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Les surdoses mortelles ont augmenté de 60 % en 2020 en Ontario

Des pilules de fentanyl dans un laboratoire d'analyse.

En 2020, 2426 personnes sont décédées à la suite d’une surdose d’opioïdes. (Archives)

Photo : afp via getty images / Don Emmert

Anne-Marie Trickey

En 2020, 2426 personnes sont décédées à la suite d’une surdose d’opioïdes en Ontario. Ce chiffre représente une augmentation de 60 % comparativement à l’année 2019, selon un rapport publié mercredi.

Plus précisément, les surdoses mortelles ont augmenté de 79 % depuis le début de la pandémie dans la province.

L’augmentation de 79 % représente une comparaison entre le nombre de décès en lien avec une surdose en février 2020, avant la déclaration d’urgence sanitaire en Ontario, au chiffre en décembre 2020.

D’ailleurs, selon une des auteures du rapport, Gillian Kolla, le mois de décembre 2020 a été dévastateur en matière de surdoses d’opioïdes mortelles. En décembre, il y avait plus de 8 personnes par jour qui mouraient de surdoses en Ontario. C’est le mois où on a vu le plus grand nombre de décès liés à une surdose en Ontario, dit-elle.

Le taux de mortalité de surdoses est vraiment tragique.

Une citation de :Gillian Kolla, chercheuse et contributrice au rapport

Mme Kolla explique qu’il y a quelques facteurs survenus pendant la pandémie qui contribuent à cette augmentation de décès liés aux surdoses. L’isolement a vraiment augmenté, et pour les gens qui prennent des drogues, c’est difficile parce qu’il faut que quelqu’un soit avec eux pour répondre à une surdose, explique la chercheuse.

Elle ajoute que l’accès aux services communautaires a été réduit pendant la pandémie.

La population itinérante à risque

La population itinérante en Ontario est particulièrement vulnérable. Le rapport démontre qu’une personne sur six décédée d’une surdose était itinérante. Le nombre de personnes décédées chez les sans-abri a plus que doublé pendant la pandémie, comparativement à la même période l’année précédente.

On voit beaucoup plus de surdoses dans les refuges pour la population itinérante. Il faut assurer les services pour cette population directement dans les refuges.

Une citation de :Gillian Kolla, chercheuse et contributrice au rapport

Nous avons trois crises qui surviennent en même temps. La crise de surdoses mortelles, explique-t-elle, et la crise de la pandémie, mais nous avons également une crise d’itinérance surtout dans la ville de Toronto.

Mme Kolla constate que la pandémie a exacerbé la crise de surdoses mortelles chez les sans-abri. Selon elle, il faut absolument assurer l’accès aux services communautaires pour cette population.

Le rapport indique également que près de 80 % des personnes mortes en lien avec une surdose d’opioïdes chez la population itinérante étaient des hommes. De plus, près de 80 % de ces décès se sont produits dans de grands milieux urbains.

Situation critique dans le Nord de l’Ontario

Pendant la pandémie, le nombre absolu de décès liés à une surdose a augmenté à travers la province et a plus que doublé dans 15 des 34 bureaux de santé publique de la province.

Les bureaux de santé publique de Toronto, d’Ottawa et de la région de Peel ont vu le plus de décès additionnels liés à une surdose pendant la période de la pandémie. Cependant, les chercheurs rapportent que les bureaux de santé publique d’Algoma, de Lambton, de Niagara, de North Bay-Parry Sound, de Sudbury et de Thunder Bay ont tous vu une augmentation significative du taux de mortalité lié aux surdoses.

Ce problème de taux de mortalité élevé, explique Mme Kolla, est surtout présent dans le Nord de l’Ontario.

Dans les communautés dans le nord de la province, on voit un taux de mortalité qui est vraiment élevé. Les communautés sont plus petites et elles ont moins de services.

Une citation de :Gillian Kolla, chercheuse et contributrice au rapport

Il faut faire attention à la façon dont on interprète les taux de mortalité élevés dans certaines petites communautés, puisqu’un faible nombre de surdoses mortelles pourrait grandement influencer les chiffres, indique-t-elle. Cependant, le fait qu’il y a plusieurs communautés dans le Nord qui ont vu une augmentation, c’est ça qui est inquiétant.

La chercheuse ajoute qu’il y a un manque d’accès aux services dans ces régions et que la population est plus éparpillée.

Selon Mme Kolla, un plan au niveau provincial est nécessaire pour combattre cette crise.

La pandémie nous a montré ce que la santé publique de la province est capable de faire pour gérer une crise, dit-elle. On a besoin d’une réponse similaire pour la crise des surdoses. Nous n’avons pas ce leadership en Ontario, et c’est vraiment le temps que ça arrive.

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