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Il y a 50 ans, la rivière Matapédia devenait un bien commun

Activité de mentorat dans la rivière Matapédia

Activité de mentorat dans la rivière Matapédia

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 50 ans, le gouvernement du Québec achetait aux Américains des droits de pêche au saumon sur la rivière Matapédia. C’est le début du « déclubage » des rivières, comme le voulait l’expression consacrée à l’époque.

Dans ce même mouvement de déprivatisation, d’autres rivières du Québec sont passées du statut de club privé à celui de ressource gérée par les résidents.

Cette étape importante dans l’histoire du Québec est majeure pour Causapscal qui a développé au fil des ans une industrie florissante autour du saumon.

Photo ancienne. Des pêcheurs tiennent un long bout de bois où sont suspendus une quinzaine de gros saumons.

On comprend pourquoi les Américains se déplaçaient jusque dans la Matapédia pour s'adonner à leur sport.

Photo : archives du Matamajaw Salmon Club

Jusqu'en 1971, la pêche au saumon dans la Matapédia était un droit réservé aux membres des clubs privés. Ce sont les propriétaires de clubs comme le Matamajaw Salmon Club qui s’occupaient du séjour des riches pêcheurs étrangers.

Trois pêcheurs au saumon dans un canot.

La tranquillité des pêcheurs de saumons américains était protégée par des gardiens.

Photo : archives du Matamajaw Salmon Club

Ce droit exclusif créait des conflits dans la communauté.

D’un côté, des Matapédiens défendaient les Américains parce qu'ils venaient avec beaucoup d'argent, qui créait de bonnes retombées économiques pour la région. En 1970 par exemple, 96 personnes travaillaient pour le Matamajaw Salmon Club.

D’autres Matapédiens étaient plutôt en colère de ne pas avoir accès à la rivière.

Laval Morin, un résident de la Vallée de la Matapédia, a grandi le long de la rivière Causapscal.

Laval Morin.

Avec d'autres Matapédiens, Laval Morin a contribué à la préservation de la rivière Matapédia.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Quand j’étais jeune, raconte-t-il, les Américains venaient pêcher et on les regardait avec envie. Il ne fallait pas s’asseoir trop près d’eux. Les gardiens surveillaient de près les braconniers, mais aussi les jeunes curieux comme nous. Ils nous disaient de nous en aller chez nous. On était jeunes et on dérangeait.

C’était impensable de croire que, étant élevés les deux pieds dans l’eau, on n’avait pas le droit de pêcher dans cette belle rivière.

Une citation de :Laval Morin, Matapédien qui a contribué à la préservation de la rivière Matapédia

Sur la Matapédia, les règles ont changé au printemps 1971. Le gouvernement du Québec a acheté une partie des droits de pêche et donné au public l’accès à la rivière. Le Matamajaw Salmon Club sera totalement vendu trois ans plus tard.

Durant cette décennie, le « déclubage » s’est poursuivi sur toutes les rivières de la province.

C’est une décision formidable que le gouvernement du Québec a prise dans ce temps-là. Et donc, c’est une fierté, estime M. Morin.

La rivière nous appartient maintenant, alors les gens en prennent soin. Préserver ce joyau-là, c’est le plus beau cadeau qu’on a pu se faire!

Une citation de :Laval Morin, Matapédien qui a contribué à la préservation de la rivière Matapédia

Écoutez ICI ce qu'en disait à l'époque le docteur Étienne Corbeil, de la direction générale du ministère Tourisme, Chasse et Pêche. Il est interrogé par le journaliste Jean V Dufresne le 26 mai 1971.

Des retombées économiques très importantes

Aujourd’hui, c’est un organisme sans but lucratif qui gère la Matapédia, ainsi que deux autres rivières, en plus d’une réserve faunique.

La gestion locale des rivières à saumon génère des retombées économiques très importantes, selon Michelle Lévesque, directrice générale de la Corporation de gestion des rivières Matapédia et Patapédia, qui gère aussi la rivière Causapscal.

Un pêcheur sur la rivière Matapédia

Un pêcheur sur la rivière Matapédia

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Chaque pêcheur dépense environ 700 $ par jour avec une fréquentation de plus de 8000 jours-pêche, précise-t-elle. Ce n’est pas faux de dire que les retombées sont de 5 à 6 millions de dollars et même un peu plus si on parle des 3 rivières que nous gérons.

Environ 2000 pêcheurs fréquentent les trois rivières chaque été.

Elle mentionne également que cette activité crée des emplois. Plusieurs petites entreprises gravitent autour de cette activité.

La pêche au saumon, c’est une activité qui fait du bien, qui fait battre le cœur de Causapscal.

Une citation de :Michelle Lévesque, directrice générale de la Corporation de gestion des rivières Matapédia et Patapédia

Avec le temps, des campings se sont ajoutés, indique-t-elle. Des pêcheurs s’installent pour la saison, des guides de pêche gagnent leur vie, il y a beaucoup de répercussions.

Mme Lévesque souligne par ailleurs la collaboration de la Ville de Causapscal qui effectue des démarches pour que l’activité de la pêche au saumon soit reconnue comme patrimoine immatériel.

Des canots et de vieilles photos au mur.

Intérieur du musée du Site patrimonial de pêche Matamajaw à Causapscal

Photo : Radio-Canada

Le site patrimonial de pêche au saumon Matamajaw, à Causapscal, l'ancien club de pêche, est aujourd'hui un site touristique.

D’après le reportage de Jean-François Deschênes

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