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Universités : une rentrée d'automne pleine d'incertitudes en Ontario

Des étudiants marchent dans le corridor du campus universitaire de la Laurentienne dans le Grand Sudbury.

Des étudiants marchent dans le corridor du campus universitaire de la Laurentienne dans le Grand Sudbury.

Photo : CBC/Erik White

Avec la vaccination qui augmente au pays, la possibilité de se rassembler à l’extérieur à moyen terme est de moins en moins écartée par les autorités de la santé. Pour les rassemblements intérieurs, la chose est moins certaine. Cette situation fait planer le doute sur la manière dont les cours seront dispensés dans les universités en automne.

Le Collège Boréal doit en plus composer avec des incertitudes liées au caractère panontarien de l’institution, selon Lyne Michaud, vice-présidente à l’enseignement.

On suit les consignes de [la] santé publique. Sur l’ensemble de notre territoire de Hearst à Windsor, on travaille avec plusieurs bureaux de santé publique qui ont chacun des exigences particulières qu’on doit respecter, explique-t-elle.

Nous le Collège Boréal, on n’a jamais fermé nos campus. Nos campus ont toujours été ouverts pour la partie pratique, la partie laboratoire. [...] On anticipe la même chose pour l’automne prochain.

Une citation de :Lyne Michaud, vice-présidente à l’enseignement, Collège Boréal.

Compte tenu du caractère extrêmement technique de certains des programmes qu’il offre, le Collège Boréal ne pouvait pas faire uniquement de l’enseignement virtuel.

La décision a donc été prise très tôt de garder les campus ouverts, selon Mme Michaud.

Vous comprendrez qu’un étudiant qui a choisi un programme en coiffure, en soudage, en plomberie préfère nettement que le cours soit livré au campus pour le côté pratique. Mais d’autres étudiants auxquels les cours se prêteraient mieux pour les cours à distance, [...] c’est vraiment partagé, indique-t-elle.

Un défi considérable

Le ministère ontarien des Collèges et des Universités fait preuve de prudence. Il lui incombe de donner des directives sur la manière dont les institutions postsecondaires accueilleront les étudiants en septembre.

Notre gouvernement et le ministère de la Santé continueront de travailler avec le médecin hygiéniste en chef et nos experts en santé publique pendant que nous surveillons la trajectoire de la COVID-19, indique-t-il dans un courriel envoyé à Radio Canada.

Les institutions postsecondaires restent ouvertes pour l’enseignement virtuel. Il existe également des exceptions limitées pour que l’apprentissage en personne se produise lorsque l’enseignement est requis (ex : formation clinique, métiers).

Une citation de :Extrait du courriel du ministère ontarien des Collèges et Universités.

Impossible pour le moment de savoir si la vaccination sera une exigence pour fréquenter les campus.

Une chose est certaine cependant, l’impossibilité de se rendre sur place est vécue difficilement par de nombreux étudiants, selon Lyne Michaud.

Au niveau de la vie collégiale, les étudiants nous ont dit à maintes reprises qu’ils manquent le fait de se rassembler, de célébrer ensemble. Alors on a organisé plein d’activités virtuelles, précise-t-elle.

Si les défis de la vie universitaire à l’ère de la COVID-19 s’imposent avec force aux institutions existantes, elles sont plus importantes encore pour les établissements naissants, selon Denis Berthiaume, vice-recteur aux études et à la recherche à l’Université de l’Ontario français (UOF).

Ouvrir une université déjà, ce n’est pas un processus facile, mais en temps de pandémie où les gens se posent la question de savoir s’ils ont envie d’aller étudier à l’université, ça complique encore plus les choses, explique-t-il.

Nous, pour le moment, on reste dans une logique de rentrée à distance parce que la santé publique ne nous indique pas que la situation sera différente pour le moment, du moins en Ontario, à Toronto.

Une citation de :Denis Berthiaume, vice-recteur aux études et à la recherche à l’UOF.

L’UOF doit accueillir sa première cohorte d’étudiants en septembre. M. Berthiaume considère que la solution aux incertitudes auxquelles sont confrontées les universités est la rupture d’avec le fonctionnement habituel de l’enseignement à distance.

Pour beaucoup de gens, l'idée de faire de la formation à distance, c’est d’être devant un écran d’ordinateur, de regarder un prof. C’est absolument pas la formulation qu’on veut utiliser, indique-t-il.

Denis Berthiaume, en vidéoconférence, devant un fond d'écran avec le logo de l'UOF.

Denis Berthiaume affirme que l'Université de l'Ontario français a opté pour une formule d'apprentissage à distance spécifique pour faire face aux incertitudes.

Photo : Zoom

Il ajoute : Nous, on va plutôt utiliser la formule [...] où on structure des activités que les étudiants et les étudiantes font individuellement, à deux, à trois, à leur moment de disponibilité. On les convoque à certains moments en petits groupes ou en plus grands groupes pour faire le point sur ce qui a été appris.

L’idée à l’UOF serait donc de passer d’une formule d’enseignement à distance avec des étudiants passifs à une formule plus dans laquelle les étudiants s’impliquent pleinement dans leur apprentissage.

L’institution espère néanmoins pouvoir rapidement accueillir des étudiants dans ses locaux.

Dès qu’on nous permet de réunir des groupes dans des classes où on peut respecter une distanciation physique, [...] on va le faire, explique-t-il.

Une envie qui est partagée par le Collège Boréal, selon Lyne Michaud qui explique qu’on a prévu et on espère que la majorité des cours seront offerts en personne pour septembre prochain.

À chacun sa méthode

L'Université de Windsor indique pour sa part que la planification du retour sur les campus est en cours.

Dans une entrevue accordée à CBC, Patti Weir, la vice-présidente par intérim chargée des affaires académiques déclare que l’université s’attend à accueillir entre 1500 et 2000 étudiants sur le campus cette année, ce qui correspond à environ 10 % du chiffre habituel.

L’Université de Windsor offrira des cours sur le campus, des cours en ligne et des cours en formule hybride.

En l’état actuel des réflexions, l’institution n’envisage pas d’exiger de ses étudiants qu’ils se fassent vacciner avant de revenir sur le campus.

Les résidences universitaires offriront 560 places alors qu’il y en a d’ordinaire 1000. La cohabitation ne sera pas autorisée cette année.

Si le Collège Boréal, l’Université de l’Ontario français et l’Université de Windsor acceptent de se prononcer sur les potentiels contours de leur rentrée de septembre, d’autres institutions ne veulent pas s’avancer.

C’est le cas de l’Université de Hearst qui a indiqué dans un courriel à Radio-Canada que les réflexions sont encore en cours.

Pour l'instant, l'Université de Hearst n'a pas pris de décision en lien avec l'offre de ses cours pour l'automne. Une décision sera prise dans les prochaines semaines.

Il est à noter cependant que les cours pour la session d'été sont offerts entièrement en ligne, indique le courriel.

L’Université de Toronto répondant également à Radio-Canada par écrit fait quant à elle preuve d’optimisme.

À partir de septembre, nous espérons que de nombreux cours, services aux étudiants et activités parascolaires pourront se dérouler en personne, à l’exception peut-être des rassemblements à grandes échelles, est-il spécifié dans le courriel.

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