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Complications dues aux bandelettes urinaires : se consacrer entièrement à la cause

C’est le début d’un nouveau chapitre pour la résidente de Saint-Boniface Cynthia Gagné. Elle a décidé de quitter son emploi pour aider les femmes aux prises avec des problèmes dus à l’implantation d’une bandelette urinaire.

Cynthia Gagné et tous les autres qui forment un coeur avec leurs mains.

Cynthia Gagné entourée de ses deux filles (à sa droite et à sa gauche) ainsi que de femmes qui souffrent ou ont souffert de problèmes liés aux bandelettes urinaires, lors d'un rassemblement à Shawinigan dimanche.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Radio-Canada

Cynthia Gagné va désormais se consacrer à temps plein à la planification et l’accompagnement des femmes qui désirent se rendre aux États-Unis pour se faire retirer une bandelette urinaire. Au cours de la prochaine année, elle prévoit aller au Missouri environ une fois par mois avec des groupes de six à huit femmes qui vivent avec des contraintes et des complications liées à la bandelette urinaire.

Pour remplir sa nouvelle mission, Cynthia Gagné a loué une maison, ce qui permettra de réduire les coûts pour les femmes. Elle a pu compter sur des dons d’entreprises de la région, telles que Canadel, Textiles Patlin, Meubles Jacob et le Canadian Tire du secteur Cap-de-la-Madeleine pour meubler la résidence.

Les patientes doivent habituellement débourser jusqu’à 22 000 $, incluant le coût du voyage jusqu'à St. Louis où se trouve un médecin spécialisé dans ce domaine, pour se faire retirer le dispositif médical qui sert à stopper l’incontinence.

Ce n’est pas parce qu’on vit un événement difficile qu’il faut le vivre dans la difficulté.

Une citation de :Cynthia Gagné
Cynthia Gagné de côté avec un chandail de son groupe L'Ameshée.

Cynthia Gagné témoigne des étapes de son nouveau projet sur son blogue intitulé « L'Ameshée ».

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Depuis plusieurs années, celle qui a fait l'objet d'un reportage à l'émission Enquête en mars 2019 remue ciel et terre pour aider les femmes qui traversent la même épreuve qu'elle. Cynthia Gagné s’est battue pour que l’opération soit remboursée par le gouvernement du Québec.

En décembre 2020, Québec a annoncé qu'il rembourserait 135 femmes qui ont dû se faire opérer aux États-Unis, parce qu'elle ne faisait pas confiance aux chirurgiens de la province. Une vingtaine d’autres qui ont subi l’opération en janvier et février 2021 ont aussi été incluses dans le programme de remboursement, mais depuis, le gouvernement n’offre plus d’aide financière aux femmes, car il juge qu’il y a maintenant des spécialistes au Québec. Cynthia Gagné est toutefois sceptique.

D’après les témoignages qu’elle reçoit et les informations auxquelles elle a accès, la résidente de Saint-Boniface ne croit pas que les médecins du Québec soient assez formés pour effectuer cette délicate procédure. À mon avis, les chirurgiens [du Québec] ne sont pas prêts à retirer des bandelettes, dit-elle. On voit vraiment que les femmes qui se sont fait opérer aux États-Unis vont vraiment mieux que les femmes qui se sont fait opérer ici.

Cynthia Gagné et tous les autres qui forment un coeur avec leurs mains.

Cynthia Gagné entourée de ses deux filles (à sa droite et à sa gauche) ainsi que de femmes qui ont eu l'opération de retrait de la bandelette urinaire (en chandail blanc) et celles qui sont en attente de l'opération (en chandail noir), lors d'un rassemblement à Shawinigan dimanche.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Une aide appréciée

Cynthia Gagné a déjà accompagné une cinquantaine de femmes aux États-Unis, dont Carole Lamarre. Quand je me suis décidée, Cynthia a tout pris en charge, elle nous guide comme une vraie maman, c’est la confiance et tout est fait dans le respect, dit-elle. Mme Gagné précise qu'elle n'est aucunement payée par le chirurgien de St. Louis pour ces voyages.

Nathalie Goudreault a hâte de faire retirer la bandelette. Je vais pouvoir reprendre une vie normale, je vais pouvoir aller prendre des marches, faire du sport, ce que je ne fais plus depuis des années, a confié celle qui se fera accompagner par Cynthia Gagné.

Cynthia, c’est un ange qui nous est tombé du ciel.

Une citation de :Nathalie Goudreault
Nathalie Goudreault au micro dehors, à Shawinigan.

Nathalie Goudreault, qui est en attente d'une opération de retrait de la bandelette urinaire, sera accompagnée par Cynthia Gagné.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

À 38 ans, Cynthia Gagné s’est fait installer une bandelette urinaire en raison d'un problème d'incontinence à l’effort. Par la suite, elle a ressenti des douleurs dans les jambes, aux aines et dans le vagin.

Pour moi, l’incontinence, c’était rendu secondaire; ce que je voulais, c’était de courir, marcher, a-t-elle expliqué en entrevue à l’émission Toujours le matin, juste avant de quitter la Mauricie pour le Missouri.

Le retrait de la bandelette urinaire est une opération délicate, car il s’agit d’un implant permanent qui est pris dans la chair et les muscles. Elle s’est alors rendu compte qu’elle devait aller aux États-Unis pour se faire opérer, car il n’y avait pas de chirurgien spécialisé dans ce domaine dans la province. Elle s’est fait retirer la bandelette en mai 2019 à St. Louis.

Cynthia Gagné a fondé un groupe de soutien pour les femmes qui vivent avec le même problème. Elle reçoit maintenant des appels de femmes de partout dans le monde.

Avec des informations de Marie-Ève Trudel

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