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Procès de François Asselin : 44 lésions découvertes sur l’une des victimes

Couteau à lame rétractable avec une règle pour identification judiciaire.

L'arme du crime retrouvée sur les lieux, selon les indications de François Asselin.

Photo : Radio-Canada

Jonathan Roberge

Le pathologiste André Bourgault, qui a procédé à l’autopsie de François Lefebvre après la découverte de son cadavre dans un entrepôt de Sherbrooke, a témoigné lundi au procès de François Asselin. Ce texte relate l’essentiel de son témoignage décrivant avec précision les blessures constatées sur le corps de la victime. Nous préférons vous en avertir.

Le corps de François Lefebvre comportait 44 blessures faites à l’aide d’un objet piquant et tranchant, fort probablement un couteau. Voilà ce qu’a révélé au jury André Bourgault qui a effectué l’autopsie durant deux jours.

De ces plaies, 24 étaient situées sur la tête et dans le cou. L’une d’entre elles se trouvait sur le côté droit du cou. Le caractère irrégulier de cette plaie suggère qu’il aurait descendu la lame sous la peau, ce qui a provoqué une incision d’une longueur de 18 centimètres. Les artères carotides, un gros vaisseau qui peut saigner beaucoup et relativement rapidement, ont été sectionnées. Cette blessure fut fort probablement celle qui a causé la mort de François Lefebvre.

Son oreille a aussi été transpercée et son crâne, entaillé par deux autres impacts.

Neuf plaies ont été découvertes au thorax, à l’abdomen et au dos de la victime. Certaines de ces plaies rejoignaient les poumons, ce qui a entraîné des hémorragies internes.

Finalement, André Bourgault est d’avis que la victime a tenté de se défendre. Une lésion au bras gauche et un trou dans sa main droite, visiblement transpercée par l’arme du crime, suggèrent qu’il a tenté de se protéger des attaques de son assaillant.

François Asselin avait raconté avec précision plusieurs éléments entourant le meurtre de son père, ce qu'il fait de nouveau pour celui de son collègue de travail. Il affirme qu’après un conflit né d’une discussion sur une histoire sexuelle, François Lefebvre l’aurait frappé au visage puis menacé à la pointe d’un couteau.

Asselin affirme avoir vu noir, l’avoir chargé puis être parvenu à lui enlever l’arme. Il s'est ainsi infligé une blessure à la main. Il a alors poignardé François Lefebvre à plusieurs reprises. Je regrette, mais au moins je suis encore en vie. Ce n’est pas mieux si je me laisse faire , a-t-il affirmé au policier.

Quelques minutes auparavant, Asselin racontait avoir reçu un diagnostic en lien avec des troubles psychotiques. Tu te fais un scénario et tu te crois , avait-il résumé au policier.

L’accusé a affirmé aux policiers avoir emballé le corps dans une enveloppe de matelas. Il a aussi expliqué à l’enquêteur où retrouver l’arme du crime.

Il aurait tenté de nettoyer la scène

Les policiers prétendent qu'Asselin a tenté de nettoyer la scène de crime.

L'analyse de la scène effectuée par la biologiste judiciaire Maria Fiorillo lui permet d'affirmer que François Lefebvre a subi au moins trois impacts alors qu'il était en position basse ou au sol, entre le lit et le mur. Les traces de sang diluées au sol et sur les murs suggèrent que l'assassin a tenté de nettoyer les lieux. Elle a affirmé avoir trouvé du sang de la victime et de l'accusé dans la chambre.

L'utilisation du luminol a permis aux policiers de détecter des traces de pas ensanglantées dans la salle de bain. Du sang dilué a également été retrouvé sur le bouchon et les rebords du bain. Il y avait aussi des taches de sang sur le rideau de la douche et le plancher.

Un second interrogatoire vidéo

Pour la deuxième fois au cours de ce procès, le jury doit faire l’écoute d’un interrogatoire vidéo. Après celui d’une durée de plus de six heures où Asselin avait finalement confessé le meurtre de son père Gilles Giasson, il est maintenant question du meurtre de François Lefebvre dans cet interrogatoire réalisé le 17 mai 2018 après la découverte du corps de son collègue de travail âgé de 59 ans.

43 témoins ont jusqu’ici été entendus. Les prochains à s’adresser au jury après l’écoute de cette vidéo seront des experts psychiatres qui devront se prononcer sur la responsabilité criminelle de l’accusé.

Le procès de François Asselin entame sa troisième semaine d’audiences au palais de justice de Trois-Rivières. Il est accusé des meurtres de son père Gilles Giasson et de son collègue François Lefebvre, qu'il a confessés. Le jury devra déterminer s’il était criminellement responsable de ses gestes au moment des événements.

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