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Trouver des travailleurs agricoles est encore un casse-tête

Un travailleur est accroupi dans un champ.

La venue des travailleurs étrangers est toujours compliquée par la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Entre les tests, les périodes de quarantaine et les changements de mesures sanitaires à la dernière minute, les agriculteurs vivent un parcours du combattant administratif pour faire venir des travailleurs étrangers en Alberta.

Mais, malgré leurs efforts, le secteur n’attire toujours pas les habitants de la région.

C’est très stressant. Il y avait déjà des défis avant la COVID-19, mais rien de cette amplitude. Cette année en particulier, il y avait au moins six agences fédérales qui donnaient des règles différentes aux apiculteurs , explique Connie Phillips, la directrice générale de la Commission des apiculteurs de l’Alberta.

Un apiculteur enlève un cadre d'une ruche.

De 50 à 60 % des travailleurs des apicultures albertaines viennent de l'étranger.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

La province abrite la plus grosse production de miel au Canada. La saison y est cependant courte et demande un afflux de travailleurs spécialisés durant quelques mois. Jusqu’à deux tiers de cette main-d'œuvre vient chaque année de l’étranger, en particulier du Mexique et du Nicaragua.

C’était un peu mieux cette année, puisque les apiculteurs avaient un peu plus d’expérience sur les moyens de faire venir les travailleurs, quel transporteur aérien utiliser… , précise Mme Phillips.

Changements de dernière minute

L’ajout d’un test négatif obligatoire avant le voyage et les nouvelles mesures de restrictions aux voyages ont compliqué la situation pour les agriculteurs.

Il y a des jours où l’information changeait à la minute. Même pour nous, cela a été tout un défi de tenir à jour nos producteurs.

Une citation de :Connie Phillips, Commission des apiculteurs de l'Alberta

Au stress s’ajoute le coût, renchérit Humphrey Banack, membre de la Fédération albertaine de l’agriculture.

Les règles sont un peu plus claires cette année, mais c’est très cher de faire venir des travailleurs et de se conformer aux règles sanitaires , explique-t-il. Je pense qu’on va encore avoir un manque de travailleurs saisonniers cette année à cause de cela.

Humphrey Banack pose devant un champ de canola.

Le producteur céréalier Humphrey Banack craint une pénurie de main-d'oeuvre pour les fermiers albertains.

Photo : Radio-Canada / Anis Heydari

L’Alberta n’est pas la province qui a le plus besoin de travailleurs agricoles. Environ 3100 avaient été accueillis en 2019, comparativement à plus de 24 000 en Ontario, par exemple.

Ils sont cependant essentiels pour les apiculteurs, les serres du sud de l’Alberta et les parcs d’engraissement des producteurs bovins.

Des emplois qui n'attirent pas

Remplacer ces travailleurs par de la main-d'œuvre locale serait bien plus simple, explique M. Bannack, mais la sauce ne prend pas.

Personnellement, je n’utilise pas de travailleurs étrangers, mais c’est tout un défi de trouver de l’aide saisonnière. Que ce soit pour le grain, les fruits et légumes, les gens ne veulent pas de ce genre d’emplois, a constaté le producteur agricole installé à Camrose, au sud-est d’Edmonton.

L’éloignement des grands centres urbains est, selon lui, une des choses qui dissuadent le plus les travailleurs, sans compter la saisonnalité des emplois.

Selon un sondage effectué par le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture (Nouvelle fenêtre), 41 % des agriculteurs canadiens n’ont pas réussi à pourvoir les postes dont ils avaient besoin l’année dernière malgré les forts taux de chômage. Les trois-quarts ont même observé une baisse des candidatures canadiennes.

Des solutions longues à agir

Le président du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture, Cyr Couturier, explique que la pandémie n’a fait qu’exacerber un problème de fond pour les agriculteurs. On a démontré que toutes les années, on a un manque de travailleurs en agroéconomie d’environ 100 000 personnes. C’est une perte de 3 milliards de dollars pour l’économie à cause de la pénurie de main-d'œuvre et ça va continuer pour les 10 prochaines années , explique-t-il.

Le défi est encore là et il faut que l’industrie agricole trouve des solutions.

Une citation de :Cyr Couturier, président du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture

Le gouvernement albertain a lancé l’année dernière un site Internet (Nouvelle fenêtre) (en anglais) pour relier offres et demandes d’emploi plus facilement.

Le gouvernement fédéral a bonifié son Programme d’emploi et de compétences des jeunes pour subventionner 2000 emplois agricoles.

L’argent n’est toutefois pas un motivateur suffisant, selon M. Couturier. Si on soulignait l’importance des nouvelles technologies dans le monde agricole, cela pourrait être une meilleure manière d’attirer des jeunes.

Du côté des apiculteurs, on espère pouvoir lancer un programme de formation avec un établissement postsecondaire de la région et trouver une nouvelle voie de recrutement.

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