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Bombardements à Gaza, roquettes sur Israël, grèves en Cisjordanie

Des lueurs de roquettes au-dessus d'un ensemble d'immeubles.

Des roquettes provenant de la bande de Gaza interceptées par le système antimissile israélien à Ashkelon.

Photo : Reuters / Amir Cohen

Agence France-Presse

Bombardements israéliens et salves de roquettes du Hamas palestinien ont fait de nouvelles victimes mardi, et les violences se sont ravivées en Cisjordanie et à Jérusalem lors d'une « journée de la colère », au moment où la communauté internationale intensifiait ses efforts pour tenter de faire cesser l'escalade meurtrière.

Les Palestiniens de Cisjordanie ont organisé mardi une journée de grève générale et de colère en solidarité avec Gaza, qui a été très largement suivie.

Nous sommes ici pour faire entendre nos voix et être solidaires des gens de Gaza qui sont bombardés, a expliqué à l'AFP Aya Dabour, qui manifestait à Ramallah.

Grâce à cette grève, nous commençons à ne plus avoir l'impression d'être simplement leurs esclaves, a confié Ala Judeh, un Palestinien de 24 ans employé dans une station-service d'un quartier juif de Jérusalem.

Lors de ces rassemblements, qui ont dégénéré en affrontements avec l'armée, quatre Palestiniens ont été tués et des soldats israéliens blessés par balles.

Depuis le début du nouveau cycle de violences armées entre l'État hébreu et des groupes de Gaza le 10 mai, au moins 230 personnes ont été tuées, en grande majorité des Palestiniens.

En neuf jours, 3500 roquettes ont été tirées, dont environ 90 % ont été interceptées par le système de défense antimissile israélien, selon l'armée.

Les raids israéliens se sont poursuivis sur l'enclave palestinienne de la bande de Gaza, laissant de plus en plus d'immeubles éventrés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il n'y a plus d'électricité ni d'eau, plus de toit, les vitres et les portes sont cassées.

Une citation de :Kamal Harzallah, dont la maison a été détruite dans un bombardement

À peine ouvert quelques heures, le point de passage de Kerem Shalom a été refermé mardi par Israël après des tirs d'obus palestiniens, faisant faire demi-tour aux camions de l'aide internationale chargés de vivres, de médicaments et d'essence.

À la crise sécuritaire s'ajoute le risque d'une crise humanitaire, avec près de 58 000 Palestiniens déplacés et 2500 personnes ayant perdu leur maison dans les bombardements, selon l'ONU.

Un bilan qui s'alourdit de jour en jour

Depuis le début des hostilités, 213 Palestiniens ont été tués à Gaza, dont au moins 61 enfants, et plus de 1440 blessés, selon un bilan palestinien.

Côté israélien, deux ouvriers thaïlandais ont été tués dans l'après-midi par des tirs de missiles depuis Gaza vers le sud du pays, a annoncé la police.

En Israël, 12 personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 blessées par des tirs de roquettes.

Le Croissant-Rouge palestinien a indiqué que ses secouristes avaient pris en charge mardi plus de 150 personnes à Jérusalem et en Cisjordanie, dont 35 blessées par balles et 80 souffrant de problèmes liés à l'inhalation de gaz lacrymogènes.

Selon les autorités palestiniennes, les forces israéliennes ont tué 24 Palestiniens en Cisjordanie depuis le 10 mai.

Des manifestants à visage couvert.

Des Palestiniens manifestent à Naplouse, en Cisjordanie.

Photo : Reuters / RANEEN SAWAFTA

Le Conseil de sécurité toujours muet

Dans la soirée de mardi, la France a déposé une résolution devant le Conseil de sécurité, en coordination avec l'Égypte et la Jordanie, qui demande un cessez-le-feu, a indiqué l'Élysée.

Les trois pays se sont entendus sur trois points : les tirs doivent cesser, le moment est venu d'un cessez-le-feu et le conseil de sécurité de l'ONU doit se saisir du sujet, a précisé l'Élysée.

La proposition de résolution française intervient alors que le Conseil de sécurité de l'ONU est bloqué depuis huit jours par les États-Unis sur l'adoption d'une simple déclaration sur le conflit, selon des sources diplomatiques, Washington continuant de juger qu'elle n'aiderait pas à une désescalade.

Le président américain Joe Biden a exprimé, pour la première fois, son soutien à un cessez-le-feu, lors d'un nouvel entretien téléphonique lundi avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Nous continuerons le temps qu'il faudra pour ramener la tranquillité aux citoyens d'Israël, a toutefois martelé M. Nétanyahou.

Le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a menacé de tirer de nouvelles roquettes vers Tel-Aviv si l'aviation israélienne ne cessait pas de cibler des civils, tandis que ses missiles visaient par dizaines le sud d'Israël.

L'armée israélienne a dit avoir ciblé ce qu'elle appelle le métro – des tunnels souterrains permettant, selon Israël, au mouvement islamiste de faire circuler ses munitions – ainsi que des maisons de commandants du Hamas, car elle affirme que certaines servaient à stocker des armes.

Initiatives diplomatiques sans résultat

Sur le front diplomatique, le président palestinien Mahmoud Abbas a plaidé devant l'émissaire américain Hady Amr en visite en Cisjordanie pour une intervention de Washington.

Plusieurs canaux de médiation ont été ouverts.

Les présidents français et égyptien Emmanuel Macron et Abdel Fattah Al-Sissi, qui travaillent à une médiation, ont de nouveau discuté mardi avec le roi Abdallah II de Jordanie, selon la présidence française.

Une seconde médiation est également en cours, par l'intermédiaire de l'ONU, aidée du Qatar et de l'Égypte.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a appelé mardi à un arrêt immédiat de toutes les violences et à la mise en œuvre d'un cessez-le-feu entre Israël et les Palestiniens, à l'issue d'une réunion en urgence des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Le Canada demande un cessez-le-feu

Le premier ministre canadien Justin Trudeau appelé mardi à un cessez-le-feu dans le conflit israélo-palestinien.

Il a déclaré que la violence doit cesser et que le Canada travaillera avec la communauté internationale pour désamorcer la situation afin qu'il n'y ait plus de pertes de vies civiles.

Expulsion de familles palestiniennes

Un homme assis sur une pierre dans une allée de boutiques fermées.

Les boutiques fermées d'un marché de Jérusalem lors de la journée de grève en solidarité avec les Palestiniens de Gaza.

Photo : Reuters / AMMAR AWAD

À l'origine de la confrontation militaire se trouve la menace d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est occupée par Israël depuis plus de 50 ans.

À la suite de manifestations contre les expulsions sur l’esplanade des Mosquées, où des centaines de manifestants palestiniens ont été blessés après des heurts et l’intervention de policiers israéliens à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa, les factions palestiniennes ont lancé des salves de roquettes contre Israël.

La dernière grande confrontation entre Israël et les factions palestiniennes de la bande de Gaza remontait à l'été 2014. Le conflit de 51 jours avait ravagé l’enclave palestinienne et fait au moins 2251 morts côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 côté israélien, quasiment tous des soldats.

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