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Le recours aux agences privées a doublé et coûté 68 M$ au CISSS de la Côte-Nord

La main ganté d'un professionel de la santé sur la poitrine d'un patient à l'hôpital.

Le recours à des employés d'agences privées pour pourvoir les quarts de travail a explosé au CISSS de la Côte-Nord.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Radio-Canada

La présence de main-d'œuvre issue d’agences privées dans le réseau de la santé de la Côte-Nord a doublé dans la dernière année. Le CISSS régional peine plus que jamais à attirer des travailleurs, ce qui creuse son déficit financier.

Pour l’année 2020-2021, le personnel issu de ces agences a travaillé 583 319 heures dans le réseau public du CISSS de la Côte-Nord, soit plus du double du bilan de l’année précédente.

En incluant les frais de déplacement, cette main-d'œuvre indépendante aura coûté 68 millions de dollars au CISSS de la Côte-Nord.

Le CISSS indique que ces données sont encore sous réserve d’approbation par un auditeur externe.

L’an dernier, le recours à la main-d'œuvre indépendante avait coûté près de 30 millions de dollars au CISSS régional.

La dépendance du CISSS aux agences a explosé au cours des dernières années. Alors que le personnel de ce type d’agence n’avait travaillé que 92 000 heures en 2017 pour le CISSS, il en a travaillé 171 000 en 2019 et 287 000 en 2020 avant d’atteindre les niveaux records de cette année.

Manque criant de travailleuses et travailleurs

Des infirmières, des inhalothérapeutes, mais aussi des travailleurs sociaux, sont recherchés dans la région. Plus de 480 postes sont à pourvoir dans l’ensemble du CISSS de la Côte-Nord.

Mais avec seulement 15 diplômés en soins infirmiers cette année au Cégep de Baie-Comeau et de Sept-Îles, le système de santé public nord-côtier n’a pas le choix que d’attirer des travailleurs de l’extérieur.

J’ai au-delà de 250 postes vacants sur le territoire, et on a des gens de 55 ans et plus, 168 infirmières de 55 ans et plus, qui pourraient être éligibles à la retraite. [...] Il y a un besoin réel au moment où on se parle, indique le PDG par intérim du CISSS de la Côte-Nord, Claude Lévesque.

Centre intégré de santé et de services scoiaux de la Côte-Nord

Les bureaux du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord à Baie-Comeau

Photo : Radio-Canada

Conditions de travail difficiles pour les infirmières régulières

De meilleurs salaires et conditions de travail inciteraient toutefois la main-d'œuvre de l'extérieur à venir sur la Côte-Nord via le réseau des agences privées, indique le Syndicat des intervenants et intervenantes de la santé du Nord-Est-Québécois (SIISNEQ).

Va falloir regarder toutes les conditions de travail qui s’y rattachent. La conciliation travail-famille; c’est important pour les jeunes d’avoir un horaire d’avance. Rentrer à 8 h, terminer à 4 h. Pouvoir aller s’occuper de sa famille et connaître ses congés d’avance. Ce sont toutes des choses qui sont importantes, présente la présidente du syndicat, Nathalie Savard.

Nathalie Savard est présidente du syndicat qui représente les infirmières du Nord-Est québécois.

Nathalie Savard est présidente du SIISNEQ, qui représente les infirmières du Nord-Est québécois.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Tant que ces problèmes ne seront pas résolus, elle croit que le CISSS devra avoir recours à la main-d'œuvre indépendante.

Oui, la main-d’œuvre indépendante est présente, je vous dirais qu'on en a besoin. Pourquoi on en a besoin? Parce qu'on a des membres qui délaissent le réseau de la santé publique à cause de leurs conditions de travail. Oui, on le voit encore malheureusement, déplore la présidente du SIISNEQ.

Réorganisation prévue au CISSS

Les effets des décrets ministériels de mars dernier, qui ont limité la rémunération et la mobilité de la main-d’œuvre indépendante devraient se faire voir bientôt selon le CISSS de la Côte-Nord.

L’organisme dit être en train de revoir l'organisation du travail au sein de ses établissements pour attirer davantage de personnel.

Les gens veulent faire du soin infirmier. Ils veulent arrêter de faire des tâches qui les amènent en dehors du sens même de la profession des soins infirmiers. Nous, de notre côté, avec la direction des soins infirmiers, on est en train de revoir le modèle d'organisation en ce moment, les rôles et les responsabilités. On est en train de voir comment réorganiser l’offre de service , résume Claude Lévesque.

Avec les informations de Félix Lebel

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