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Menace de grève dans l'industrie de la construction dès mardi

Des travailleurs de la construction s'affairent sur un chantier.

Les 190 000 travailleurs membres de l'Alliance syndicale de la construction menacent de déclencher une grève générale illimitée mardi prochain si aucun déblocage ne survient à la table de négociation.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Radio-Canada

Plus de 190 000 travailleurs de la construction pourraient faire la grève dès mardi si aucune entente n’intervient entre leurs représentants syndicaux et l’Association de la construction du Québec (ACQ). Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, propose l'arbitrage entre les parties.

Les négociations achoppent sur le recours, par les entrepreneurs, à une application qui serait installée dans les téléphones personnels des travailleurs afin de contrôler les heures passées sur les chantiers.

Les membres de l'Alliance syndicale de la construction se sont prononcés à 93 % en faveur d'une grève générale illimitée qui pourrait commencer mardi.

Dans les faits, les syndiqués obtiendront officiellement le droit de grève le 21 mai, soit vendredi. Mais les parties affirment vouloir donner toute la chance à la négociation. L'Alliance syndicale doit déposer un préavis de grève de 12 à 24 heures.

En entrevue jeudi à l'émission Toujours le matin en Mauricie–Centre-du-Québec, le ministre Boulet a déclaré qu'il entend tout faire, jusqu’à la dernière minute, pour donner les outils aux parties pour trouver un terrain d’entente.

On ne peut pas, dans le contexte, tolérer un conflit.

Une citation de :Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec et député de Trois-Rivières

M. Boulet a rencontré les parties et croit qu'elles peuvent trouver une solution. Il leur propose de recourir à un arbitrage de différend.

Mais il n'écarte pas, non plus, de recourir à une loi spéciale pour éviter la grève. Il n’y a rien qui est exclu, a-t-il précisé.

Non à la surveillance, disent les syndiqués

L'application mobile que les entrepreneurs en construction veulent installer de façon volontaire, dans le téléphone des travailleurs, recueille des données en temps réel sur leur géolocalisation.

Pour les syndiqués, une telle surveillance par les employeurs porterait atteinte à leur vie privée.

Selon Éric Boisjoly, porte-parole de l’Alliance syndicale de la construction, affiliée à la FTQ, il s'agit d'une forme de surveillance inacceptable et contraire au droit.

En entrevue sur ICI RDI, jeudi, M. Boisjoly a déclaré que la Charte des droits et libertés est claire : on ne peut pas vérifier en temps réel et en temps de travail tous les travailleurs, que ce soit par caméra, que ce soit par application. La Charte le dit, c’est très clair.

On n’a pas besoin de pression supplémentaire sur le dos des travailleurs et des travailleuses, incluant une vérification constante sur les lieux de travail du temps qu’ils vont faire, a soutenu M. Boisjoly.

La grève, c'est pas ce qu'on veut, mais s'il le faut, on va le faire.

Une citation de :Éric Boisjoly, porte-parole de l'Alliance syndicale de la construction

M. Boisjoly dit que les parties sont à un cheveu de s'entendre sur de gros enjeux d'avantages sociaux.

Est-ce qu'on va mettre l'industrie en péril pour une géolocalisation? demande-t-il. La balle est dans le camp des entrepreneurs [...].

M. Boisjoly reconnaît que la nouvelle technologie se retrouve dans toutes les sphères de l'environnement et qu'on ne peut pas être contre ça.

Sauf qu'il y a des volets où on n'ira pas, affirme-t-il.

Une mesure purement volontaire, rétorquent les employeurs

L’Association de la construction du Québec estime avoir déposé en mars dernier une offre plus que raisonnable aux travailleurs, qui bonifie substantiellement leurs conditions de travail et leurs avantages sociaux.

En retour, l'ACQ demandait une simple ouverture de leur part afin de moderniser un tant soit peu les conventions collectives. L'ACQ a donc proposé aux syndicats de négocier une clause pour l'utilisation volontaire des applications mobiles servant à poinçonner afin de poursuivre le virage technologique d'une industrie qui en a bien besoin, explique l’ACQ dans un communiqué.

Pour l’ACQ, il est inconcevable de paralyser toute une industrie pour bloquer une mesure qui est proposée aux travailleurs de façon volontaire. Un outil qui sera disponible, selon l’ACQ, seulement pour les travailleurs qui désireront s’en prévaloir. Cet outil doit également permettre de simplifier la charge administrative des entreprises de construction.

Selon l’ACQ, les syndicats n'ont jamais eu l'intention de négocier quelques demandes patronales que ce soit. À chaque demande formulée par l'ACQ, les syndicats ont brandi la menace d'une grève.

L'Association de la construction du Québec est l’agent patronal de 17 719 entreprises de construction des secteurs institutionnel, commercial, industriel et résidentiel au Québec. En plus de fournir un éventail de services aux employeurs, elle agit à titre de négociatrice lors du renouvellement des conventions collectives.

Avec les informations de La Presse canadienne

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