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La province prône un partenariat public-privé pour le traitement des eaux à Winnipeg

Cela revient à privatiser tout le système de traitement des eaux, dit l'administration municipale.

Un panneau avec des indications relatives au traitement des eaux usées.

L'usine de traitement des eaux du North End de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement provincial a demandé à la Ville de Winnipeg d’explorer un partenariat public-privé pour l’expansion et l'exploitation de l’usine de traitement des eaux usées du North End, selon la directrice du service municipal des eaux et des déchets, Moira Geer.

Cela reviendrait à privatiser l’entièreté du système de traitement des eaux de Winnipeg, soutient-elle dans un rapport destiné au comité exécutif de la Ville.

Dans le rapport, elle écrit que le gouvernement progressiste-conservateur a demandé à la Ville d’embaucher un consultant pour obtenir une analyse de la faisabilité d’un partenariat public-privé (P3) comme méthodologie d'approvisionnement pour le traitement des biosolides et l’élimination de nutriments dans l’usine.

La Ville souhaite bénéficier du Programme d'infrastructure Investir dans le Canada pour la modernisation de l’usine, qui devrait coûter environ 1,8 milliard de dollars. Cependant, la demande de la Ville doit être approuvée par la province, qui l’enverrait ensuite à Ottawa.

À la place d’envoyer une demande de financement à Ottawa, la province a demandé à la Ville d’explorer la possibilité d’un partenariat public-privé.

Comme les usines de traitement des eaux travaillent en tandem et qu’un contrat avec le secteur privé pourrait durer jusqu’à 30 ans, Mme Geer conclut qu’un partenariat public-privé enlèverait à la Ville le contrôle du système de traitement des eaux.

Ce genre de P3 serait essentiellement une privatisation de tout le système de traitement des eaux de la Ville de Winnipeg, écrit-elle dans son rapport.

L’administration municipale a indiqué à la province qu’un partenariat public-privé ne fonctionnerait pas pour l’entretien et le fonctionnement de l’usine, mais cela a été ignoré, ajoute-t-elle.

Elle demande donc 400 000 $ au comité pour embaucher un consultant, afin de respecter la directive de la province.

Le président du comité municipal des eaux et des déchets, Brian Mayes, déclare qu’il votera contre cette dépense.

J’aimerais m’asseoir avec le monde de la province, face à face, et leur dire : vous avez vraiment fait ça? Est-ce qu’il s’agit d’un malentendu? Est-ce que vous pensez vraiment que nous devons privatiser le traitement des eaux?, lance-t-il.

Cette nouvelle demande de la province retardera encore une fois le projet de modernisation de la plus importante usine de traitement des eaux usées de la Ville.

En 2003, la Commission de protection de l'environnement de la province a ordonné à la Ville de réduire la quantité de nutriments qu’elle déverse dans la rivière, et qui se retrouve dans le lac Winnipeg.

Un porte-parole du maire de Winnipeg, Brian Bowman, a déclaré que la province devrait arrêter de retarder le projet.

Le maire est de l’opinion que le gouvernement provincial doit respecter la volonté du conseil municipal et faire suivre la demande de la Ville au gouvernement fédéral sans plus de retard ou de conditions, dit-il.

Un porte-parole du ministre des Relations avec les municipalités, Derek Johnson, déclare que la Ville, en tant que signataire d’un éventuel contrat avec le secteur privé, garderait le contrôle de son système de traitement des eaux.

Le Manitoba croit qu’un modèle d’approvisionnement P3 amènerait les avantages d’une plus grande certitude quant aux coûts et [le respect des contraintes financières] ainsi qu’une accélération de l’échéancier, dit-il.

Le comité exécutif de la Ville se penchera sur la demande de la province mercredi.

Avec les informations de Sean Kavanagh

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