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Personnel unilingue en santé : les propos de Higgs font bondir

L'urgence du Centre hospitalier universitaire Dr-George-L.-Dumont.

L'urgence du Centre hospitalier universitaire Dr-George-L.-Dumont.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Radio-Canada

Les propos du premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, sur la langue de travail dans le milieu de la santé, ont fait bondir des associations professionnelles et des organismes de défense des droits des francophones.

Mardi, le premier ministre affirmait que la langue était un obstacle au recrutement, et qu’il serait peut-être préférable d’embaucher des travailleurs unilingues anglophones, et leur faire apprendre le français par la suite.

Des intervenants du domaine de la santé ne trouvent pas cette idée réaliste.

Je n’ai pas l'impression que ce serait idéal, mentionne par exemple le docteur Ghislain Lavoie, le président du Collège des médecins de famille du Nouveau-Brunswick. Ce n’est pas facile d'apprendre une deuxième langue juste comme ça, sur le tas, puis d’avoir des discussions... surtout quand ça vient à des termes médicaux.

Le fait d'exiger que les fournisseurs de soins de santé apprennent une deuxième langue comme condition d'emploi pourrait dissuader des professionnels qualifiés de choisir le Nouveau-Brunswick, dit de son côté le docteur Jeff Steeves, président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick.

Les militants acadiens outrés

Des militants acadiens qui défendent les dossiers linguistiques depuis longtemps n’ont pas tardé à rappeler à l'ordre le premier ministre.

Un homme en entrevue.

Michel Doucet, avocat spécialisé en droits linguistiques (archives).

Photo : Radio-Canada

Le premier ministre en agissant ainsi irait à l'encontre de l'article 20 de la Charte [canadienne des droits et libertés] qui prévoit effectivement que les institutions de l'Assemblée législative - qui comprend les hôpitaux - ont l'obligation d'offrir des services dans les deux langues officielles en tout temps et sans délai, [et] de qualité égale aux deux communautés [linguistiques], explique Michel Doucet, avocat spécialisé en droits linguistiques.

La Loi sur les langues officielles prévoit exactement la même chose, ajoute-t-il.

Jacques Verge, le secrétaire du groupe Égalité santé en français, se fait incisif. C’est surtout un recul sur les droits linguistiques qu'on a depuis près de 50 ans, lance-t-il.

Réseau de santé Vitalité : table ronde

Une pétition contre le jumelage des services à Moncton

De son côté, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) vient de mettre en ligne une pétition s’opposant au jumelage des services du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, un hôpital francophone, et de l’Hôpital de Moncton, un établissement anglophone.

Le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet, a expliqué qu'il avait lancé cette initiative pour protéger les services offerts en français au CHU Dumont, plus grand hôpital francophone du Nouveau-Brunswick.

À l’Assemblée législative, le débat sur la langue en santé a repris de plus belle, mercredi.

Les propos du premier ministre Higgs ont été appuyés par l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, mais dénoncés par le Parti libéral et le Parti vert.

Roger Melanson porte un masque et participe à une mêlée de presse.

Roger Melanson, chef intérimaire du Parti libéral, a fustigé le premier ministre mercredi en raison de ses propos sur la langue comme barrière au recrutement dans le domaine de la santé.

Photo : Radio-Canada

En Chambre, le chef libéral par intérim, Roger Melanson, a évoqué certains des prédécesseurs de Blaine Higgs. Il a affirmé que d’anciens premiers ministres progressistes-conservateurs, comme Richard Hatfield, Bernard Lord et David Alward, avaient amélioré la Loi sur les langues officielles.

Le premier ministre actuel veut détruire tout ce qui a été fait depuis 50 ans au Nouveau-Brunswick

Une citation de :Roger Melanson, chef intérimaire du Parti libéral du Nouveau-Brunswick

Le premier ministre Higgs rétorque que son objectif est de régler les problèmes en santé, pas de les ignorer.

Un des exemples que j’entends de la part des diplômés, c’est qu’ils ne peuvent pas travailler au Nouveau-Brunswick parce qu’ils ne sont pas bilingues, a-t-il affirmé.

D’après les reportages de Michel Corriveau et Marie-Ève Brassard

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