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Le défi d’assurer la santé des travailleurs agricoles étrangers en pandémie

Des travailleurs agricoles étrangers originaires du Mexique plantent des fraises dans une ferme de Mirabel, au Québec, le mercredi 6 mai 2020.

La communication avec les travailleurs agricoles étrangers est difficile, selon des organismes qui les accompagnent. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Le manque de données publiques sur les travailleurs agricoles étrangers et leur peur de parler nuit à leur accès aux soins de santé, selon des organismes qui oeuvrent auprès d’eux.

Pour la secrétaire de l’Association des Mexicains de Calgary, Vanesa Ortiz, communiquer avec eux est d’autant plus difficile, parce qu’elle ne peut savoir dans quelles fermes ils travaillent.

Il nous faut nous rendre dans de petites villes de l’Alberta et s’installer dans un stationnement pendant de longues heures en attendant qu’ils viennent faire leur épicerie pour réussir à leur parler, explique-t-elle.

Dans ces discussions éparses, elle a appris qu’ils vivent souvent en cohortes et manquent régulièrement de ce qui est considéré comme des services essentiels, surtout depuis le début de la pandémie.

Plusieurs d’entre eux lui ont même confié ignorer qu’ils ont accès aux vaccins contre la COVID-19.

La plupart des gens entendent parler de la vaccination à la radio, à la télévision ou sur les réseaux sociaux par des sources canadiennes, note-t-elle.

Qu’arrive-t-il lorsque vous ne parlez pas la langue locale, que vous vous trouvez dans une communauté isolée et que la personne responsable de votre bien-être, c’est-à-dire votre employeur, ne vous donne pas l’information pertinente?

Accessibilité aux vaccins

C’est ce qui a motivé l’Association des Mexicains de Calgary à envoyer une lettre au gouvernement provincial au début du mois de mai pour lui demander :

  • d’offrir le transport vers les centres de vaccination;

  • de prioriser les travailleurs agricoles lors de la vaccination;

  • et de distribuer l’information sur la vaccination à ces travailleurs dans leur langue.

Selon le porte-parole du gouvernement Brendan Procé, la province travaille à rendre la vaccination plus accessible.

Nous avons déjà traduit la documentation sur la vaccination en 13 langues et travaillons avec divers secteurs, comme les industries, les municipalités et les organismes communautaires, soutient-il.

Pour les organismes comme l’Association des Mexicains de Calgary, les difficultés d’accès à la vaccination sont un symbole d’un problème plus grand.

Communication difficile

Selon le directeur général de l’Alliance des travailleurs étrangers pour le changement, Syed Hussan, la pandémie donne un exemple parfait des difficultés auxquelles font face les travailleurs d’origine étrangère.

Des messages comme visitez votre pharmacien pour être vacciné ne passent pas auprès de ces travailleurs, explique-t-il.

Je suis désolé, mais ça exclut toute personne qui n’a pas de téléphone, qui ne parle pas la langue ou qui n’habite pas près d’une pharmacie..

Ça fait que tout le système de vaccination [...] exclut ceux-là mêmes qu’on qualifie d’essentiels.

L’essentiel, croit M. Hussan, n’est pas seulement de prioriser les travailleurs agricoles étrangers dans le déploiement de la vaccination, mais d’éliminer les facteurs structurels d’exclusion.

S’ils ne peuvent être vaccinés, c’est qu’ils n’ont accès à aucun soin de santé, souligne-t-il.

Avec les informations de Joel Dryden

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