, que Kriss Munsya a rencontré les modèles et les consultants qui l’ont aidé à mener à bien son projet.

La communauté noire de Vancouver est ici depuis longtemps, mais en raison de la construction du viaduc et d’autres éléments du système capitaliste et suprématiste blanc, elle a été fragmentée, explique Jahmira Lovemore-White, un des deux modèles qui se sont prêtés au jeu devant l’objectif de Kriss Munsya.

Dans les dernières années, il y a eu un mouvement de personnes noires de différents quartiers qui se sont ralliées pour recréer un esprit de communauté, à défaut d’occuper un espace physique, ajoute celle qui croit que ce projet s’inscrit dans cette mouvance.

Pour Jahmira Lovemore-White, la co-fondatrice de Black in BC Mutual Aid, les raisons pour lesquelles le viaduc a été construit à cet endroit ne sont pas uniques à Vancouver et n’appartiennent pas seulement qu'au passé.

Il y a eu des déplacements forcés qui ont affecté les peuples autochtones et les communautés noires partout en Amérique du Nord, explique-t-elle.

Ça se poursuit encore aujourd’hui sur le territoire traditionnel du peuple Wet’suwet’en et même ailleurs dans le monde, comme ce que nous voyons présentement en Palestine.

Une photo conceptuelle d'une femme qui tend les bras avec des mains en forme d'orbite.

Les orbites, recouvrant les extrémités du corps dans les oeuvres de Munsya, représentent l'emprise de la technologie sur les êtres humains.

Photo : Kriss Munsya

L’exposition représenterait d’ailleurs la première exploration d’un projet plus long qui serait réalisé dans d’autres pays.

Le but est de voyager avec ce concept à travers l’Amérique, à d’autres endroits qui sont affectés par le racisme environnemental, pour représenter la justice environnementale dans leur contexte et amplifier le message entourant ces problématiques, explique la coordonnatrice du projet, Julia Santana Parrilla.

Avec ce projet, on souhaite remettre en question l’autorité de l’Homme sur la nature, et la manière dont cette suprématie détruit notre planète et affecte les communautés autochtones et les communautés noires de manière disproportionnée, au nom du progrès et de l’innovation, précise-t-elle.

Selon elle, l’art serait un médium de choix pour communiquer des messages de justice environnementale de manière efficace.

Lorsqu’on présente des images comme celles-ci aux gens, c’est un peu moins confrontant qu’un message politique plus direct, croit Julia Santana Parrilla.

Parfois les gens peuvent devenir défensifs, ou ressentir de la honte face aux choses qu’ils ignorent. Ils peuvent se sentir coupables du rôle qu’ils jouent dans le problème. Cette exposition leur donne la chance d’avancer dans leur compréhension à leur propre rythme.

Trois photos sur un mur blanc dans une galerie d'exposition.

Les photos de l'exposition de Kriss Munsya ont été prises devant le viaduc Georgia, là où vivait la communauté noire de Vancouver avant sa construction.

Photo : Radio-Canada / Justine Beaulieu-Poudrier

L’exposition Monolithic Introspection est présentée gratuitement à la galerie Burrard Arts Foundation et de façon virtuelle, jusqu’au 19 juin.

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