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Les voleurs attirés par l’explosion du prix du bois

Du bois sur un chantier de construction.

L'augmentation très marquée du prix du bois rend la matière intéressante aux yeux des voleurs. Une tendance qui a forcé des entreprises de construction à accroître leur surveillance sur les chantiers.

Photo : Min Dhariwal/CBC

Radio-Canada

Entre la forte demande, les prix record et l'intérêt marqué des voleurs, le bois d'œuvre ordinaire s'est imposé comme la marchandise la plus en vue de la saison de construction de maisons, de terrasses et de clôtures.

L'an dernier, nous achetions le même produit pour 10 ou 11 $ la feuille [de contreplaqué], et maintenant nous payons environ 90 $ la feuille , affirme Garth Babcock, directeur de la construction d'Akash Homes, qui construit près de 250 maisons chaque année en Alberta.

Pour un duplex de 1800 pieds carrés (165 mètres carrés), la charpente, qui coûtait 25 000 $ l'année dernière, coûte maintenant trois fois plus cher, dit-il.

Du jamais vu selon lui. Et le problème, c’est qu’il ne sait pas où ces prix vont aller dans les mois à venir.

Des pénuries au moment où la demande est forte

Comment en est-on arrivé à ces prix? Plusieurs facteurs entrent en jeu. Tout d’abord, il y a les pénuries qui se faisaient déjà sentir l'été dernier après la fermeture de plusieurs usines en Colombie-Britannique suite aux infestations de dendroctones du pin et à des incendies de forêt.

La fumée de brasier se propage sur des montagnes de l'État de Washington.

Les feux de forêt de l'été dernier aux États-Unis sont en partie responsables de la hausse du prix du bois.

Photo : Associated Press / Elaine Thompson

Toujours en 2020, de nombreuses usines nord-américaines avaient aussi réduit temporairement leur production en raison des fermetures liées à la pandémie de COVID-19.

Ensuite, de nombreuses personnes se sont mises à passer plus de temps à la maison et ont fait des rénovations pour s'adapter à leur nouvelle vie, que ce soit au Canada ou aux États-Unis.

Les scieries ont donc dû travailler fort pour trouver des grumes, les parcs à bois ont manqué d'approvisionnement, et les entrepreneurs ont dû payer plus cher ce qui était disponible.

Renforcer la sécurité

Ce fort intérêt pour la matière première a aussi attiré l’attention d’individus malveillants.

Akash Homes a été attaqué sur plusieurs chantiers ce printemps, ce qui a engendré des pertes d'environ 100 000 $. À la nuit tombée, les voleurs utilisent des chariots élévateurs sur les lieux pour charger les énormes paquets de bois dans leurs propres remorques, explique M. Babcock. Ils font ensuite le tour du quartier pour se servir.

Garth Babcock marque une palette de bois à la peinture bleue.

Garth Babcock, directeur de la construction d'Akash Homes, affirme que, pour faire face aux vols en augmentation, son entreprise marque son bois pour qu'il soit plus reconnaissable au cas où il serait revendu.

Photo : Min Dhariwal/CBC

Akash Homes a réagi en renforçant la sécurité, en installant des caméras sur les chantiers et en marquant les matériaux avec de la peinture bleue pour aider à retrouver le bois s'il apparaît sur un autre chantier ou s'il est vendu en ligne.

La sécurisation des produits est également une préoccupation majeure pour Barb MacTavish et son mari, Scott, qui dirigent Wild Rose Fencing and Decks. Ils ont récemment installé des caméras de sécurité dans leur entrepôt pour garder un œil sur les panneaux de clôture et les terrasses.

Une saison très chargée

Le fait que davantage de personnes restent à la maison pendant la pandémie a entraîné une saison chargée, selon Mme MacTavish. Malgré le coût plus élevé des matériaux, elle affirme que son entreprise n’a jamais été aussi occupée.

Selon Mme MacTavish, une clôture vendue 10 000 $ l’été dernier se vend maintenant 14 000$. Les planches de clôture qui se vendaient 4 $ chacune l'année dernière sont deux fois plus chères aujourd'hui.

Scott MacTavish scie une clôture.

Scott MacTavish, le co-propriétaire de Wild Rose Fencing and Decks, a connu une saison très chargée en ce qui concerne les commandes pour des clôtures, malgré l'augmentation des prix du bois.

Photo : Min Dhariwal/CBC

Auparavant, les fournisseurs retenaient un prix indiqué pendant un mois, mais ce délai est passé à quelques jours, dit-elle.

C'est la même chose du côté des constructeurs de maisons. M. Babcock affirme que certaines de ses propriétés sont vendues avant même que les fondations soient coulées. Une bonne chose pour les affaires, qui n’empêche pas de laisser apparaître un autre problème.

L'approvisionnement est insuffisant et on nous dit que, dans un avenir pas trop lointain, nous n'obtiendrons peut-être pas la quantité de bois dont nous avons besoin, affirme-t-il.

Avec les informations de Min Dhariwal

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