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Réforme de la loi 101 : le PQ propose des mesures plus « courageuses »

Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon en conférence de presse. Derrière lui, on voit le député Pascal Bérubé.

Paul St-Pierre Plamondon et Pascal Bérubé ont présenté lundi le « Plan d'urgence pour le français » du Parti québécois.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Affirmant vouloir revenir aux « meilleures années » du fait français au Québec, le chef du Parti québécois (PQ) Paul St-Pierre Plamondon a déposé lundi un plan qui « vise non seulement à freiner le déclin du français au Québec, mais aussi à le renverser en 10 ans », a-t-il affirmé.

Accompagné de Pascal Bérubé, porte-parole du PQ en matière de langue française, M. St-Pierre Plamondon a présenté en conférence de presse à l'Assemblée nationale un plan qui se veut une réponse au projet de loi 96 présenté par la Coalition avenir Québec (CAQ) la semaine dernière, jugé trop timide.

Le PQ accuse le gouvernement de chercher le consensus à des fins d'abord électoralistes plutôt que de se soucier de la pérennité de la langue française.

Ce projet de loi ne réussira pas à freiner la tendance lourde du déclin du français au Québec, selon le chef péquiste. Sa formation politique veut quant à elle que des gestes sérieux et courageux soient posés afin de freiner la poussée de la langue anglaise dans la province.

Le PQ souhaite ainsi faire passer le nombre de locuteurs qui utilisent le français comme langue d'usage dans la province de 78 % à 82 % en 10 ans.

S'attaquer au déclin du français implique de prendre des décisions difficiles, des décisions qui peuvent être impopulaires, a dit M. St-Pierre Plamondon. En tête de liste, le PQ propose de revenir aux seuils d'immigration des années 1990, où le Québec accueillait en moyenne 35 000 immigrants par année.

Le chef du PQ a soutenu que la cause principale du déclin du français dans la province est attribuable aux transferts linguistiques des allophones.

Nous nous fixons comme objectif que 75 % des allophones choisissent le français comme langue d'usage, a indiqué M. St-Pierre Plamondon. Ils sont présentement 55 % à le faire, selon des données de l'Office québécois de la langue française.

Quelques mesures proposées :

  • appliquer la Charte de la langue française au réseau collégial;
  • mettre sur pied un bureau de promotion du contenu québécois;
  • miser sur la régionalisation de l’immigration en donnant la priorité aux immigrants qui s’engagent à s’installer en région;
  • renoncer au financement de 750 M$ pour l’agrandissement du Collège Dawson et de l’Université McGill;
  • assurer une présence nettement prédominante du français dans l’affichage commercial.

Le Parti québécois souhaite un meilleur contrôle de l'immigration économique et demande au gouvernement d'exiger qu'un nouveau travailleur qualifié ait une connaissance suffisante de la langue française, et ce, avant son arrivée au Québec.

Les milieux de travail sont particulièrement visés par le plan déposé lundi.

En plus de demander l'application de la Charte de la langue française aux entreprises de 25 à 49 employés ainsi qu'aux entreprises de compétence fédérale, le PQ entend interdire que la connaissance de l'anglais soit une exigence d'embauche, à moins que cela ne soit objectivement nécessaire.

De plus, aucune entreprise ne pourrait recevoir de subvention du gouvernement provincial ou participer aux appels d'offres sans se conformer aux exigences de la Charte.

De côté des commerces de détails et de service, le PQ souhaite en finir avec le bonjour-hi en octroyant une certification officielle aux commerces qui accueillent et servent leurs clients en français. Celle-ci prendrait la forme d'une affiche mise en évidence, qui permettrait aux consommateurs d'encourager seulement les commerces qui la détiennent.

Pascal Bérubé en conférence de presse. Derrière, on aperçoit son chef Paul St-Pierre Plamondon.

Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia et porte-parole en matière de langue française pour le Parti québécois.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La culture à l'avant-plan

Pascal Bérubé a souligné l'importance de la culture dans la valorisation de la langue française auprès des Québécois.

Les mesures proposées par son parti prévoient la création d'un bureau de la valorisation de la culture québécoise chargé de la promotion des productions culturelles sur les grandes plateformes et dans le monde.

On est convaincus que quand les Québécois verront que la qualité de leurs œuvres peut rayonner partout dans le monde, ça augmentera le prestige de cette langue.

Une citation de :Pascal Bérubé, porte-parole du PQ en matière de langue française

Télé-Québec est au centre du volet culturel du plan que propose le PQ. Ce dernier souhaite doubler le budget de la chaîne et élargir sa mission.

M. Bérubé a dit souhaiter y voir des émissions de débat, des documentaires, mais aussi un grand rendez-vous culturel.

Citant en exemple l'émission Les Beaux Dimanches autrefois diffusée sur les ondes de Radio-Canada, M. Bérubé voudrait réunir les Québécois chaque semaine autour de grandes productions culturelles diffusées en direct.

Quant à savoir si le Parti québécois va appuyer le projet de réforme de la loi 101 tel que proposé par la CAQ, tant M. St-Pierre Plamondon que M. Bérubé se sont gardés d'en faire la promesse.

Le chef péquiste veut se placer en position de négociation avec la CAQ afin que le gouvernement inclue ses diverses propositions dans son projet de loi.

On va participer au débat, mais on se réserve le vote pour la fin, a ajouté Pascal Bérubé.

Le député du PQ dans Jonquière Sylvain Gaudreault avait affirmé la semaine dernière que son parti et lui soutiendraient le projet de loi déposé par Simon Jolin-Barrette, bien qu'il comptait proposer certains amendements.

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