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Biden demande une désescalade des violences entre Israël et Gaza

Un homme dirige les chars.

Des chars d'assaut israéliens se positionnent près de la frontière avec la bande de Gaza, mercredi.

Photo : afp via getty images / Jack Guez

Radio-Canada

Au dixième jour de l'escalade de la violence entre Israël et la bande de Gaza, le président américain Joe Biden a pris un ton plus ferme envers Israël, l’appelant à « une désescalade significative aujourd'hui sur la voie d'un cessez-le-feu ».

Sa demande ne sera visiblement pas envisagée, puisqu’après l’appel téléphonique du président américain, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a fait une déclaration publique affirmant qu'il était déterminé à continuer de bombarder Gaza jusqu'à ce que l'objectif d'Israël soit atteint.

Par ailleurs, les autres efforts diplomatiques en vue d'un cessez-le-feu entre Israël et les dirigeants du Hamas à Gaza n'ont pas beaucoup progressé.

Les États-Unis, premier allié d'Israël, ont continué à empêcher le Conseil de sécurité des Nations unies d’adopter une déclaration commune appelant à la fin des hostilités, disant aux diplomates qu'une déclaration publique ne contribuerait pas à apaiser les tensions.

Nous avons été clairs et cohérents sur le fait que nous nous concentrons sur les efforts diplomatiques intensifs en cours pour mettre fin à la violence et que nous ne soutiendrons pas les actions qui, selon nous, sapent les efforts pour une désescalade, a de son côté indiqué une porte-parole de la mission américaine à l'ONU.

Depuis le début de la crise, les États-Unis ont rejeté trois propositions présentées par la Chine, la Tunisie (représentant le monde arabe au Conseil de sécurité) et la Norvège. Et ils ont aussi rechigné à l'organisation de réunions du Conseil – quatre depuis le 10 mai – provoquant même le report de l'une d'entre elles, finalement tenue dimanche.

Attendre le moment opportun

Israël avait dit plus tôt mercredi attendre le moment opportun pour cesser ses frappes sur la bande de Gaza et ne pas exclure de devoir venir à bout du Hamas si la dissuasion échoue.

Nous étudions la question du moment opportun pour un cessez-le-feu, mais nous nous préparons pour plusieurs jours d'opération supplémentaires, a indiqué à la presse un haut responsable israélien.

Il a prévenu qu'Israël ne s'engagerait pas à un arrêt des hostilités avant de s'être assuré que son offensive a atteint ses objectifs, à savoir réduire les capacités militaires du Hamas, ajoutant que la question était désormais de savoir si le Hamas comprend le message.

Lors d'une rencontre avec des ambassadeurs à Tel-Aviv, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a expliqué qu'il n'y avait que deux possibilités de les affronter [le Hamas] : soit vous en venez à bout – et c'est toujours une possibilité – soit vous les dissuadez, et nous sommes actuellement engagés dans une dissuasion ferme.

Nous n'écartons aucune possibilité, a-t-il ajouté.

Un homme se trouve derrière une table où se trouvent des bonbons. Des enfants l'entourent.

La peur s'installe à Gaza et en Israël

Photo : afp via getty images / Mahmud Hams

Une journée sanglante à Gaza

Dans la journée, sept Palestiniens, dont un homme handicapé, sa femme enceinte et leur fille de 3 ans, ont péri à Gaza dans les frappes et un huitième a succombé à ses blessures, d'après le ministère de la Santé. Un journaliste d'une radio affiliée au Hamas, Youssef Abou Hussein, a été tué par un raid sur son domicile, selon la Fédération internationale des journalistes. C'est le premier journaliste à mourir depuis le début des violences.

L'armée israélienne a ciblé une tour dans la bande de Gaza, qui abritait le département technologique du Hamas, des tunnels souterrains permettant selon elle au mouvement islamiste de faire circuler ses munitions, ainsi que des domiciles de commandants de l'organisation.

En Israël, les sirènes pour alerter des tirs de roquettes en provenance de Gaza, notamment dans le sud du pays, ont continué de retentir en soirée.

Sur un autre front, de nouvelles roquettes tirées du Liban ont pour la première fois atterri en Israël, mais sans faire de victimes selon l'armée. Celle-ci a répliqué par des tirs d'artillerie sur des cibles au Liban Sud.

Depuis le 10 mai, au moins 227 personnes dont 64 enfants ont été tuées dans des raids israéliens sur la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé local. En Israël, les tirs de roquettes des Palestiniens ont fait 12 morts, selon la police israélienne.

Dans l'enclave de Gaza, densément peuplée de 2 millions d'habitants et sous strict blocus israélien depuis 15 ans, le risque d'une crise humanitaire s'ajoute à la crise sécuritaire.

Quelque 72 000 personnes ont dû y être déplacées et 2500 ont perdu leur maison dans les bombardements depuis le 10 mai, selon l'ONU.

La première livraison d'aide internationale prévue mardi a été annulée par Israël, après, selon l’armée, un bombardement palestinien sur le point de passage qui venait d'ouvrir.

Un homme accompagné d'une soignante regarde son bébé, couché dans un lit.

Le département néonatal du centre médical Sheba, situé dans la ville de Ramat Gan, près de Tel-Aviv, a été déplacé dans le stationnement souterrain de l'établissement après des tirs de roquettes provenant de la bande de Gaza.

Photo : afp via getty images / Jack Guez

L'armée israélienne dit avoir ciblé dans ses derniers raids des tunnels souterrains permettant au Hamas de faire circuler ses munitions et d’atteindre des maisons de commandants du mouvement islamiste.

En neuf jours, 3750 roquettes ont été tirées de Gaza, dont environ 90 % ont été interceptées par le système de défense antiaérienne israélien, selon l'armée.

À l'origine de cet affrontement militaire, la menace d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans un quartier de Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

Des Palestiniens ont manifesté pendant plusieurs jours en solidarité avec les familles menacées d'expulsion. Les heurts avec les forces de police israéliennes ont fait des centaines de blessés parmi les manifestants. Des images montrant des policiers entrer dans la mosquée du dôme du Rocher ont suscité une vive indignation dans les Territoires palestiniens.

Le 10 mai, les factions palestiniennes ont lancé des roquettes sur Israël en solidarité avec les manifestants blessés à Jérusalem-Est. L'armée israélienne a riposté par des dizaines de raids contre l'enclave palestinienne.

En Cisjordanie, le soulèvement simultané des jeunes Palestiniens contre l'occupation israélienne, l'un des plus violents en une dizaine d'années, a fait 24 morts depuis le 10 mai.

Le dernier grand affrontement entre Israël et le Hamas remontait à l'été 2014. Le conflit de 51 jours avait ravagé la bande de Gaza et fait au moins 2251 morts côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 côté israélien, quasiment tous des soldats.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Al Jazeera

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