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Bombardements en série à Gaza, le conflit entre dans sa deuxième semaine

De la fumée au-dessus d'un site au milieu d'un quartier résidentiel à Gaza bombardée par l'armée israélienne.

L’armée israélienne a poursuivi lundi ses bombardements contre Gaza.

Photo : Getty Images / MOHAMMED ABED

Agence France-Presse

Les rues de Gaza restaient désertes lundi matin après une nouvelle série de bombardements nocturnes par l'armée israélienne, au terme d'une semaine noire ayant fait plus de 200 morts en quasi-totalité des Palestiniens, alors que le Hamas et Israël sont restés sourds aux appels internationaux à la désescalade.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l'aviation israélienne a pilonné des dizaines de fois l'enclave palestinienne densément peuplée et sous blocus, d'où le Hamas au pouvoir et d'autres groupes armés ont encore tiré des roquettes vers Israël.

Des centaines de bâtiments ont été endommagés et les coupures d'électricité se sont multipliées, d'après les autorités locales qui n'ont pas fait état de victimes dans l'immédiat.

Dans l'après-midi, les rues de l'enclave côtière de deux millions d'habitants étaient désertes, a constaté un journaliste de l'AFP.

De la fumée s'échappe près du port de Gaza.

De la fumée s'échappe près du port de Gaza, après un bombardement israélien, le 17 mai 2021.

Photo : Getty Images / MAHMUD HAMS

Lundi, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé un navire suspecté d'être une arme navale submersible et neuf maisons de hauts commandants du Hamas, affirmant que certaines servaient à stocker des armes.

Le Jihad islamique, deuxième groupe armé palestinien de la bande de Gaza, a annoncé à la mi-journée la mort d'Hossam Abou Harbid, l'un de ses commandants, dans une frappe.

Il n'y a jamais eu de frappes d'une telle ampleur, raconte après cette nouvelle nuit de raids Mahdi Abed Rabbo, 39 ans, un habitant de Gaza qui faisait part de son horreur [de sa] peur.

Des pompiers palestiniens éteignent un incendie dans le nord de la bande de Gaza.

Des pompiers palestiniens éteignent un énorme incendie dans l'usine de matelas Foamco, à l'est de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 17 mai 2021.

Photo : Getty Images / MAHMUD HAMS

Secours et habitants tentaient lundi de déblayer les gravats et d'éteindre les incendies notamment dans une usine de matelas en mousse.

Quelque 40 000 habitants de ce territoire palestinien, soumis depuis près de 15 ans à un strict blocus israélien, ont dû fuir leur maison, selon l'ONU.

Le Programme alimentaire mondial a annoncé une aide d'urgence pour plus de 51 000 personnes dans l'enclave palestinienne minée par la pauvreté et le chômage.

Depuis le début de ces hostilités le 10 mai, 200 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza, dont au moins 59 enfants, et plus de 1300 blessés.

Dimanche, 42 personnes, dont au moins huit enfants et deux médecins, ont péri. Bilan le plus lourd en une seule journée, selon le ministère de la Santé à Gaza.

Smoke and flames rise above a building during Israeli air strikes, amid a flare-up of Israeli-Palestinian violence, in Gaza City May 17, 2021. REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa     TPX IMAGES OF THE DAY

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué avoir ciblé neuf maisons appartenant à des hauts commandants du Hamas.

Photo : Reuters / IBRAHEEM ABU MUSTAFA

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a appelé lundi Israël et les Palestiniens à protéger les civils et particulièrement les enfants, réaffirmant que l'État hébreu avait, en tant que démocratie, un devoir particulier en la matière.

En Cisjordanie occupée, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a reçu lundi l'émissaire américain Hady Amr, à qui il a affirmé la nécessaire intervention de Washington pour faire cesser l'agression d'Israël contre le peuple palestinien, d'après l'agence officielle Wafa.

M. Amr, qui avait rencontré dimanche le ministre israélien de la Défense Benny Gantz, a, lui, affirmé l'importance de parvenir au calme et à la désescalade, soulignant les efforts de Washington en ce sens, selon Wafa.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a appelé la population, en particulier les habitants du sud d'Israël où des roquettes continuent de tomber, à limiter leurs activités en extérieur.

Côté israélien, dix personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 blessées après des tirs de roquettes depuis le début des hostilités meurtrières, le 10 mai.

Un immeuble effondré.

La tour de 13 étages abritant les locaux de la chaîne d'information qatarie Al-Jazira et l'agence de presse américaine Associated Press (AP) a été complètement détruite.

Photo : Reuters / Mohammed Salem

Les groupes armés palestiniens ont tiré plus de 3150 roquettes, rythme le plus élevé de projectiles jamais tirés vers le sol israélien. Une grande partie des roquettes a été interceptée par le système antimissile, d'après l'armée.

Une cible  parfaitement légitime 

Notre campagne contre les organisations terroristes continue à plein régime, a affirmé dimanche M. Nétanyahou, justifiant par ailleurs la frappe ayant pulvérisé la tour de 13 étages abritant les locaux de la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera et de l'agence de presse américaine Associated Press.

C'était une cible parfaitement légitime, a-t-il assuré, affirmant s'appuyer sur des informations des services de renseignement.

La dernière grande confrontation entre Israël et le Hamas remonte à l'été 2014. Le conflit de 51 jours a ravagé la bande de Gaza et fait au moins 2251 morts côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 côté israélien, quasiment tous des soldats.

Ce cycle insensé d'effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement, a affirmé dimanche le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à l'ouverture d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Impasse diplomatique

La violence a le potentiel de déclencher une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable et d'encourager davantage l'extrémisme, a-t-il alerté, alors que cette troisième session virtuelle n'a abouti à aucune avancée.

Selon plusieurs diplomates interrogés par l'AFP, les États-Unis ont encore refusé toute déclaration conjointe au Conseil de sécurité.

La protection des infrastructures médicales et des personnels de santé est un impératif en toutes circonstances, a déclaré lundi le directeur général de l'OMS.

La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé lundi, lors d'un appel téléphonique à M. Nétanyahou, sa solidarité avec Israël, tout en exprimant son souhait de voir les hostilités prendre fin le plus rapidement possible.

Les présidents français Emmanuel Macron et égyptien Abdel Fattah-Al-Sissi ont souligné ensemble lundi la nécessité absolue de mettre fin aux hostilités au Proche-Orient, partagé leur forte inquiétude face à l'escalade de violences en cours et déploré les nombreuses victimes civiles.

Ces hostilités ont éclaté le 10 mai avec un barrage de roquettes du Hamas sur Israël en solidarité avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est.

À l'origine des manifestations dans le secteur palestinien de Jérusalem occupé par Israël depuis plus de 50 ans et où les tensions restent vives, la menace d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens.

Les hostilités se sont étendues à la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où des affrontements avec l'armée israélienne ont fait 19 morts depuis le 10 mai, selon un bilan palestinien.

Sur son territoire, Israël est également confronté à des violences d'une intensité nouvelle et à des menaces de lynchages dans ses villes mixtes, où vivent Juifs et Arabes israéliens.

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