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Des tirs vers le Liban font craindre un élargissement du conflit israélo-palestinien

Une boule de feu et des flammes au milieu d'immeubles.

Des flammes sortent d'un immeuble après un raid israélien à Gaza, lundi soir.

Photo : Reuters / MOHAMMED SALEM

Radio-Canada

Alors que le conflit entre Palestiniens et Israéliens entre dans sa deuxième semaine, des parties s’inquiètent d’un élargissement des tensions à toute la région.

Dans la soirée du lundi, l’armée israélienne a annoncé avoir procédé à des tirs d’artillerie en direction du sud du Liban d’où six roquettes ont été lancées en direction du nord d’Israël.

Nous avons recensé six tentatives de tirs de roquettes depuis le Liban et [celles-ci] n'ont pas atterri sur le territoire israélien, a indiqué l'armée, ajoutant avoir en représailles tiré en direction du point de lancement.

Une source de l’armée libanaise a pour sa part confirmé des tirs de roquettes à partir du territoire libanais.

Trois roquettes de type Grad ont été tirées depuis le secteur des fermes de Chebaa [sud], non loin de la frontière israélienne, a indiqué la source, confirmant également les tirs israéliens en direction du Liban.

Jeudi dernier, trois roquettes tirées depuis le sud du Liban vers Israël sont tombées en mer Méditerranée.

Avant cet échange de tirs, le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, avait prévenu Israël des risques d'élargissement du conflit au-delà de Gaza, soulignant que personne n'a intérêt à poursuivre les combats.

Personne ne nie à Israël le droit de se défendre, a-t-il déclaré à des journalistes. Mais des civils sont tués, des enfants sont tués, a-t-il ajouté.

Interrogé sur une possible implication de l'Iran, le général Milley a noté que ce niveau de violence est déstabilisant au-delà des limites de Gaza.

Quels que soient les objectifs militaires, les conséquences devraient être prises en compte, a-t-il souligné.

Laboratoire de dépistage de la COVID hors service

Sur le terrain, les bombardements israéliens sur Gaza et les tirs de missiles palestiniens se poursuivent.

Lundi, le seul laboratoire de dépistage de la COVID-19 de la bande de Gaza a été en partie détruit par des tirs de l’armée israélienne, qui ont aussi ravagé des locaux du ministère de la Santé et des bureaux du Croissant-Rouge qatari, selon des responsables.

Un homme blessé dans un lit d'hôpital et un employé debout près du lit.

Le personnel de santé palestinien travaille sur le front de la COVID-19 et sur le front des victimes des bombardements. Ici, un Palestinien blessé à l’hôpital Shifa de Gaza.

Photo : Reuters / MOHAMMED SALEM

Le seul laboratoire de test COVID-19 à Gaza n'est plus opérationnel depuis le bombardement de la clinique al-Rimal, a tweeté l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Selon le ministère de la Santé, les frappes en cours ne permettent pas à ses équipes de faire le suivi des personnes infectées par le coronavirus et de poursuivre la campagne de vaccination.

Avant l'escalade militaire, les autorités de Gaza menaient en moyenne environ 1600 tests de dépistage par jour avec un taux de positivité parmi les plus forts du monde (28 %), et les unités de soins dans les hôpitaux étaient dépassées par le nombre de patients.

Enclave sous blocus israélien de deux millions d'habitants, la bande de Gaza a jusqu'à présent reçu 122 000 doses de vaccins, dont plus de la moitié n'avait pas été administrée, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Depuis le début de ces hostilités le 10 mai, 200 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza, dont au moins 59 enfants et plus de 1300 blessés.

Côté israélien, dix personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 blessées après des tirs de roquettes.

Des tentatives diplomatiques laborieuses

Une semaine après le début du conflit, le président américain Joe Biden a exprimé son soutien à un cessez-le-feu lors d'un échange avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Le président a exprimé son soutien à un cessez-le-feu, a indiqué la Maison-Blanche dans un compte rendu à la tonalité très prudente, au moment où nombre de voix s'élèvent dans le camp démocrate pour que M. Biden réclame explicitement un cessez-le-feu immédiat entre Israël et la Palestine.

Lors de l’entretien téléphonique, M. Biden a évoqué les discussions en cours avec l'Égypte et d'autres partenaires pour parvenir à un cessez-le-feu, selon le communiqué.

Parallèlement, les États-Unis se sont opposés lundi, pour la troisième fois en une semaine, à l'adoption d'une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à une cessation des violences entre Israéliens et Palestiniens, ce qui a poussé à la convocation mardi d'une nouvelle réunion d'urgence, à huis clos cette fois.

Si Joe Biden a réaffirmé le droit d'Israël à se défendre, il a aussi, lors de cet échange, encouragé Israël à faire tous les efforts possibles pour assurer la protection des civils innocents.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi ont discuté lundi d'une médiation visant à obtenir un cessez-le-feu entre Israël et la Palestine, et comptent solliciter l'appui de la Jordanie.

Nous avons décidé d'avoir dans les prochains jours une discussion avec le roi de Jordanie pour voir comment faire une proposition concrète sur cette voie, a indiqué M. Macron.

Selon des sources diplomatiques, l'ONU a aussi amorcé dès lundi, avec l'aide du Qatar et de l'Égypte, une médiation pour obtenir une désescalade.

Interrogé sur la destruction par des frappes israéliennes d'un immeuble de Gaza qui abritait des bureaux des médias Al-Jazeera et Associated Press, M. Macron a expliqué qu'il attendait des explications israéliennes, ajoutant que la protection des journalistes en temps de conflit est une responsabilité essentielle.

Pressions contre Israël en Jordanie

En Jordanie, les députés ont réclamé lundi à l'unanimité l'expulsion de l'ambassadeur d'Israël à Amman et le retour en Jordanie de leur ambassadeur, basé à Tel-Aviv, en réponse aux crimes israéliens contre les Palestiniens.

En direct à la télévision lundi, le président du Parlement jordanien, Abdel Moneim Al-Awdat, a déclaré avoir envoyé au gouvernement un mémorandum parlementaire en ce sens.

Lors de la séance parlementaire sur la situation en Palestine et les crimes commis contre les Palestiniens à Jérusalem et à Gaza, le président du Parlement a affirmé que le mémorandum réclamant l'expulsion de l'ambassadeur d'Israël et le rappel de l'ambassadeur jordanien était maintenant sur la table du premier ministre.

Plusieurs manifestations en solidarité avec les Palestiniens et réclamant l'expulsion de l'ambassadeur ont eu lieu cette semaine en Jordanie, qui est liée par un traité de paix avec Israël depuis 1994.

Avec les informations de Agence France-Presse

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