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Assaut du Capitole : la Chambre vote pour une commission, avec l'appui de républicains

Des membres de la police du Capitole ont exprimé leur « déception profonde » après la décision des leaders républicains du Sénat et de la Chambre des représentants de s'opposer à la création d'une commission sur les événements du 6 janvier.

La police antiémeute tente de repousser des manifestants.

Le 6 janvier, après un discours de Donald Trump, des partisans de celui qui était alors président ont fait intrusion dans le Capitole, usant de violence pour pénétrer dans l'édifice.

Photo : Getty Images / ROBERTO SCHMIDT

Sans surprise, la Chambre des représentants a voté mercredi en faveur de la création d'une commission bipartisane sur l'invasion du Capitole par des partisans de Donald Trump, avec l'appui d'une trentaine de républicains. L'opposition du leader de la minorité républicaine du Sénat semble toutefois sonner le glas du projet de loi.

Le projet de loi a obtenu l'aval des 217 démocrates présents et de 35 républicains, dont Liz Cheney, qui a récemment été chassée par son parti de son poste au sein de la hiérarchie républicaine.

Toutefois, 175 républicains se sont opposés au texte, qui avait fait l'objet de négociations entre des élus de leur parti et des démocrates.

Les républicains qui ont brisé les rangs ont ainsi défié l'orientation que leur avaient donnée les leaders républicains et Donald Trump lui-même.

Faisant écho aux propos de l'ex-président, le leader de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy, avait incité son caucus à s'opposer à une telle commission si elle n'étudiait pas la violence politique à gauche de l'échiquier politique.

À quelques heures du vote de la Chambre, le leader de la minorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, avait pour sa part clairement indiqué qu'il opposerait une fin de non-recevoir quand le projet aboutirait devant le Sénat. Une décision qui, selon toute vraisemblance, laisse présager l'abandon de l'initiative.

Après mûre réflexion, j'ai pris la décision de m'opposer à la proposition biaisée et déséquilibrée des démocrates de la Chambre des représentants pour créer une autre commission chargée d'étudier les événements du 6 janvier, a déclaré M. McConnell dans l'enceinte du Sénat.

En vertu d'une procédure particulière au Sénat, il faut l'appui de 60 des 100 élus pour qu'un projet de loi puisse faire l'objet d'un vote.

Or, le signal envoyé par le numéro un du Parti républicain au Sénat indique que les démocrates, qui ont besoin de l'appui de 10 républicains pour y parvenir, peineront à rallier un nombre suffisant de leurs adversaires.

M. McConnell a en outre fermé la porte à des négociations sur le projet de loi.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a accusé les dirigeants républicains de céder à Donald Trump et de prouver que le Parti républicain est encore ivre du gros mensonge selon lequel une fraude électorale massive a coûté la victoire au président sortant lors de la présidentielle de novembre 2020.

Il a néanmoins indiqué qu'il inscrirait à l'agenda un débat sur le texte législatif.

Déception profonde au sein de la police du Capitole

Dans une déclaration transmise aux membres du Congrès, des membres de la police du Capitole n'ont pas caché leur déception profonde devant la décision des leaders républicains, évoquant les traumatismes des agents lors de l'assaut. Une telle intervention est exceptionnelle.

Nous aurions espéré que les membres que nous nous sommes engagés par serment à protéger soutiendraient, au minimum, une enquête visant à faire la lumière sur le rôle de CHAQUE personne responsable et à les rendre à 100 % imputables de leurs actions, quel que soit leur titre ou la position qu'ils occupent ou occupaient.

Une citation de :Extrait de la déclaration des membres de la police du Capitole

Il est inconcevable que certains des membres que nous protégeons banalisent les événements du 6 janvier, ajoutent-ils, évoquant les actes héroïques des agents.

Récemment, un élu républicain a par exemple comparé l'émeute à une simple visite touristique du Capitole. Un autre a accusé le département de la Justice de harceler des patriotes pacifiques, et d'autres encore ont contesté la participation de partisans de Donald Trump à l'émeute.

Mardi, l'ex-président Donald Trump a dénoncé un piège de la gauche radicale et exhorté les leaders républicains à l'écouter. Il faut rejeter la commission à moins que son mandat ne soit élargi aux meurtres, aux émeutes et aux bombes incendiaires dans les villes dirigées par des démocrates dans la foulée des manifestations antiracisme de l'an dernier, a-t-il répété dans un communiqué.

S'il a admis qu'il fallait se pencher sur l'assaut du Capitole, M. McConnell, après s'être montré ouvert à l'idée d'une commission, a dit juger suffisantes les enquêtes menées présentement par le département de la Justice et différents comités du Congrès, selon le New York Times.

De nouvelles défections républicaines?

Lors du vote au Sénat, les yeux se tourneront surtout vers les sénateurs républicains qui ont voté pour la destitution de Donald Trump, qui a été acquitté, mais ils ne sont que sept.

L'une des personnes de ce groupe restreint, Susan Collins, a dit souhaiter que des modifications soient apportées au projet de loi de la Chambre, mais a accueilli la commission comme une bonne idée. Sa collègue Lisa Murkowski a pour sa part estimé que Donald Trump serait un témoin crucial.

Les élus républicains des deux Chambres qui voteront en faveur de la commission risquent de s'attirer les foudres de Donald Trump avant les primaires républicaines qui précéderont les élections de mi-mandat de 2022.

Mitch McConnell, qui a baissé le ton depuis, avait offert l'une des critiques les plus virulentes contre l'ancien président, même s'il a ensuite voté contre la destitution.

La foule d’émeutiers a été abreuvée de mensonges. Ils ont été provoqués par le président et d'autres personnes puissantes, a-t-il dit avant la tenue du procès devant le Sénat.

Il ne fait aucun doute – aucun – que le président Trump soit concrètement et moralement responsable d'avoir provoqué les événements [du 6 janvier]. Il n'y a aucun doute à ce sujet. Les personnes qui ont pris d'assaut ce bâtiment pensaient qu'elles agissaient selon les souhaits et les instructions de leur président, a-t-il dit à l'issue du procès, quelques semaines plus tard.

Faire la lumière sur un jour « sombre »

Lancée par la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, la proposition d'une commission sur les circonstances de l'assaut du Capitole est inspirée de celle sur les attentats du 11 septembre 2001.

Dans une déclaration commune, l'ancien président de la Commission du 11 Septembre, Tom Keane, un ex-gouverneur républicain, et l'ex-vice président Lee Hamilton, un ex-représentant démocrate, ont appelé les élus à mettre toute partisanerie de côté en appuyant une commission chargée de faire la lumière sur l'un des jours les plus sombres de l'histoire du pays.

Comme nous l'avons fait au lendemain du 11 septembre, il est temps de mettre de côté les politiques partisanes et de nous rassembler en tant qu'Américains dans une quête commune de vérité et de justice, ont-ils déclaré dans un communiqué commun.

L'objectif de cette nouvelle commission serait notamment d'examiner les raisons qui ont motivé environ 10 000 partisans de l'ex-président Donald Trump à envahir le périmètre du Capitole, puis quelques centaines d'entre eux à le prendre d'assaut.

Elle serait composée d'un nombre égal de démocrates et de républicains, pour un total de 10 commissaires, auxquels viendraient se greffer de nombreux autres collaborateurs, et aurait le pouvoir d'assignation à comparaître.

L'assaut du 6 janvier a fait 5 morts, dont un policier, et près de 150 blessés parmi les forces de l'ordre.

Avec les informations de Washington Post, et Reuters

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