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Au moins cinq morts lors d'affrontements au Myanmar, selon une milice antijunte

Des hommes en tenue de combat lors d'un exercice militaire.

Des hommes participent à des exercices militaires avec un groupe rebelle armé dans l'est de l'État Karen, le 9 mai 2021.

Photo : Getty Images

Agence France-Presse

Au moins cinq rebelles de l'opposition ont été tués après plusieurs jours d'affrontements au Myanmar, a affirmé dimanche une milice antijunte, tandis que le Royaume-Uni et les États-Unis ont condamné les violences de l'armée contre les civils.

Au moins cinq de nos membres ont été tués et plus de dix ont été blessés cette semaine, a déclaré un porte-parole de la Chinland Defence Force (CDF), une milice constituée dans la ville de Mindat, devenue un point névralgique de l'agitation dans l'État occidental de Chin.

Selon ce porte-parole, qui ne souhaite pas être identifié, cinq habitants de Mindat ont également été arrêtés par l'armée.

Le pays est en ébullition depuis que les généraux birmans ont renversé le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi le 1er février, déclenchant un soulèvement massif que les autorités ont cherché à réprimer par la force.

Une manifestation au Myanmar.

Une manifestation contre le coup d'État militaire à Rangoon, le 15 mai 2021

Photo : Getty Images

Des rebelles ont créé des milices locales équipées d'armes artisanales pour protéger leurs villes contre les forces de sécurité, qui ont tué au moins 790 civils, selon un groupe de surveillance local.

Les données mobiles étant bloquées dans tout le pays, les informations sur les combats mettent du temps à sortir, et la vérification sur le terrain est rendue plus difficile, les habitants craignant des représailles.

Le porte-parole de la CDF a déclaré à l'AFP que les combattants de la milice avaient mis le feu à plusieurs camions de l'armée et tendu une embuscade aux troupes venues en renfort, tandis que les militaires avaient attaqué la ville à l'artillerie.

Dimanche, les membres de la CDF s'étaient retirés dans la jungle, a-t-il dit. Mais nous reviendrons bientôt attaquer, a-t-il affirmé. Nous n'avons que des armes artisanales. Ce n'était pas suffisant.

Il a ajouté que les habitants restés à Mindat – sous la loi martiale depuis jeudi – avaient peur de sortir de chez eux par crainte d'être pris pour cible par les militaires.

Les ambassades des États-Unis et du Royaume-Uni ont appelé samedi les forces de sécurité à cesser les violences dans la ville de plus de 40 000 habitants. L'usage par l'armée d'armes de guerre contre des civils, y compris cette semaine à Mindat, est une nouvelle démonstration des extrémités auxquelles le régime est prêt à s'abaisser pour se maintenir au pouvoir, a dénoncé l'ambassade américaine dans un tweet samedi.

L'ambassade britannique a, elle, jugé que la violence à Mindat ne peut être justifiée. Les preuves d'atrocités doivent être envoyées au [mécanisme d'enquête indépendant des Nations unies pour le Myanmar] afin que les auteurs puissent être tenus responsables, a-t-elle tweeté.

Le journal d'État New Light of Myanmar a rapporté dimanche qu'un tribunal militaire serait convoqué pour juger les auteurs d'attaques terroristes à Mindat.

Le pape appelle à enrayer la spirale de la mort

Au cours d'une messe spéciale pour le Myanmar, célébrée en matinée dans la basilique Saint-Pierre, le pape François a réitéré ses appels à la fin de la violence au quatrième mois de la répression sanglante de la junte contre les civils.

Chers frères et sœurs, en ces jours où votre pays bien-aimé, le Myanmar, connaît la violence, le conflit et la répression, demandons-nous : qu'est-ce que nous sommes appelés à garder? En premier lieu, la foi, a-t-il déclaré.

François a lancé un appel à l'unité, qualifiant la division entre les communautés et les peuples de maladie mortelle.

Je sais que certaines situations politiques et sociales sont plus grandes que nous. Pourtant, l'engagement pour la paix et la fraternité vient toujours d'en bas : chaque personne, dans les petites choses, peut jouer son rôle.

Au milieu de la guerre, de la violence et de la haine, la fidélité à l'Évangile et le fait d'être des artisans de paix demandent un engagement, également par des choix sociaux et politiques, même au risque de notre vie, a-t-il ajouté.

L'ONU prévoit la suspension immédiate du transfert d'armes

L'Assemblée générale de l'ONU est par ailleurs appelée mardi à approuver un projet de résolution non contraignante prévoyant une suspension immédiate du transfert d'armes vers le Myanmar et à ses dirigeants militaires, a-t-on appris dimanche aux Nations unies.

Initié par le Liechtenstein, avec le soutien notamment de l'Union européenne, du Royaume-Uni et des États-Unis, le projet sera soumis à une réunion plénière en personne, a indiqué un porte-parole de l'Organisation. Selon des diplomates, une approbation par consensus n'est pas acquise, auquel cas l'Assemblée procéderait à un vote. Tout son enjeu sera alors d'engranger un maximum de soutiens parmi les 193 États membres de l'Assemblée générale.

En négociation depuis des semaines, le texte est co-parrainé par 48 pays d'Europe, d'Amérique, d'Afrique, un seul pays, la Corée du Sud, représentant dans ce groupe l'Asie. Non contraignant à la différence des résolutions du Conseil de sécurité, mais à forte portée politique, le texte prévoit une suspension immédiate de la fourniture, de la vente ou du transfert direct et indirect de toutes les armes, munitions et autres équipements militaires à la Birmanie.

Il réclame aux autorités militaires birmanes qui ont pris le pouvoir le 1er février lors d'un coup d'État de mettre fin à l'état d'urgence et de cesser immédiatement toute violence contre les manifestants pacifiques. Il leur demande aussi de libérer immédiatement et sans condition le président Win Myint et la dirigeante civile Aung San Suu Kyi, ainsi que toutes les personnes détenues arbitrairement.

Le projet demande également au Myanmar de mettre en oeuvre sans tarder le plan vers un retour à la démocratie élaboré par l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), de faciliter sans délai une visite de l'émissaire de l'ONU, interdite d'entrée dans le pays jusqu'à présent, et de permettre un accès humanitaire sûr et sans entrave.

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