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Un vaccin contre l’asthme allergique efficace chez la souris

Illustration montrant le système respiratoire humain.

Le système respiratoire humain.

Photo : iStock / magicmine

Radio-Canada

Un vaccin mis au point par des scientifiques français induit une protection à long terme contre l'asthme allergique chez la souris, a annoncé l’Institut Pasteur.

Les résultats obtenus dans le cadre de cet essai préclinique permettent de penser que des essais sur les humains pourraient commencer dans les prochains mois.

Le vaccin pourrait induire une protection à long terme contre l'asthme allergique, réduisant la sévérité des symptômes de la maladie et améliorant ainsi significativement la qualité de vie des malades, note l’institut dans un communiqué.

Ce vaccin candidat est né d’une collaboration entre l’équipe du chercheur Pierre Bruhns, de l’Institut Pasteur, de collègues de l’INSERM et des scientifiques de l’entreprise française NEOVACS.

Repères

  • Au Canada, plus de 3 millions de personnes sont atteintes d'asthme;
  • L'asthme allergique se caractérise par une inflammation des bronches et une gêne respiratoire provoquée par l'inhalation d'allergènes, tels que des squames d'animaux, de la poussière, de la moisissure ou des acariens;
  • L’asthme frappe les personnes de tous âges, mais les plus jeunes en sont plus atteintes;
  • Il est responsable annuellement d’environ 64 000 visites à l’urgence;
  • Il coûte aux Canadiens plus de 2 milliards de dollars en soins médicaux et en médicaments chaque année.

Cibler la production d’anticorps

L’exposition aux allergènes entraîne la production d'anticorps appelés immunoglobulines E (IgE) et des cytokines de type 2 (comme les interleukines IL-4 et IL-13) dans les voies aériennes, expliquent les chercheurs dans le communiqué.

Cette production d’anticorps entraîne ensuite une cascade de réactions aboutissant à une hyperréactivité des voies respiratoires, une surproduction de mucus et une éosinophilie (taux trop élevé de globules blancs appelés éosinophiles dans les voies aériennes).

Actuellement, les médecins prescrivent l’inhalation de corticoïdes pour contrôler l'asthme. Dans le cas d'asthme sévère, toutefois, ce traitement ne suffit pas. Des injections d’anticorps monoclonaux thérapeutiques (ciblant les IgE ou les voies IL-4 et IL-13), qui coûtent beaucoup plus cher, sont nécessaires.

Des résultats encourageants

Le nouveau vaccin permettrait de traiter l’asthme sévère en couplant les cytokines recombinantes IL-4 et IL-13 avec une protéine utilisée dans de nombreux vaccins, expliquent les chercheurs.

Les résultats précliniques réalisés sur des rongeurs montrent que ce vaccin induit une production durable d'anticorps dirigés spécifiquement contre les deux cytokines (IL-4 et l'IL-13). Ainsi, six semaines après la première injection du vaccin, 90 % des souris présentaient de forts taux d'anticorps. Plus d'un an après la primo-immunisation, 60 % d'entre elles avaient encore des anticorps capables de neutraliser l'activité de l'IL-4 et l'IL-13.

Moins de symptômes

En outre, les chercheurs ont montré un effet sur les principaux symptômes de l'asthme : le vaccin diminue grandement les taux d'IgE, l'éosinophilie, la production de mucus et l'hyperréactivité des voies respiratoires dans un modèle d'asthme allergique aux acariens.

Ces résultats, dont le détail est publié dans la revue Nature Communications (Nouvelle fenêtre) (en anglais), laissent à penser que le vaccin est efficace à la fois pour prévenir et pour traiter l'asthme. Aucun effet indésirable n'a été observé chez l'animal, si bien qu’un essai clinique pourrait commencer dans les prochains mois.

Les 5 étapes de la mise au point d’un vaccin :

Le développement d'un vaccin prend habituellement plus de 10 ans.

  • L'évaluation préclinique : quand un vaccin semble prometteur en laboratoire, il est d'abord testé sur des animaux afin de s'assurer qu'il est sans danger et de déterminer la dose nécessaire pour déclencher une réponse immunitaire.
  • L'étape 1 des essais cliniques : on commence les tests sur 10 à 100 volontaires en bonne santé. L'objectif est de détecter les potentiels effets secondaires et d'ajuster les dosages. Cette étape vise à s’assurer que le nouveau médicament est sécuritaire et qu’il atteint ses objectifs. Elle permet de recueillir des données préliminaires sur sa valeur thérapeutique ou préventive.
  • L'étape 2 : le vaccin est testé sur plusieurs centaines de volontaires en bonne santé. On cherche à détecter les effets secondaires à court terme, la réaction du système immunitaire, la dose optimale et le meilleur moment pour l'injecter.
  • L'étape 3 : les tests se font sur des milliers de personnes. Lors de cette ultime vérification, en plus de vérifier que le vaccin est sécuritaire, on s'assure qu'il est efficace chez les personnes susceptibles de tomber malades. On trouve aussi les patients pour lesquels le vaccin serait déconseillé.
  • L'approbation : au Canada, les fabricants doivent fournir les preuves scientifiques quant à la sécurité, l'efficacité et la qualité de leur vaccin. Ils doivent aussi documenter leur méthode de fabrication et de production, avec les tests de qualité qu'ils mèneront. Santé Canada évalue la demande et s'assure que les bienfaits du vaccin dépassent les risques.

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