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Les défis de l'intégration alimentaire des nouveaux arrivants

Une dame tient un panier de fruits et légumes dans une épicerie.

Une femme achète des aliments dans une épicerie.

Photo : iStock

Parmi les nombreux nombreux défis que rencontrent les immigrants, les difficultés liées à la nutrition sont rarement évoquées. Pourtant, les nouveaux arrivants vivent un véritable choc alimentaire à leur arrivée au point, pour certains, de mettre en péril leur santé.

Quand Mary Aganze est arrivée avec sa famille au Canada de la République démocratique du Congo, aller au supermarché était une véritable fête.

Je les laissais faire. Je disais : "prenez, on en a à gogo… partagez, mangez". [...] J’achetais des boissons gazeuses. J’achetais avec toute liberté, raconte-t-elle.

Résultat : elle prend 30 kg en moins d’une année. Une situation suffisamment alarmante pour la faire changer d’approche alimentaire.

Au fur et à mesure, j’ai remarqué des tensions derrière ça et je me suis dit qu’il faut qu’on retourne [à notre alimentation d'avant], se souvient-elle.

Ce qu’a vécu Mary Aganze est un phénomène bien connu de Marianne Lefebvre. Spécialiste en nutrition internationale, elle rencontre beaucoup de nouveaux arrivants aux prises avec les mêmes problèmes.

Une femme pose avec un drapeau sur les épaules

Mary Aganze a pris 30 kg dans l'année qui a suivi son arrivée au Canada.

Photo : Soumis par Marie Aganze Acefede

Selon elle, à leur arrivée au Canada, ces personnes font face à bien des défis dans ce domaine, notamment le manque d'argent et de temps, mais pas seulement. Le choc alimentaire est aussi lié à leur manque de connaissances des produits de leur pays d’accueil et de la façon de les cuisiner à leurs goûts. De nombreux produits chers dans leur pays d’origine deviennent aussi beaucoup plus attrayants, car très abordables au Canada.

Les pâtes sont très prisées chez les nouveaux arrivants pour question de temps, mais également pour question d'argent parce que ça ne coûte pas vraiment cher. Ce sont de petits changements à l'alimentation, mais qui font au total que la qualité d'alimentation des nouveaux arrivants diminue énormément, souligne Mme Lefebvre.

Selon elle, une très grande baisse de la consommation des fruits et légumes est constatée chez les nouveaux arrivants au Canada.

Portrait d'une femme souriante. Elle porte une robe et pos devant un arbre et une maison.

Marceline Bararufise est bien consciente que l'intégration passe aussi par l'alimentation.

Photo : Soumise par Marceline Bararufise

L'intégration alimentaire

Pourtant, la plupart des immigrants ont des habitudes alimentaires tout à fait équilibrées quand ils quittent leur pays.

Je me rappelle qu'au village, ma tante nous préparait une bonne pâte de maïs et des légumes assaisonnés d’huile de vache, se souvient Marceline Bararufise, originaire du Burundi.

Elle souligne que seuls les plus privilégiés, notamment en ville, se distinguaient en mangeant des frites, du riz ou encore de la viande tous les jours.

Mme Bararufise est bien consciente que l'intégration passe aussi par l'alimentation, mais pour cela il faut comprendre les codes.

« L'épicerie est tout un monde à découvrir. »

— Une citation de  Marceline Bararufise, résidente de Windsor originaire du Burundi

Les coûts qui sont accessibles de la viande, des sucreries, des surgelés, il y en a beaucoup. Mais tout ça, c’est un couteau à double tranchant. Pour dire que tout ce processus d'intégration doit passer par ça. Savoir lire les étiquettes, apprécier les soldes, savoir faire la cuisson, constate-t-elle.

Des conseils à suivre

À l'instar de l'ensemble de la population, les nouveaux arrivants doivent avoir une alimentation saine pour s'assurer d'une meilleure santé, poursuit Marianne Lefebvre.

Essayez de consommer des aliments les moins transformés possible. Des fruits, des légumes, c'est non transformé. C'est primordial d'en consommer. Si vous les trouvez moins bons, essayez de les ajouter dans les sauces traditionnelles, suggère l'experte.

Elle conseille par ailleurs de conserver au maximum une alimentation traditionnelle et de s'y prendre à l'avance pour faire cuire la fin de semaine ceux qui prennent trop de temps dans la semaine.

Pour sa part, Mary Aganze a compris la leçon, ses enfants également, qui apprécient désormais plus volontiers les plats plus traditionnels de poulet notamment que cuisine leur mère.

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