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Des raids à Gaza font 42 morts, le plus lourd bilan quotidien des derniers jours

Des bâtiments en feu et des explosions dans la nuit.

Le feu et la fumée s'élèvent au-dessus des bâtiments de la ville de Gaza alors que des avions de guerre israéliens visent l'enclave palestinienne, tôt le 17 mai 2021.

Photo : afp via getty images / ANAS BABA

Agence France-Presse

Les frappes israéliennes ont tué dimanche au moins 42 Palestiniens à Gaza, dont de nombreux enfants dans la journée la plus sanglante de cette semaine d'escalade de violence, tandis que la réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU n'a abouti à aucune avancée.

Les raids ont continué dans la nuit de dimanche à lundi : en quelques minutes, l'aviation israélienne a mené des dizaines de frappes dans l'enclave, provoquant des coupures de courant. Dans un court communiqué, l'aviation israélienne a indiqué que ses avions de chasse étaient en train de frapper des cibles terroristes à Gaza.

Le carnage a continué aujourd'hui. Ce cycle insensé d'effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement, avait auparavant déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, à l'ouverture de la réunion du Conseil de sécurité, redoutant que l'explosion de violence ne provoque une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable. Mais cette troisième session virtuelle n'a accouché d'aucune proposition.

La nouvelle explosion de violence, déclenchée le 10 mai entre Israël et les groupes armés palestiniens de Gaza, suscite de vives inquiétudes à l'ONU : Antonio Guterres a également averti qu'elle risquait de provoquer une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable.

Selon plusieurs diplomates, les États-Unis, à la position jugée incompréhensible par nombre de ses alliés, continuaient dimanche à refuser toute déclaration conjointe permettant d'aboutir rapidement à un arrêt des hostilités.

Dans le même temps, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a multiplié dimanche les entretiens avec ses homologues de plusieurs États régionaux clefs, dont le Qatar, l'Egypte et l'Arabie saoudite, pour tenter de faire cesser les violences, selon le département d'État.

Un pompier traîne un boyau vers un feu qui s'étend à l'horizon.

Un pompier israélien éteint un feu causé par les roquettes lancées depuis la bande de Gaza, près de la ligne de démarcation.

Photo : afp via getty images / JACK GUEZ

Les groupes armés palestiniens, dont le Hamas au pouvoir à Gaza, ont tiré plus de 3000 roquettes vers Israël depuis le début de ces hostilités, le nombre le plus élevé de projectiles jamais tirés sur le sol israélien en si peu de temps, a indiqué dimanche l'armée israélienne, soulignant qu'une grande partie d'entre eux avaient été interceptés par son système antimissile.

L'intensité de ce conflit, c'est quelque chose que nous n'avons jamais vu auparavant, avec des raids aériens incessants sur Gaza, qui est densément peuplée, et des roquettes qui frappent de grandes villes en Israël, s'est alarmé Robert Mardini, directeur général de la Croix-Rouge.

Le CICR a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à exercer le maximum d'influence pour mettre fin aux hostilités.

Depuis les premières heures dimanche, 42 Palestiniens, dont au moins 8 enfants, ont été tués, selon les autorités locales, dans des bombardements israéliens sur Gaza, une enclave pauvre de deux millions d'habitants sous blocus israélien depuis près de 15 ans.

Il s'agit du plus lourd bilan quotidien à Gaza depuis le début de ces violences : au total, depuis le 10 mai, 192 Palestiniens ont été tués, dont au moins 58 enfants, et plus de 1200 ont été blessés, selon un récent bilan palestinien.

Ces dernières heures, 120 roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël, mais des dizaines d'entre elles ont été interceptées, selon l'armée israélienne. Depuis lundi, dix personnes, dont un enfant, ont été tuées et 282 ont été blessées en Israël par les tirs palestiniens.

Journée sanglante à Gaza sous une pluie de missiles israéliens

Violences à Jérusalem

Relativement épargnée ces derniers jours, Jérusalem a été le théâtre dimanche d'une attaque à la voiture-bélier contre des soldats israéliens postés dans l'ultra-sensible quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé et annexé par Israël.

L'attaque a fait plusieurs blessés, selon les secours et la police israélienne, qui dit avoir neutralisé l'assaillant sans plus de précisions sur son sort ou son identité.

À Gaza, Abou Anas Achkanani a raconté avoir perdu sa belle-sœur et quatre neveux et nièces, dont l'aîné avait 11 ans, qui dormaient au moment d'une des frappes israéliennes sur le quartier Al-Rimal.

J'étais dans la maison à côté [...]. Il n'y avait absolument rien, mais soudain, vers 12 h, 12 h 15, il y a eu la frappe dans la rue et c'était l'enfer! [...]. On est descendu voir, c'était surréaliste. On a sorti la mère des décombres avec les enfants.

Franchissant un nouveau palier dans sa guerre contre le Hamas, l'armée israélienne a aussi annoncé sur Twitter avoir attaqué le domicile de Yahya Sinouar et de son frère, un militant terroriste, publiant des images d'une maison pulvérisée dans un nuage de poussière.

Des sources de sécurité palestiniennes ont confirmé la frappe, mais on ignore le sort de ce chef du Hamas à Gaza.

Un homme marche au milieu d'une rue dont le sol est jonché de débris.

Les rues de la ville de Gaza sont jonchées de décombres après que les forces armées israéliennes eurent procédé à des frappes aériennes.

Photo : Associated Press / Adel Hana

Alors que se tient la réunion virtuelle du Conseil de sécurité et que l'UE a annoncé une réunion ministérielle mardi, une délégation américaine conduite par l'envoyé spécial Hady Amr a rencontré dimanche le ministre de la Défense israélien, Benny Gantz.

Faisant le point sur la situation devant la presse, le chef de l'armée, Aviv Kohavi, a pour sa part déclaré qu'Israël agissait avec le sentiment de justice [...], que c'est ce qu'il faut faire pour protéger les citoyens d'Israël.

Quant à Benyamin Nétanyahou, il a réitéré que l'opération allait encore prendre du temps.

Samedi, un immeuble de 13 étages abritant les équipes de la chaîne d'information qatarie Al-Jazira et l'agence de presse américaine Associated Press (AP) a été pulvérisé à Gaza par des frappes israéliennes.

Selon l'armée, qui avait demandé préalablement l'évacuation du bâtiment, il abritait des entités appartenant au renseignement militaire du Hamas, accusé de se servir de civils comme boucliers humains. C'était une cible parfaitement légitime, a répété dimanche le premier ministre israélien dans un entretien à la chaîne américaine CBS.

Les hostilités à Gaza ont éclaté le 10 mai avec un barrage de roquettes tirées par le Hamas sur Israël en solidarité avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est. À l'origine des manifestations, la menace d'expulsion forcée de familles palestiniennes au profit de colons israéliens.

Les hostilités se sont étendues à la Cisjordanie, autre territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où des heurts avec l'armée israélienne ont fait 19 morts depuis le 10 mai, selon un bilan palestinien.

Sur son territoire, Israël doit également faire face depuis plusieurs jours à des violences inédites et à des menaces de lynchage dans ses villes mixtes, où vivent Juifs et Arabes israéliens.

Le dernier grand affrontement entre Israël et le Hamas remonte à l'été 2014. Le conflit de 51 jours avait ravagé la bande de Gaza et fait au moins 2251 morts côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 du côté israélien, quasiment tous des soldats.

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