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L’école à la maison, un défi pour les familles plurilingues

Un garçon photographié de haut devant ses cahiers d'école. Une tablette est posée devant lui et on y voit son professeur donnant le cours.

Les parents doivent conjuguer travail et les devoirs des enfants, une tâche encore plus difficile lorsqu'ils ne parlent pas la langue d'enseignement de leurs enfants.

Photo : Reuters / Carl Recine

Sophie Pelletier

L’apprentissage à distance est un défi pour bien des parents qui, en plus de leur travail, doivent aménager un horaire pour surveiller le travail scolaire de leurs enfants. Or, les difficultés sont encore plus grandes pour les familles exogames, dont l’un des parents est unilingue anglophone, et dont les enfants fréquentent des écoles francophones.

Gabrielle Touchette et son conjoint ont deux enfants. Comme elle travaille à temps plein au bureau, c’est son conjoint anglophone unilingue qui aide les enfants, qui sont en 2e et 5e année, à faire leurs devoirs à domicile.

Cette responsabilité représente un défi pour lui, explique Gabrielle Touchette, notamment lorsqu’il s'agit de décrypter la correspondance de l'école.

On reçoit beaucoup de courriels, beaucoup de messages, beaucoup de communications, explique-t-elle, en ajoutant que son conjoint a du mal à repérer l’information importante.

Des fois, il y a tellement d’information qu’il doit utiliser Google Translate, ajoute-t-elle. Par conséquent, son conjoint dépense plus d’énergie et beaucoup plus de temps pour déchiffrer tout ça.

À cela s’ajoute bien entendu l’aide aux devoirs, une tâche qui n’est pas aisée lorsqu’on ne maîtrise pas bien la langue. Il va aider notre fille à écrire une phrase, mais il n’est pas certain si elle est bien écrite, raconte Gabrielle Touchette, en convenant que la situation peut être un peu frustrante pour lui.

Du rattrapage à venir?

Le conjoint de Brigitte Sabourin se trouve dans la même situation. Le couple a deux petits garçons, l’un en maternelle, l’autre en 2e année. Brigitte Sabourin salue les efforts de son conjoint, mais elle reconnaît que la tâche n’est pas facile.

Pour la maternelle, il dit qu’il peut suivre plus ou moins les instructions et les travaux, mais déjà en 2e année, il trouve que c’est au-delà de son niveau de français, explique-t-elle. L’encadrement et, même, les encouragements s’en trouvent limités, selon elle.

Un enfant devant un ordinateur regarde son enseignant écrire des additions au tableau.

Tout enreconnaissant l'organisation des écoles, les parents espèrent que la situation ne durera pas au-delà des trois semaines prévues.

Photo : getty images/istockphoto / pinstock

Pour faire face à la situation, Brigitte Sabourin n’exclut pas de réaménager son horaire pour pouvoir quitter son travail plus tôt. Il est aussi possible que les enfants fassent un peu de rattrapage durant l’été, mentionne-t-elle.

Elle remarque que, après à peine quelques jours à parler anglais toute la journée avec leur père, ses enfants ont déjà moins de facilité à s’exprimer en français.

Une situation temporaire

Chez Dominique Duguay, les circonstances sont un peu différentes. Comme il travaille depuis un an à la maison, c'est lui qui supervise les devoirs de ses deux enfants, qui sont en 4e et 7e année.

Bien qu’il n'y ait pas de barrière de la langue, il doit tout de même jongler entre les exercices scolaires, son travail d'ingénieur et les tâches domestiques.

C’est difficile de garder ma concentration assez longtemps pour qu’on puisse avancer, moi, sur mon travail, et les enfants, sur leurs devoirs, souligne-t-il.

Malgré leur bonne volonté, et bien qu’elles soulignent le travail, l’engagement et l’organisation des enseignants, les familles souhaitent un retour à l'école après les trois semaines que doit durer l’apprentissage à distance.

Avec les informations d’Abdoulaye Cissoko

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