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Jason Kenney ferme la porte aux congés de maladie payés, même après la pandémie

Un travailleur garnit les étagères d'une épicerie.

Bon nombre de travailleurs essentiels sont aussi des travailleurs à faibles revenus.

Photo : Associated Press / LM Otero

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, a fermement rejeté l’idée de financer des congés de maladie payés pour les travailleurs, même après la pandémie de COVID-19. Selon lui, il s'agit d'une politique qui « tue les emplois ».

Cela imposerait un coût massif à des employeurs qui peinent à survivre, explique M. Kenney. Selon lui, une telle politique entraînerait des mises à pied et non pas des créations d’emplois.

La meilleure manière d'aider les gens est de s'assurer qu'ils ont un emploi. Les chômeurs ne peuvent pas bénéficier de congés payés ou d'une quelconque autre forme de paye, ajoute-t-il.

Pas de congés payés durant la pandémie non plus

Quant au financement de congés de maladie pour les travailleurs qui doivent s'isoler en raison de la COVID-19, Jason Kenney estime que les aides actuelles de son gouvernement et d'Ottawa sont suffisantes.

L'Alberta, dit-il, offre déjà de l’aide financière à ceux qui doivent s’isoler : jusqu’à deux semaines de logement et de nourriture à l’hôtel gratuits, en plus d’une aide de 625 $ après deux semaines d’isolement.

Lors de l'annonce du programme, en décembre, cette aide financière n'était toutefois offerte qu'aux résidents de 11 quartiers vulnérables de Calgary et d'Edmonton, avant que les critères d'admissibilité soient élargis.

Photographiée de l'extérieur, silhouette d'un homme qui ouvre les rideaux de sa chambre d'hôtel, le soir.

L'Alberta fournit un séjour à l'hôtel et la nourriture gratuitement à ceux qui ne peuvent pas s'isoler de manière appropriée chez eux.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Ainsi, selon le gouvernement, seuls 2400 des quelque 5000 Albertains qui se sont prévalus du programme d'isolement à l'hôtel ont touché les 625 $ d’aide financière. Il affirme avoir dépensé 6,92 millions de dollars pour ce programme d'aide à l'isolement, en plus de 1,5 million pour les paiements d’aide financière.

Cette aide provinciale peut être combinée avec celle du gouvernement fédéral, ce qui est amplement suffisant pour couvrir les besoins des travailleurs, croit Jason Kenney.

Ottawa offre 450 $ après impôts par semaine de congé, jusqu’à concurrence de quatre semaines. Ce programme est toutefois critiqué, car les travailleurs doivent en faire la demande chaque semaine, ne peuvent réclamer l'argent qu’après avoir manqué la moitié d'une semaine de travail et n'obtiennent pas nécessairement 100 % de leurs revenus perdus.

Jusqu'à 14 jours payés réclamés

La Chambre de commerce de Calgary réclame que le gouvernement albertain finance, au minimum, trois à cinq jours de congés de maladie, car les employeurs ne peuvent pas régler un tel montant seuls, selon elle.

Cela devrait pouvoir couvrir la période durant laquelle un travailleur a besoin de s’isoler pour s’assurer qu’il n'est pas infecté par la COVID-19. Ça pourrait donc aller jusqu’à 14 jours, affirme son président, Murray Sigler.

De trois à cinq jours seraient un bon point de départ.

Une citation de :Murray Sigler, président de la Chambre de commerce de Calgary

Il affirme que le dossier est en pourparlers avec le gouvernement provincial.

La porte-parole de l’opposition néo-démocrate en matière de travail, Christina Gray, croit que le gouvernement conservateur uni ne comprend pas la réalité des travailleurs à faibles revenus.

Selon elle, malgré l’aide provinciale et fédérale, un travailleur qui doit s’isoler ne sait pas s’il sera payé avant plusieurs jours et ne peut pas se permettre une baisse de salaire, si l’aide ne couvre pas 100 % de ses revenus perdus.

Ces programmes ne résoudront pas le problème fondamental de s’assurer que les travailleurs savent qu’ils seront payés s’ils doivent s’isoler, affirme-t-elle.

Avec les informations de Janet French

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