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Il y a un an, l’aréna Robert-Guertin accueillait les personnes en situation d’itinérance

Des personnes dehors devant un bâtiment, dont certaines assises.

Des personnes en situation d’itinérance ont été logées au centre d'hébergement temporaire de l'aréna Guertin en raison de la pandémie. (archives)

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Radio-Canada

Le 20 mai 2020, l’aréna Robert-Guertin a été converti en Centre d'hébergement d'urgence pour les personnes en situation d'itinérance. Ce changement de vocation du domicile des Olympiques de Gatineau devait être une solution temporaire, mais un an plus tard, la décision sur son avenir se fait toujours attendre.

Aréna Robert-Guertin : un mal nécessaire

Michel Kasongo, directeur général de la Soupe populaire de Hull, soutient que l’aréna Robert-Guertin n’était pas l’endroit idéal, mais dans les conditions de la crise sanitaire (...) c’est ce qu’on avait et on a essayé de conjuguer avec les moyens du bord.

Même son de cloche du côté du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, qui soutient qu'il s’agissait de la meilleure option disponible, selon lui, d’autant plus la proximité de l’aréna des organismes comme le Gîte-Ami et la Soupe populaire de Hull.

Mais le problème, c’est que [l’aréna Robert-Guertin] est trop petit. On a tous été surpris par le nombre de personnes en situation d’itinérance.

Une citation de :Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Au total, ce sont 257 personnes qui ont eu recours aux services de l’équipe d’itinérance au centre d’hébergement d’urgence Robert-Guertin depuis son ouverture, il y a un an, selon le Centre intégré de soins et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais.

À noter que ceci pourrait exclure une partie de la clientèle puisqu’il est possible que certains aient fait un passage rapide en hébergement, sans voir l’équipe du CISSS, ou que certaines personnes aient refusé cette évaluation, précise le CISSS de l'Outaouais dans un courriel à Radio-Canada.

L'intérieur du centre Robert-Guertin converti en refuge.

L'intérieur du centre Robert-Guertin en mai 2020, lorsqu'il a été transformé en refuge. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Dans son mode d'urgence, c'était satisfaisant, somme toute, consent Alexandre Deschênes, organisateur communautaire au sein du Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais.

Maintenant, à mesure que les choses ont avancé, évolué, dans la pérennité du centre, on a commencé à avoir certains enjeux, explique-t-il, notamment en ce qui a trait à la structure architecturale et à la configuration des lieux.

Ça a été assez long avant qu'on ait une réponse. Il a fallu qu'on sorte un rapport et là, il y a eu la Croix-Rouge qui a été appelée en renfort et il y a eu une reconfiguration des lieux, poursuit M. Deschênes.

Une solution temporaire… mais pour combien de temps encore?

Le CISSS de l’Outaouais indique que le plan de relocalisation du centre d’hébergement d'urgence pour les personnes en situation d'itinérance est toujours en évaluation. Plusieurs scénarios sont envisagés, mais il n'y a pas encore de décision prise.

Nous travaillons activement avec les partenaires du milieu et avec l’appui du MSSS pour mettre en œuvre le plan de sortie des activités au centre Robert-Guertin, tant dans un volet de développement de places de logement permanent que de soutien au développement des places en refuge d’urgence, ajoute le CISSS dans sa déclaration.

De son côté, le cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant souligne que le CISSS de l’Outaouais travaille sur différentes avenues avec ses partenaires de la Ville de Gatineau et les organismes communautaires afin de trouver des solutions à court, moyen et long terme.

Le dossier chemine très bien et nous souhaitons être en mesure de faire une annonce sous peu.

Une citation de :Cabinet de Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Pour le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, une annonce de la part du gouvernement du Québec quant à l’avenir du centre d’hébergement d’urgence Robert-Guertin se fait attendre.

D’abord, c’est un refuge, c’est une situation d’urgence, ce n’est pas quelque chose qui est durable, dit-il. Il ajoute avoir remarqué que le gouvernement provincial semble avoir une volonté politique d’aider.

Par ailleurs, le maire précise que des solutions à court terme, comme un refuge, et des solutions à long terme, comme des logements avec de l’accompagnement, sont requises. On est aussi dans une situation où on a une crise du logement. Ça fait que des solutions faciles n’existent pas tellement, poursuit-il.

Un centre multiservices, des investissements, des solutions variées et une réponse complexe du ministère à un problème complexe; ce ne sont que quelques-unes des recommandations avancées par Michel Kasongo, le directeur général de la Soupe populaire de Hull, pour que les services à l'itinérance soient améliorés à Gatineau.

La directrice générale du Gîte Ami, Lise Paradis, croit qu'un deuxième refuge temporaire, dans un bâtiment déjà existant, serait nécessaire pour déménager les personnes qui se trouvent au centre Robert-Guertin le plus rapidement possible de l'aréna, ce qu'on n'a pas réussi à faire.

Le bâtiment en question devrait répondre à critères d'acceptabilité sociale et de zonage, on ne l'a pas trouvé encore, dit-elle.

Craintes autour de la pénurie et des prix de logements

Le manque de logements et le prix plus élevé de ces derniers suscitent également des inquiétudes chez des acteurs des services à l’itinérance.

Lise Paradis souligne que on est toujours complet au Gîte et à l'aréna et on voit le mois de juin arriver, le mois de juillet, où on sait par des appels, par des gens de notre entourage, des gens qui n'ont pas renouvelé leur bail et qui ne trouvent rien, qui ne trouvent rien à la hauteur des moyens financiers qu'ils ont. Ça, ça nous inquiète.

Le Gîte Ami a un projet de construction de logements de transition, avec accompagnement communautaire, sur les terrains que la Ville de Gatineau souhaite exproprier en bordure des Allumettières. Un projet qui est toujours attendu.

La situation génère aussi de l’inquiétude pour le fondateur et directeur d’Itinérance zéro, Benoît Leblanc, qui a l’impression que de plus en plus de gens fréquentent l’aréna Robert-Guertin à chaque semaine.

Lorsque va arriver la période des déménagements, j'ai l'impression que ca va être haut, là. Il y en a beaucoup que leur bail finisse, il n’y a pas de logements, pis ils n’ont pas les moyens de payer 1500 $ pour un logement, explique M. Leblanc.

D’après les informations de Nathalie Tremblay

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