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Les algues du Pacifique suscitent un engouement commercial et alimentaire

Trois personnes tiennent une corde d'où pendent des algues.

Récolte d'algues à Barkley Sound

Photo : Gracieuseté de Cascadia Seaweeds

Célyne Gagnon

Avec ses 700 différentes espèces d’algues, et plus de 32 variétés de varechs, la biodiversité sous-marine de la côte Ouest du Canada est l’une des plus riches de la planète. Et la demande pour celles qui sont comestibles gagne en popularité.

Plus présentes dans les assiettes, les algues ont également divers avantages. La culture en mer d’algues, l’algoculture, a des bénéfices sur le plan environnemental puisque les algues produisent 50 % de la production d’oxygène sur terre, selon l'organisme Plateforme Océan et Climat.

Une économie bleue peu polluante et durable dans laquelle s’est lancée Cascadia Seaweed, une entreprise britanno-colombienne située à Sidney, dans l’île de Vancouver. Fondée il y a trois ans, l’entreprise est spécialisée dans l’algoculture principalement pour le secteur de l’alimentation. Les algues se retrouvent aussi dans d’autres secteurs tels les produits cosmétiques et pharmaceutiques, et les fertilisants.

Plateforme flottante et bateau pour la récolte d'algues.

Récolte d'algues à Cortes Island

Photo : Gracieuseté de Cascadia Seaweeds

L’entreprise exploite deux fermes d’algues en partenariat avec des Premières Nations de l’île. La première est située dans Barkley Sound, sur la côte ouest de l’île de Vancouver, et la deuxième, près de l’île Cortes dans le détroit de Georgie.

L’algoculture en chiffres

  • La demande canadienne pour les algues augmente annuellement de 9 % selon l’Association des producteurs d’algues du Pacifique.
  • En Colombie-Britannique, on estime la production d’algues à 90 tonnes par an et le secteur pourrait contribuer jusqu’à un milliard de dollars au PIB, d’ici cinq ans.
  • L’algoculture représente plus d’un million d’emplois directs dans le monde, selon les statistiques de la Banque mondiale.

« Nous pensons que la culture des algues peut générer des milliers de nouveaux emplois dans les régions côtières de la province et contribuer jusqu’à un milliard de dollars au PIB de la Colombie-Britannique. »

— Une citation de  Bill Collins, président de Cascadia Seaweed

Quelques zones d’ombre dans une industrie en croissance

La propriétaire de Dakini Tidal Wilds, à Sooke, et auteure du livre The Science and Spirit of Seaweed, Amanda Swinimer, se dit inquiète des techniques de récolte commerciales qui, en privilégiant la biomasse algale plutôt que la durabilité, pourraient menacer la viabilité du secteur à long terme et favoriser la surpêche si la récolte ne se fait pas de façon manuelle.

Il est possible de récolter une même plante plus d’une fois dans une même saison, mais en prenant soin de préserver la partie reproductive de l’algue, insiste Amanda Swinimer.

Des personnes accrochent et rincent des algues.

Récolte d'algues à Cortes Island

Photo : Gracieuseté de Cascadia Seaweeds

Chaque espèce d’algues nécessite une technique d’élagage bien précise pour en favoriser la régénération et seule une récolte faite à la main permet cet élagage sélectif, ce qui n’est pas le cas des récoltes mécaniques propres aux entreprises commerciales, précise la propriétaire de la petite entreprise d’algoculture Dakini Tidal Wilds.

Un avis que partage le professeur de biologie Louis Druehl. Ce pionnier de la culture des algues en Amérique du Nord et propriétaire de Canadian Kelp Resources agit comme conseiller auprès de l’entreprise Cascadia Seaweed. Selon cet ancien chercheur du Centre des sciences marines de Bamfield, il est important de se soucier de l’origine des plantules utilisées par les fermes d’algoculture.

Louis Druehl tient des algues.

Louis Druehl examine des algues Canada Kombu (Saccharina groenlandica).

Photo : Gracieuseté de Canadian Kelp Ressource, Bamfield

La recherche n’a pas encore toutes les réponses. Par exemple, quels sont les risques de cultiver une espèce d’algues dont le profil génétique n’est pas originaire d’une région? Et puis, quelle est l’étendue naturelle d’une région et comment doit-on délimiter les frontières? Les entreprises commerciales n’ont pas de réponses satisfaisantes à ces questions pour l’instant, soulève Louis Druehl.

Des algues accrochés sur une structure en bois.

Séchage des algues Macro Kelp (Macrocystis pyrifera)

Photo : Gracieuseté de Canadian Kelp Ressource, Bamfield

L’algue sous toutes ses formes est en vedette jusqu’au 23 mai à travers le Seaweed Days, un événement virtuel gratuit présenté par l’entreprise Cascadia Seaweed en partenariat avec la Vancouver Island Economic Alliance. L’événement propose une série d’ateliers d’information, ainsi que des démonstrations culinaires menées par de grands chefs sur les diverses façons d’apprêter les algues.

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