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Le Texas adopte une loi interdisant l'avortement après six semaines de grossesse

Une femme prépare la salle d'opération de la clinique Whole Woman's Health de Fort Worth, au Texas.

La loi texane autorise entre autres un citoyen, même d'un autre État, à poursuivre au civil les médecins ou les cliniques qui aideraient une patiente à obtenir un avortement.

Photo : Associated Press / Tony Gutierrez

Agence France-Presse

Le gouverneur du Texas a signé mercredi une loi interdisant d'avorter après six semaines de grossesse, dans le cadre d'une offensive menée par les États américains conservateurs contre le droit à l'avortement.

La loi garantit que chaque enfant non né dont le cœur bat sera sauvé des ravages de l'avortement, a déclaré le républicain Greg Abbott en paraphant le texte, qui ne prévoit pas d'exception en cas d'inceste ou de viol.

Avant le Texas, une dizaine d'autres États, dont la Louisiane et la Georgie, ont également adopté des lois pour interdire les avortements dès que les battements de cœur du fœtus sont perceptibles, soit vers la sixième semaine de grossesse, même si de nombreuses femmes ignorent encore qu'elles sont enceintes.

Ces législations ont toutes été invalidées en justice, parce qu'elles violent la jurisprudence de la Cour suprême des États-Unis, qui a reconnu un droit à l'avortement tant que le fœtus n'est pas viable, soit entre 22 et 24 
semaines de grossesse.

En 2016, la Cour suprême avait déjà invalidé une loi texane qui encadrait les services dispensés par les cliniques d'avortement.

La plus haute cour américaine, que Donald Trump a ancrée solidement dans le conservatisme, a signalé lundi qu'elle pourrait revoir ce critère de « viabilité » lors de l'examen d'une loi du Mississippi, qui interdit d'avorter au-delà de 15 semaines.

L'entrée en son sein de trois juges nommés par l'ex-président républicain, sur un total de neuf magistrats, a galvanisé les opposants à l'avortement, qui rivalisent d'imagination pour fournir à la Cour suprême des occasions de revenir sur le sujet.

La dernière loi texane contient ainsi un dispositif inédit qui autorise n'importe quel citoyen, établi dans n'importe quel État, à engager des poursuites au civil contre les médecins ou les structures qui aideraient une patiente à avorter.

Cette provision en fait l'une des lois les plus extrêmes du pays et pose un dangereux précédent, a dit Alexis McGill Johnson, la présidente de l'organisation Planned Parenthood, qui gère de nombreuses cliniques pratiquant des interruptions volontaires de grossesse.

Citant l'adoption de 500 mesures restrictives depuis le début de l'année et la décision de la Cour suprême d'examiner la loi du Mississippi, elle a ajouté : Le but est clair : attaquer sans relâche les droits à la santé reproductive jusqu'à ce que l'avortement ne soit plus qu'un droit sur papier.

Bien que le droit à avorter ait été reconnu par la Cour suprême en 1973, il continue de diviser fortement le pays, avec une forte opposition à l'avortement dans les milieux religieux. Il constitue un puissant instrument de mobilisation des électeurs à droite.

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