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Un pasteur et sa femme en prison pour avoir maltraité leurs enfants

Mario Monette, Carole Van Houtte et une de leurs filles marchent dans un couloir du palais de justice de Longueuil.

Le pasteur Mario Monette et son épouse Carole Van Houtte, en compagnie d'une de leurs filles.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Garon

Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le pasteur Mario Monette et sa femme Carole Van Houtte Monette écopent respectivement de cinq et quatre ans de détention pour avoir imposé des corrections physiques à six de leurs enfants pendant une période de 25 ans.

Ça a été atroce. Un enfer, se rappelle Micaël Monette au sujet de son enfance, quelques minutes après que ses parents eurent pris le chemin de la détention, au palais de justice de Longueuil, mercredi.

Mario Monette et Carole Van Houtte Monette, âgés de 67 ans, invoquaient les enseignements bibliques pour justifier les châtiments physiques imposés à six de leurs huit enfants, jusqu'en 2004. En septembre 2020, ils ont chacun plaidé coupable à une quinzaine de chefs d'accusation de voies de fait armées, séquestration et menaces.

Ils ont utilisé un bâton de peinture, une baguette de store ou une ceinture pour frapper jusqu'à des dizaines de coups à la fois de manière quasi quotidienne, note le juge Marc-Antoine Carette, de la Cour du Québec, dans son jugement sur la peine.

Une photo du couple.

Le pasteur Mario Monette et son épouse, Carole Van Houtte.

Photo : Église biblique baptiste métropolitaine sud (site web)

Des dizaines de coups à la fois

Turbulence, impolitesse, indiscipline lors du service religieux, musique désapprouvée... Toutes les raisons étaient bonnes pour justifier une pluie de coups, qui devaient faire mal pour que l'enfant apprenne sa leçon.

Les mesures de corrections physiques illégales sont non seulement très nombreuses et étalées sur une période de 25 ans, mais elles sont également érigées en système pour punir les enfants, écrit le magistrat. Nous sommes loin d'être en présence de gestes irréfléchis ou encore de pertes de contrôle momentanées.

Les parents exerçaient un contrôle quasi total sur la vie des enfants. Ils sont allés jusqu'à enfermer un de leurs garçons dans le garage de la maison pendant des mois, ne le laissant sortir que pour aller à l'école, à l'église ou lorsqu'il y avait de la visite.

Le pasteur tenait et tient encore beaucoup aux apparences, estime le juge. Il est évident qu'il cherche à protéger son image de bon père de famille et de pasteur respecté. Il minimise la force utilisée, la fréquence et le nombre de coups en justifiant qu'à l'époque, les mœurs étaient différentes.

En imposant des peines de pénitencier, le juge estime que les critères de dénonciation et dissuasion doivent primer.

La famille divisée en deux clans

Les huit enfants Monette sont plus déchirés que jamais, alors que certains sont demeurés loyaux envers les parents. Micaël Monette espère pour sa part pouvoir enfin tourner la page alors qu'il se sent libéré d'un poids. Qu'il y ait une reconnaissance des faits. Est-ce que j'aurais souhaité que ça soit de la part de mes parents? Oui. À la place, ce sera un juge qui aura pesé, ou soupesé, pour arriver à une conclusion évidente.

Aux autres victimes de maltraitance qui gardent le silence sur ce qu'elles ont subi, il les encourage à dénoncer. Si une personne qui a vécu quelque chose de similaire croit que ça peut lui apporter quelque chose, lui permettre de cheminer puis d'avancer, je lui dirais : faites-le.

Une ancienne fidèle est satisfaite

Line Sévigny, une ancienne fidèle de l'Église Biblique Baptiste Métropolitaine Sud, a côtoyé le pasteur Monette pendant une vingtaine d'années. Elle le décrit comme un dictateur et un manipulateur.

Mme Sévigny est soulagée que le couple ait écopé de peines d'emprisonnement ferme, et non pas de peines dans la collectivité comme le suggérait la défense. Ça me donne confiance au système de justice du Québec. Ça va donner la frousse à peu importe qui veut toucher à un enfant. Affecter mentalement ou physiquement des enfants. Je pense que c'est une bonne leçon.

Mario Monette et Carole Van Houtte étaient représentés par les avocats Katherine Labelle et Mathieu Rondeau Poissant. Les procureurs aux poursuites criminelles et pénales étaient Julie Laborde et Danny Lemieux.

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