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Un ratio de trois patients par infirmière dans certains soins intensifs de Winnipeg

Des infirmières et des médecins s'affairent autour d'un patient qui reçoit de l'oxygène.

Le personnel soignant tire la sonnette d'alarme à propos de la pénurie d'infirmières alors que le Manitoba fait face à une augmentation de personnes hospitalisées pendant la troisième vague de la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Alors que les hôpitaux de Winnipeg se préparent à faire face au pic de la troisième vague des hospitalisations, il y a déjà des signes indiquant qu’il n’y aurait pas assez d’infirmières pour recevoir l'afflux de patients qui sont dans un état critique dans les prochaines semaines.

En temps normal, une infirmière aux soins intensifs s’occupe d'un seul patient. Or, en ce moment, les infirmières du Centre des sciences de la santé de Winnipeg, de l’Hôpital Saint-Boniface et de l’Hôpital Grace prennent chacune en charge jusqu’à trois patients, bien que les autorités du réseau de la santé soutiennent que les patients les plus malades seront toujours pris en charge par une seule infirmière.

Un tel ratio de trois malades pour une infirmière est ridicule, affirme un intensiviste de Winnipeg et spécialiste des maladies infectieuses, Anand Kumar.

Celui-ci ne pense pas que les hôpitaux commenceront à rationner les soins intensifs en fonction d’un protocole de triage de patients. Ils vont seulement surutiliser les infirmières encore davantage, croit-il.

Lorsque [le système] est sous pression, il y a des limites dans les manières de répondre à cela, indique le Dr Kumar. On demande à des infirmières inexpérimentées d’accomplir des tâches pour lesquelles elles ne sont pas prêtes, on demande à des infirmières ayant plus d’expérience de s’occuper de plusieurs patients.

Selon le Dr Kumar, des patients qui seraient normalement admis aux soins intensifs demeurent dans les salles communes parce qu’il n’y a plus de lits disponibles.

Le pire va se produire, prédit-il. L’état de santé des patients va se détériorer et ils devront être rapidement pris en charge dans [la salle d’attente], où il y a moins d’aide et d’équipement.

Un porte-parole de Soins communs Manitoba a répondu que la pression créée par les malades de la COVID-19 sur le personnel des soins intensifs est énorme, mais que la sécurité des soins fournis aux patients demeure la priorité.

Certains patients requièrent un ratio d’une infirmière pour un patient. Pour d’autres, un ratio d’une infirmière pour deux patients sera approprié. D’autres sont en attente d’un transfert dans la salle commune, explique le porte-parole par courriel, ajoutant que ces patients pourraient davantage se partager les soins d’une infirmière lorsque l’équipe clinique a déterminé que cela était sécuritaire.

Soins communs n’a pas précisé quel devrait être le maximum de patients par infirmière.

Infirmières épuisées

À l’Hôpital Grace, la directrice médicale des soins intensifs reconnaît les sacrifices que font les infirmières, tout en les implorant de veiller à ce que leurs besoins primaires sont comblés. Mangez, hydratez-vous, respirez… Allez aux toilettes, peut-on lire dans un courriel de la Dre Heather Smith, obtenu par CBC.

La présidente du syndicat des infirmières (MNU), Darlene Jackson, dit que les infirmières craignent qu’on leur demande toujours de travailler avec des effectifs réduits, sans pause, et de faire des heures supplémentaires obligatoires.

Les infirmières sont terrifiées que la situation du personnel en ce moment devienne la nouvelle norme, dit-elle.

Elle ajoute qu’elle reçoit régulièrement des appels d’infirmières en larmes, épuisées et anéanties par les décisions qu’elles sont forcées de prendre en raison du manque de personnel.

Elle donne l’exemple d’une infirmière des soins intensifs qui a dû choisir entre deux patients celui dont elle allait tenir la main au moment où tous les deux rendaient leur dernier souffle.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

L’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) affirme dans un courriel que les effectifs ont été augmentés autant que nécessaire pour répondre à la demande croissante à l’Hôpital Grace, ainsi que dans d’autres unités de soins intensifs. Des infirmières d’autres secteurs ont été réaffectées et redéployées, indique son porte-parole.

Un total de 51 infirmières, en provenance de l’Hôpital Concordia, de l’Hôpital Misericordia, de la Clinique Pan Am, de l’Hôpital Seven Oaks et de l’Hôpital général Victoria, ont été redéployées dans les unités de soins intensifs de Winnipeg.

Parmi ces dernières, seulement 5 avaient une expérience récente aux soins intensifs. Les autres travaillaient auparavant en salle d’opération, en salle de réveil ou encore dans une unité de soins post-anesthésie, selon le porte-parole de Soins communs Manitoba.

Avec des informations de Bartley Kives, de Vera-Lynn Kubinec et de Joanne Levasseur

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