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Repenser la façon dont nous nous occupons de nos aînés

Gros plan sur les mains d'un aîné qui tient une canne.

Une habitante de l'île de Vancouver souhaite que les gouvernements trouvent des moyens plus humains pour s'occuper des personnes âgées.

Photo : Shutterstock / Alexander Raths

La campagne de vaccination contre la COVID-19 va bon train au Canada et la santé publique se rapproche de son objectif de vacciner au moins 75 % de la population avant de pouvoir reprendre une certaine normalité.

Mais le monde de demain pourra-t-il reprendre tel qu’il était avant la pandémie, notamment dans les centres de soins de longue durée?

Une habitante de Victoria, Brenda Brophy, pense que non, même si elle admet qu’avant la pandémie, elle n’avait pas grand-chose de négatif à dire sur ces établissements.

En septembre, Mme Brophy a retiré sa mère, Dot, du centre de soins de longue durée où elle vivait pour s'en occuper à la maison.

Sa maman est centenaire et atteinte de démence.

Les conditions de vie de sa mère dans le centre ne lui ont pas laissé d’autres alternatives. Je savais que j'allais la perdre si je ne la sortais pas de là, explique Brenda Brophy.

Durant près de six mois, entre mars et septembre 2020, l'état de santé mental et physique de sa mère a décliné au point qu’elle pesait moins de 30 kilos à un moment donné.

Chaque fois que je la voyais, il y avait quelque chose d'autre : elle portait les vêtements d'un autre résident. Une autre fois, elle portait les lunettes de quelqu'un d'autre ou la pile de son appareil auditif était déchargée, donc nous ne pouvions même pas avoir une conversation.

Une citation de :Brenda Brophy

Elle était très déprimée et pas très engagée. Et ma mère est une personne très heureuse et optimiste. Je ne l'ai jamais vue déprimer de toute ma vie et devenir aussi apathique.

D’autres facteurs ont aussi conforté Brenda Brophy dans sa décision.

Lors d’une visite, elle dit même avoir retrouvé sa mère avec des cheveux pas bien entretenus et des ongles sales.

Et c'était un peu la norme, ajoute-t-elle.

Un état qu’elle souhaite ne plus revoir. Les gouvernements devraient aussi repenser la façon dont la société s'occupe de ses aînés.

« Un dernier recours »

Nous devons repenser la façon dont nous prenons soin de nos citoyens les plus précieux et les plus vulnérables. Nous ne ferions pas cela à des enfants et à un certain moment, lorsqu'ils commencent à vivre plus longtemps, ces personnes deviennent vraiment des enfants.

Pour Brenda Brophy, l’idée même de placer un parent dans un centre de longue durée doit être revue.

Je crois que cela doit être le dernier recours, et non la première chose à laquelle vous pensez ou la seule option que vous avez, dit-elle.

Selon elle, des réflexions de fond doivent être mises en place, mais les gouvernements doivent aussi écouter les familles et les résidents de ces établissements.

Il y a eu des études, des rapports, des commissions et les gouvernements n'écoutent tout simplement pas. Les politiques au Canada ne sont pas en train de changer. Elles ne changent pas à l'échelle nationale ou provinciale. Et nous devons faire mieux.

Mme Brody n'imagine pas passer ses vieux jours dans un centre de longue durée.

Je préférerais mourir des dizaines d'années plus tôt que d'envisager d'être dans l'un de ces établissements.

Une citation de :Brenda Brophy

Et le point de départ pour les gouvernements, indique-t-elle, serait de construire des communautés qui aident les personnes âgées à vivre par elles-mêmes ou à donner aux familles le soutien dont elles ont besoin pour qu'elles vivent avec elles serait un bon point de départ.

Intégrer les centres au système de santé

Selon le professeur titulaire en santé publique à l'Université de Montréal, François Béland, il y a longtemps que les choses auraient dû être repensées : En 1975, un gérontologue américain a écrit que quelques années plus tard, une personne sur cinq âgée de 65 ans et plus va requérir des services complexes et intenses sur une très longue durée

Et il déplore qu'en 46 ans, rien n’ait changé.

Ottawa a annoncé en avril un investissement de 3 milliards de dollars sur cinq ans pour les établissements de longue durée.

Pour M. Béland, ces fonds montrent plutôt une forme de désengagement de la part du fédéral.

C’est un chemin facile, dit-il, mais en allant dans cette direction-là, [le gouvernement] semble prendre ses responsabilités, mais en fait il les abandonne.

Il indique qu'au lieu de définir des normes pour les centres de soins de longue durée, Ottawa devrait intégrer les soins au système de santé universel.

Ce qu’il devrait véritablement faire, c’est intégrer les services de longue durée à l’intérieur de ce qu’est le système actuel d’assurance maladie. Et s’assurer avec des négociations que les provinces donnent des services qui sont des services de qualité, précise François Béland.

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