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État d’urgence à Shamattawa, après la tentative de suicide d’un enfant de 7 ans

Eric Redhead avec un drapeau d'une Première Nation derrière lui.

Le chef de la Première Nation de Shamattawa, Eric Redhead.

Photo :  Capture d’écran/Skype

Radio-Canada

Le chef d’une Première Nation isolée du nord du Manitoba demande l’aide d’Ottawa après le suicide de sa sœur et la tentative de suicide d’un enfant de 7 ans qui se trouve toujours dans un état critique.

Le chef de la Première Nation de Shamattawa, Eric Redhead, a déclaré l’état d’urgence mardi.

Nous sommes confrontés à une crise du suicide dans notre communauté. Nous réclamons des appuis pour la santé mentale des membres de notre communauté, dit-il en conférence de presse.

Le 9 mai, nous avons perdu une mère de quatre enfants par le suicide et hier soir, nous avons eu une tentative sérieuse d’un enfant de 7 ans, qui se trouve à l’hôpital pour enfants de Winnipeg et qui est toujours inconscient, poursuit-il.

La mère de quatre enfants était l’unique sœur du chef. Elle avait 32 ans et n’avait pas de lien de parenté avec l’enfant de 7 ans.

Eric Redhead affirme qu’il y a eu une augmentation des tentatives de suicide depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Des équipes d’intervention en santé mentale de Manitoba Keewatinowi Okimakanak et du Keewatin Tribal Council doivent arriver mardi dans cette communauté uniquement accessible par les airs, et située à 745 kilomètres au nord-est de Winnipeg.

Le chef de la Première Nation affirme qu’il a demandé à Santé Canada des appuis pour la santé mentale des enfants et des adolescents.

Lorsque nous voyons un suicide, nous voyons souvent un effet domino, et c’est ce qui nous inquiète, dit-il.

Santé Canada a dirigé CBC/Radio-Canada vers Services aux Autochtones Canada pour une demande d’information à ce sujet.

Le grand chef de Manitoba Keewatinowi Okimakanak, l’organisme porte-parole des Premières Nations du nord de la province, affirme que la pandémie a mis à nu des failles dans les services pour la santé mentale des Premières Nations.

Ça nous a vraiment montré à quel point nous avons un déficit en santé mentale et en bien-être émotionnel, dit Garrison Settee.

Garrison Settee indique que les Premières Nations isolées, déjà confrontées aux défis de la pauvreté, continuent de lutter contre une crise du suicide. Il ajoute que la situation s’est aggravée avec la pandémie.

En 2002, le chef de Shamattawa avait déclaré l’état d’urgence après trois suicides en neuf jours. En 2016, quatre jeunes se sont suicidés en l'espace de six semaines.

Trois ans plus tard, lorsqu’Eric Redhead est devenu chef, un garçon de 12 ans s’est suicidé et il y a eu plusieurs tentatives depuis, dit-il.

Si certains programmes de santé mentale sont offerts dans la communauté avec l’aide d’agences gouvernementales, Eric Redhead affirme que la Première Nation devrait avoir plus de contrôle sur la prestation des services.

Nous ne pouvons pas être créatifs et faire ce que nous voulons faire parce que ça ne répond pas au mandat du programme, déplore-t-il. Nous sommes vraiment limités dans la prestation des services de santé à nos membres.

Avec des informations de Rachel Bergen, CBC


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