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Le rapport Greene, un remède pour T.-N.-L. qui serait pire que le mal?

Vue aérienne de l'édifice de la Confédération photographié par un drone.

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador doit passer à l'action pour redresser ses finances. Mais le plan de restructuration recommandée par un comité indépendant suscite de vives réactions.

Photo : Radio-Canada / CBC

Soixante universitaires, militants et organisateurs communautaires contre-attaquent après un récent rapport indépendant sur la restructuration du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador. Ils croient que le remède proposé dans le rapport Greene, soit une série de mesures d’austérité, serait pire que le mal.

Le rapport Greene, une analyse commandée par le premier ministre Andrew Furey recommande une série de compressions budgétaires pour redresser les finances du gouvernement fortement endetté. Avec une population de 521 000 résidents, Terre-Neuve-et-Labrador compte 47 milliards de dollars en obligations financières, selon le groupe qui a rédigé le document.

Mais Angela Carter, l’une des membres de la coalition People’s Recovery, dont le rapport a été publié mardi, suggère que le gouvernement provincial pourrait régler ses déficits structurels et relancer son économie en investissant davantage dans les services et en augmentant les impôts sur les mieux nantis et les grandes sociétés. Ces mesures pourraient représenter environ 800 millions de dollars par an, calcule-t-elle.

Si on met en œuvre les recommandations du rapport Greene, on peut s'attendre à une augmentation des inégalités et une augmentation du niveau de pauvreté, qui sont déjà trop élevées à Terre-Neuve-et-Labrador.

Une citation de :Angela Carter, organisatrice, Coalition People's Recovery

Mme Carter, une professeure à l'Université Waterloo basée à Terre-Neuve, note que le rapport Greene recommande la réduction massive des dépenses en santé et des subventions accordées aux établissements d’études postsecondaires, l’abolition des conseils scolaires et la privatisation de certaines agences, dont la Société des alcools. Mme Carter croit que ces mesures toucheraient surtout les personnes les plus vulnérables, comme les aînés, les immigrants et les personnes handicapées.

Mme Greene ne fait que répéter les avis économiques des années 80. La pandémie actuelle du coronavirus est la pire crise économique et sociale depuis la Seconde Guerre mondiale. Toutes les organisations politiques internationales, par exemple l’OCDE, recommandent qu’aujourd’hui, plus que jamais, nous devions investir dans nos services pour reconstruire en mieux, affirme Mme Carter.

Nous avons besoin de plus, et non moins, d’investissements publics, en santé par exemple, explique-t-elle.

Taxer les riches comme solution aux déficits

Dans son document de 52 pages, la coalition propose une série d’augmentations d’impôts pour les mieux nantis et les entreprises. Mme Carter souligne que pendant le boom pétrolier, dans les années 2000, le gouvernement a réduit les impôts des riches et des grandes sociétés. Une erreur que nous devons corriger, dit-elle.

Selon la coalition, le gouvernement devrait augmenter ses revenus pour qu’ils atteignent la moyenne des provinces. Cette stratégie comprend la création d’un impôt sur la fortune et d’une nouvelle tranche d’imposition pour les gens ayant un salaire d’au moins 1 million de dollars. Le groupe veut aussi taxer davantage les produits de luxe et augmenter le taux d’imposition des gains en capital. Selon le rapport, le taux d’imposition des sociétés devrait passer de 15 % à 17 %.

Nous entendons souvent dire que si nous taxons les riches, ou les grandes entreprises, qu’ils partiront tout simplement. Mais c’est un mythe et c’est un mythe utilisé pour empêcher les augmentations d’impôts.

Une citation de :Angela Carter, organisatrice, Coalition People's Recovery

D'après des recherches canadiennes, nous savons que, par exemple, les millionnaires déménagent rarement aux États-Unis pour réduire leurs impôts, souligne Mme Carter.

Le rapport mise aussi sur la transition énergétique et la création d'emplois verts pour alimenter l'économie provinciale. Il recommande aussi la création de partenariats avec Ottawa pour éliminer les frais de scolarité et créer un régime universel d'assurance-médicaments et d'assurance dentaire.

Le gouvernement libéral promet une série de consultations avant d’adopter les recommandations du rapport Greene.

Nous entamons un processus de consultation robuste pour discuter des recommandations de l'équipe qui s'est penchée sur la relance économique. Nous allons prendre en considération tous les points de vue et opinions, y compris les recommandations de la coalition People's Recovery, indique la porte-parole du ministère des Finances, Diana Quinton.

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