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COVID-19 : des membres de la communauté LGBTQ+ encore plus isolés

Gros plan sur des doigts en V avec à l'arrière le drapeau LGBT.

Des personnes LGBTQ+ se sentent isolées par la pandémie en cette Journée de lutte contre l'homophobie.

Photo : The Canadian Press / Mark Blinch

Radio-Canada

Pour la deuxième année consécutive, la Journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie est soulignée avec une poignée d’événements virtuels, puisque les rassemblements ne sont pas encore permis en raison de la pandémie. Cet isolement peut être une source de mal-être pour de nombreuses personnes LGBTQ+.

Un texte d'Audrey Simon

C'est le constat que fait Elizabeth Johnson, résidente de Powell River et membre d’un groupe Facebook de rencontres altersexuelles en Colombie-Britannique. Elle affirme qu’il est très difficile de rencontrer des personnes appartenant à la communauté queer depuis le début de la pandémie, surtout dans une ville de moins de 15 000 habitants.

J’ai essayé d’entrer en contact avec des personnes de la communauté, mais elle est très discrète, et puis il n’y a pas vraiment d’événements queers, déplore-t-elle.

Elizabeth Johnson dans sa voiture, porte une casquette et des lunettes de soleil.

Elizabeth Johnson, qui habite à Powell River, a rencontré sa partenaire actuelle, qui vit à Vancouver, grâce à un groupe de rencontres pour les personnes queers sur Facebook.

Photo : Fournie par Elizabeth Johnson

La quadragénaire ajoute que la communauté est grande, mais qu’elle ne possède pas d’espaces sécuritaires où organiser des événements. Être en ligne est le seul moyen de rencontrer du monde, précise la résidente de Powell River.

La Journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie est soulignée le 17 mai, pour commémorer la date où, en 1990, l’OMS a retiré l’homosexualité du registre des maladies mentales. Cette journée est habituellement marquée de célébrations, de marches et de manifestations partout dans le monde, notamment en Colombie-Britannique.

Les réseaux sociaux, un remède face à l’isolement

Femme transgenre à la tête du groupe de rencontres qu’elle a créé en 2017, Veronica Greer explique qu’elle souhaitait offrir un espace sécuritaire pour les personnes LGBTQ+ de la province qui voulaient faire des rencontres en dehors des applications traditionnelles de rencontres.

J’ai senti qu’il y avait besoin d’un espace sécuritaire parce que les applications de rencontres ont tendance à regorger de commentaires négatifs et de personnes homophobes ou transphobes. Mon groupe permet aux gens de publier des photos et de communiquer respectueusement les uns avec les autres.

Veronica Greer pose pour un selfie.

Veronica Greer est la créatrice du groupe Facebook de rencontres sécuritaires pour les personnes LGBTQ+.

Photo : Fournie par Veronica Greer

Celle qui est thérapeute spécialisée en conseil pour les traumatismes et qui a son propre cabinet à Victoria, indique qu’une petite équipe de modérateurs permet de maintenir un climat sain, tout en s'assurant que seules les personnes issues de la communauté sont acceptées. Nous n’avons pas à nous soucier des personnes hétérosexuelles qui nous harcèlent , dit-elle.

Depuis la crise sanitaire, Mme Greer observe que les demandes d’ajout ont augmenté. En tout, 200 personnes ont rejoint le groupe, qui dénombre plus de 500 membres désormais, précise-t-elle fièrement.

L’édition COVID-19 du sondage Sexe au présent , du Centre de recherche communautaire (CBRC) montre que 60 % des répondants indiquent qu’ils se sentent moins liés à leurs communautés. Nous savons que les connexions communautaires et sociales sont d’importants facteurs qui contribuent à une santé mentale positive chez les personnes queers, constate Francesco MacAllister-Caruso, gestionnaire des communications du CBRC.

Sexe au présent, est la principale initiative de recherche communautaire du CBRC et le sondage le plus important sur la santé des hommes canadiens GBT2Q. 

Les comparatifs sont effectués avec les données recueillies dans les éditions précédentes du sondage annuel. 

Le sondage (lien externe) (Nouvelle fenêtre) a été fait en ligne et en personne, dans 15 villes du Canada, et dans les deux langues officielles. Le nombre de répondants était de 6200, en 2019, et de 1650, en 2020.

Déjà-vu pour la communauté LGBTQ+

Rédactrice au journal communautaire What's on Queer BC, Sophia Kelly remarque certaines similitudes de cette crise sanitaire avec une autre crise connue des personnes homosexuelles.

Je trouve qu’il y a un parallèle intéressant entre les effets similaires de la pandémie de SIDA que notre communauté a vécue dans les années 1990.

Une citation de :Sophia Kelly, rédactrice au journal communautaire What's on Queer BC

L’envie de rester en bonne santé était souvent en conflit avec d’autres désirs [...] Cette nouvelle situation due à la COVID-19 réveille les souvenirs des dilemmes que nous avons eus à l’époque, et de tous les amis et des partenaires que nous avons perdus, écrit-elle dans les colonnes du journal communautaire.

Une rencontre malgré la crise sanitaire

Elizabeth Johnson a mis fin à une relation cinq mois après le début de la pandémie. Si, les premiers mois, le fait de se retrouver seule lui a procuré une satisfaction sans nom, le retour à la réalité a été assez brutal. Passer le seuil de sa maison vide a été le déclic.

Je suis allée sur Internet pour trouver de la compagnie et des amis, et peut-être une relation intime, amoureuse. J’ai trouvé encore mieux , dit-elle enthousiaste.

La quadragénaire est tombée sur le profil d’une femme qu’elle avait déjà fréquentée dans sa jeunesse en 2003, et ensemble, en janvier 2021, elles ont décidé de former un couple à distance, sa partenaire habitant à Vancouver.

Nous ne nous sommes toujours pas vues à cause de la pandémie parce que nous respectons les règles sanitaires. Cinq mois de relation, et nous n’avons toujours pas été physiquement ensemble.

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