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Alimentation locale : les plantes de bord de mer sont-elles trop cueillies?

De la salicorne déposée sur un sac de jute.

La salicorne fait partie des plantes de bord de mer pouvant être vulnérables à une récolte excessive.

Photo : Radio-Canada

Michaële Perron-Langlais

Manger local, c’est bien, mais encore faut-il le faire de manière responsable. Un comité mis en place par le Conseil du Saint-Laurent considère que la cueillette de plantes comestibles de bord de mer, de plus en plus populaire, exerce une pression sur un milieu déjà fragilisé par l'érosion côtière et la présence de plantes exotiques envahissantes.

Ça pose un défi qui n’est pas facile à résoudre, souligne la coordonnatrice adjointe du Conseil du Saint-Laurent, Cécile Regazzi.

Il faut reconnecter les Québécois et les Québécoises à leur milieu, tout en faisant attention à la fragilité de ce milieu.

Une citation de :Cécile Regazzi, coordonnatrice adjointe au Conseil du Saint-Laurent

Pour réfléchir aux enjeux liés à la collecte des plantes de bord de mer, le Conseil du Saint-Laurent et le Comité ZIP du Sud-de-l’Estuaire ont réuni des cueilleurs professionnels, des gens du milieu de la restauration, des experts en environnement ainsi que des représentants de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk.

Ce comité de concertation considère que les plantes de bord de mer sont non seulement trop cueillies, mais aussi mal cueillies.

Il y a la quantité, mais il y a aussi les comportements de cueillette, par exemple le piétinement de certains espaces sur le bord du fleuve, explique Cécile Regazzi. Et les quantités sont bien trop nombreuses par rapport à ce que la ressource peut supporter. Les plantes n’ont pas le temps de se régénérer par rapport à la cueillette de Monsieur et Madame Tout-le-Monde et à la demande des restaurateurs.

Des feuilles vertes poussent dans le sable près d'une souche d'arbre.

La mertensie maritime peut être cueillie en bordure du fleuve Saint-Laurent.

Photo : Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire

Parmi les espèces qui pourraient être vulnérables à une récolte excessive, on trouve entre autres la salicorne, la mertensie maritime, la livèche d'Écosse, le rosier inerme.

Documenter les effets de la cueillette sur l’écosystème

Si les membres du comité constatent qu'il existe des enjeux liés à la cueillette des plantes comestibles de bord de mer, le phénomène est peu documenté de manière scientifique, souligne Cécile Regazzi.

La coordonnatrice adjointe du Conseil du Saint-Laurent considère qu'il est important d'acquérir plus de connaissances à propos des impacts de la cueillette sur l’écosystème.

Pour y arriver, un projet de recherche devrait être mené par le Bureau d’écologie appliquée cet été, au Kamouraska. On n’a pas de données sur la pression de l’activité de cueillette sur les plantes, indique Cécile Regazzi. L’idée serait de faire des observations sur un secteur de plantes comestibles qui n’est pas du tout cueilli et sur un autre secteur qui est cueilli.

Les résultats de cette recherche serviront ensuite à l’élaboration de mesures pour protéger le milieu. Réglementer la cueillette de certaines espèces et mettre en place une certification pour les cueilleurs font partie des solutions envisagées.

Comme il faut du temps pour mettre de telles mesures en place, le Conseil du Saint-Laurent mise, à court terme, sur la sensibilisation auprès des cueilleurs amateurs et des restaurateurs.

C’est de cueillir avec parcimonie, de ne pas cueillir des quantités qui peuvent parfois pourrir à la maison, parce qu’on ne va pas s’en servir, dit Cécile Regazzi. Mais avant tout, c’est de savoir ce qu’on cueille comme plante, de connaître le statut de cette plante. Est-ce qu’elle est en voie de disparition? Est-ce qu’elle a un statut particulier? Est-ce qu’elle pousse de manière généreuse dans le milieu où on se trouve?

Aux restaurateurs, elle recommande de bien se renseigner sur les pratiques des cueilleurs auprès desquels ils s’approvisionnent en plantes de bord de mer.

Parmi les ressources disponibles pour s’informer sur le sujet, il existe notamment un guide produit par le parc de la rivière Mitis. Le comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire propose également des activités de sensibilisation. De plus, la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk travaille sur un projet de mise en valeur des plantes au parc Kiskotuk.

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