•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Déconfinement : le milieu culturel voit l’horizon se dégager

Une foule assiste à un concert.

Le monde des arts de la scène attend avec impatience de retrouver une situation normale.

Photo : Unsplash / Danny Howe

Fanny Bourel

Le plan de déconfinement graduel annoncé mardi par le premier ministre François Legault réjouit le milieu culturel, qui attend depuis plus d’un an de voir la fin de la pandémie se concrétiser.

Cette conférence de presse, je ne pensais pas qu’on allait y arriver, mais je l’attendais, déclare avec euphorie Patrick Rozon, vice-président au contenu francophone du Groupe Juste pour rire. [Le Festival Juste pour rire] va ressembler à un vrai festival.

Ce grand rendez-vous annuel de l’humour se déroulera en partie en version présentielle à partir du 15 juillet, à Montréal.

Les festivals s’attendaient à pouvoir accueillir un maximum d’environ 500 personnes cet été, mais ils seront autorisés à laisser entrer 2500 festivaliers et festivalières à partir du 25 juin, à condition de respecter des exigences qui seront précisées plus tard dans la semaine.

On est agréablement surpris, se félicite Patrick Kearney, président du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN) et organisateur du festival Santa Teresa.

Ça nous donne des opportunités supplémentaires pour les programmations. Ça va améliorer la situation des festivals et des artistes, dit-il.

Cependant, ce n’est pas parce que les festivals auront le droit d’accepter 2500 personnes qu’ils ouvriront aussi grand leurs portes, surtout que l’arrivée très prochaine de l'été laisse peu de temps aux équipes organisatrices pour s’adapter.

Certains vont se dire : "Je vais y aller avec ce que je suis capable de contrôler et de bien faire", précise Patrick Kearney.

Incertitude

L’incertitude entourant les conditions qui seront posées par les autorités n’inquiète pas Francois-G. Chevrier, le directeur général d’Événements Attractions Québec, qui regroupe notamment des festivals. 

Les promoteurs sont prêts. Ils ont plein de scénarios pour s’ajuster aux besoins selon ce qu’on va leur annoncer. On va avoir une belle offre cet été.

Une citation de :Francois-G. Chevrier, directeur général d’Événements Attractions Québec

Les festivals de cet été présenteront essentiellement des artistes d'ici, les frontières étant encore fermées.

Beaucoup d’artistes internationaux n’accepteraient pas de faire une quarantaine à l’hôtel et de se priver d’occasions de revenus pendant ce temps-là, surtout que la reprise aux États-Unis est en avance sur celle au Québec et au Canada, explique Martin Roy, président-directeur général du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI).

Autre bonne nouvelle pour les festivals : la levée de l’interdiction de déplacements entre les régions le 28 mai.

Ça va permettre aux gens d’aller à la découverte de festivals partout en région, s’enthousiasme Francois-G. Chevrier. 

Adieu le couvre-feu

Les festivals, les cinémas, les théâtres et les salles de spectacle sont également soulagés de voir le couvre-feu disparaître à partir du 28 mai. C’est extraordinaire! Ça faisait longtemps qu’on l’attendait, commente David Laferrière, qui préside l'association professionnelle des diffuseurs de spectacles RIDEAU.

Toutefois, les différents changements survenus dans l’heure du couvre-feu ces derniers mois et dans la distance imposée entre les membres du public dans les salles ont épuisé plus d’une équipe de billetterie.

Si certaines salles repousseront l’heure de début des spectacles à 20 h, d’autres, comme le Théâtre Gilles-Vigneault, que David Laferrière dirige à Saint-Jérôme, continueront de présenter leurs spectacles plus tôt. On a décidé de rester à 19 h pour l’été, dit-il.

Le Festival TransAmériques, qui sera lancé le 26 mai à Montréal, ne modifiera pas non plus les heures de ses spectacles. Techniquement, c’est impossible, assure Martin Faucher, le directeur artistique et codirecteur général de l’événement. Mais c’est une bonne nouvelle, car on a un spectacle qui commence à 20 h 30.

L’homme attend désormais le feu vert pour les spectacles prévus à l'extérieur. Il espère que les détails attendus mercredi viendront indiquer que ces spectacles seront permis. Cela fait deux ou trois semaines qu’on nous dit : "Des annonces s’en viennent", raconte-t-il. Il faut que ça se décide demain, sinon ça ne sera pas possible pour nous.

De l’espoir pour cet automne

À compter du 28 mai, des salles pourront accueillir jusqu’à 2500 personnes si elles peuvent aménager des sections dans lesquelles pourront se tenir un maximum de 250 spectateurs et spectatrices. Cet assouplissement concerne donc les très grandes salles.

Cela ne change rien pour les théâtres, souligne Catherine Voyer-Léger, directrice du Conseil québécois du théâtre (CQT). On va être patients.

À partir du 14 juin, la majorité des régions du Québec seront en zone orange. La distance entre les membres du public ne faisant pas partie de la même bulle devrait donc revenir à 1,5 mètre et le masque devrait pouvoir être enlevé une fois la personne assise. 

Ces assouplissements sont de bon augure pour les théâtres à saison, qui présentent habituellement des pièces de la rentrée au printemps.

On peut imaginer des jauges plus importantes cet automne, mais les théâtres à saison voudraient avoir plus de détails afin de prévoir l’automne.

Une citation de :Catherine Voyer-Léger, directrice du CQT

Le retour du maïs soufflé dans les cinémas 

Du côté des cinémas, le changement progressif de zone jusqu’à l'arrivée en zone verte ainsi que la levée du couvre-feu sont attendus avec impatience. Ça va permettre, nous l’espérons, de stabiliser nos entreprises, met en avant Éric Bouchard, coprésident de l’Association des propriétaires de cinémas du Québec (APCQ).

En plus de pouvoir à nouveau programmer des séances à 21 h, les cinémas auront la possibilité de rouvrir bientôt les comptoirs alimentaires.

Bien des gens disent : "Je vais retourner au cinéma quand je vais pouvoir prendre un pop-corn en regardant un film", tellement ça fait partie de l'expérience.

Une citation de :Éric Bouchard, coprésident de l’APCQ

Selon Éric Bouchard, le déconfinement progressif incitera les distributeurs à mettre leurs films à l’affiche, la troisième vague de COVID-19 ayant poussé certains à reporter la sortie de leurs longs métrages et le distributeur du Club Vinland à retirer ce film des salles.

Il y en a qui avaient besoin de cette assurance pour plonger. Depuis le début du mois d'avril, ça nous fait beaucoup de mal de ne pas avoir de films québécois, affirme-t-il.

Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier, d'Eugénie Lépine-Blondeau, de Louis-Philippe Ouimet et de Catherine Richer

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !