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Des activistes demandent à Toronto d’arrêter les évictions de campements d'itinérants

Des officiers de police présents lors du démantèlement d'un campement de personnes sans abri.

Un campement situé au parc George Hislop, situé à quelques encablures de Queen's Park, a été évacué par des agents de la Ville le 13 mai dernier. Ce jour-là, deux autres campements ont subi un tel démantèlement.

Photo : Avec l'autorisation de Lorraine Lam

Radio-Canada

Mettant en avant des questions de droits de l’homme et de santé publique, plusieurs organisations demandent à la Ville de changer son approche envers les personnes sans domicile et d’opter pour des solutions pérennes.

Une coalition d’organismes sociaux partenaires de la Ville de Toronto pressent cette dernière de mettre fin aux démantèlements de campements de sans-abri installés dans de nombreux parcs de la Ville Reine.

Le 13 mai dernier, trois de ces camps de fortune qui étaient l’objet d’avis d’évacuation ont été démantelés, leurs résidents étant accompagnés dans des refuges municipaux. La coalition s’attend à ce que ces actions se poursuivent, alors qu’elles contreviennent, selon elle, à la Charte sur le logement adoptée par la Ville et qu’elles mettent en péril la santé physique et mentale des itinérants.

Moins de sécurité dans les refuges que dans les parcs?

Du point de vue de la santé publique, la Ville prend une très mauvaise décision, a déclaré Laura McDonald, une infirmière qui intervient dans un centre de santé communautaire dans l’est de Toronto.

Nous parlons de personnes atteintes de maladies, de problèmes de santé mentale et de toxicomanie. Le traumatisme, le stress et le déplacement induits par ces démantèlements aggravent leur état.

Un fauteuil roulant devant une tente dans un parc public.

Un fauteuil roulant devant une tente au Jardin Allen au centre-ville de Toronto, le 17 mai 2021. La coalition explique que les besoins spécifiques des sans-abri ne sont pas systématiquement comblés dans le système de refuges de la Ville.

Photo : Radio-Canada / Julia Kozak

Bien que la coalition reconnaisse les efforts continus de la Municipalité pour offrir des abris et des logements aux résidents des campements, elle s’insurge du manque de choix laissé à ces derniers lors des évictions et de la manière avec laquelle elles sont menées.

Jennifer Jewel, logée actuellement dans un des hôtels-refuges municipaux mis en place pendant la pandémie, a assuré qu’elle ne s’est jamais sentie autant en sécurité lors de son année et demi d’itinérance que dans le campement du parc Dufferin Grove.

J’avais des amis dans ce parc, une communauté. Lorsque les agents viennent expulser les gens, [les itinérants] ne peuvent pas emporter leurs affaires avec eux, alors ils finissent par recommencer de zéro une fois sortis des refuges.

Immunodépressive, elle a dit lors d’une conférence de presse tenue par la coalition Toronto Drop-In Network craindre une potentielle contamination au coronavirus.

En date du 18 mai, 13 refuges municipaux comptaient une éclosion de COVID-19, pour 47 cas actifs. Il y a eu 1595 infections déclarées dans ces installations depuis le début de la pandémie, dont 9 personnes en sont mortes.

La problématique du logement durable

La stratégie municipale est centrée sur le logement d’abord, a indiqué la Ville de Toronto, dans un courriel à Radio-Canada.

Dormir dehors dans les parcs est incompatible avec cette approche. [...] La Ville continue d'aviser les personnes séjournant à l'extérieur que dormir indéfiniment à l'extérieur dans les parcs de la Ville n'est pas une solution à l'itinérance. [L’éviction] est le dernier recours de la Ville.

Une citation de :Kris Scheuer, porte-parole de la Ville de Toronto

Selon M. Scheuer, les infrastructures (refuge, hôtel ou logement social) mises en place pendant la pandémie offrent un certain nombre de soutiens, y compris des repas, une buanderie, des douches, une assistance médicale et au logement.

Ce n’est pas assez, selon les organismes de défense des sans-abri.

Au lieu de se demander : "Comment pouvons-nous faire pour fournir des solutions durables à long terme pour éradiquer le sans-abrisme?", la Ville se dit : "Comment pouvons-nous mettre les sans-abri hors de vue?"

Une citation de :Lorraine Lam travailleuse sociale au Sanctuary Ministries de Toronto
Lorraine Lam, travailleuse sociale.

Lorraine Lam juge la réponse de la Ville face au développement des campements de sans-abri « violente ».

Photo : CBC/Lorenda Reddekopp

En un an de pandémie, plus de 5500 personnes en refuge ont été placés dans des logements durables, selon les statistiques municipales. Cependant, plus de 79 000 ménages sont en attente d'un logement abordable, a souligné la coalition : Où vont se loger ces gens pendant qu’ils attendent?

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