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Troisième lien : la guerre des chiffres et des faits est ouverte

Des opposants au troisième lien lanceront une offensive en ligne visant à « donner les chiffres » prouvant l'inutilité du projet.

Vue aérienne de la ville de Québec et du fleuve Saint-Laurent.

Les données sur les déplacements interrives ne justifient pas la construction d'un troisième lien, plaident des organismes.

Photo : Getty Images / buzbuzzer

« On n'a pas besoin d'une ligne d'électricité de 735 000 volts pour faire marcher un grille-pain. C'est à peu près aussi démesuré que ça, le troisième lien. » Au-delà du tracé et de sa forme, des opposants au lien autoroutier projeté entre Québec et Lévis soutiennent que l'infrastructure est tout simplement inutile.

La Coalition avenir Québec (CAQ) présentera lundi les détails du futur Réseau express de la Capitale, dont certains éléments ont coulé cette semaine, notamment le tracé du tunnel Québec-Lévis.

Si plusieurs attendent d'avoir toute l'information en main avant de se prononcer, d'autres ont les idées très claires et n'ont pas besoin d'en savoir plus.

C'est le cas d'Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l'environnement (CRE) de la Capitale-Nationale. La comparaison avec le grille-pain haute tension est la sienne. C'est gaspillé des milliards pour rien, insiste-t-il. On n'a pas besoin de cette infrastructure-là.

Alexandre Turgeon, directeur général et vice-président exécutif du CRE de la Capitale-Nationale.

Alexandre Turgeon, directeur général et vice-président exécutif du CRE de la Capitale-Nationale

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Les chiffres

Qualifiant le projet de dogme, Alexandre Turgeon promet de livrer une bataille des faits et des chiffres à la CAQ. Un site Internet sera lancé en ce sens dès mardi. Le CRE passera à l'offensive aux côtés d'organismes comme Accès transports viables, Équiterre, la Fondation David Suzuki, Vivre en Ville et Trajectoire.

Selon eux, les promoteurs du troisième lien n'ont pas encore fait la démonstration des besoins justifiant la construction d'un nouveau lien autoroutier entre Québec et Lévis. Selon M. Turgeon, le gouvernement caquiste s'entête à ne pas se fier à la science en transports.

Lorsque les faits seront connus, M. Turgeon s'attend à ce que des citoyens de l'extérieur de la région de Québec se dressent contre le projet. Il évoque entre autres une majorité de la population du 450, en référence aux circonscriptions électorales du premier ministre François Legault et d'autres élus caquistes.

Il y a des questions fondamentales auxquelles le gouvernement devra répondre et pour lesquelles il refuse de regarder les chiffres.

Une citation de :Alexandre Turgeon, directeur général, CRE de la Capitale-Nationale

Il rappelle que la dernière Enquête Origine-Destination montrait que la majorité des déplacements interrives s'effectuaient d'ouest en ouest des deux villes, et non pas d'est en est.

Il est selon lui impossible de justifier une dépense aussi colossale pour les contribuables du Québec avec si peu d'usagers qui vont en bénéficier, d'autant plus que le réseau actuel n'est pas optimisé. Sur nos deux ponts, entre 6 h et 9 h, à l'heure de pointe, on est au deux tiers de la capacité, souligne M. Turgeon.

Le pont de Québec et le pont Pierre-Laporte en soirée.

Les ponts actuels ne sont pas pleinement exploités, selon Alexandre Turgeon.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Le CRE de la Capitale-Nationale avance aussi une dimension démographique pour plaider son opposition au projet.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, la proportion de la population de la Rive-Sud âgée de 18 à 65 ans, jugée active et plus susceptible de se déplacer pour le travail, selon Alexandre Turgeon, diminuera de 10 % au cours de la prochaine décennie.

Non seulement les besoins ne sont pas là aujourd'hui, mais ils vont être de moins en moins importants d'ici 2030-2035, c'est-à-dire à un horizon où le tunnel pourrait voir le jour, affirme-t-il.

Pour la Région métropolitaine de recensement de Québec, la part des 65 ans et plus passerait de 19 % à 27 % d'ici 2041, toujours selon l'Institut de la statistique.

Le tracé du tunnel Québec-Lévis.

Le tracé du tunnel Québec-Lévis a fuité cette semaine. Ses sorties seraient situées à ExpoCité, à Québec, et à la hauteur de la route Monseigneur-Bourget, à Lévis.

Photo : Radio-Canada / Google Earth

Prudence et réserves

Les discours étaient beaucoup plus prudents chez les politiciens municipaux interrogés par Radio-Canada, samedi.

D'abord, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a été avare de commentaires, préférant attendre la conférence de presse de lundi avant de livrer le fond de sa pensée sur le troisième lien. Il s'attend néanmoins à avoir des détails financiers. On veut savoir combien ça coûte, dit-il. Ensuite, on va être capables de mesurer le rendement de l'investissement.

Du côté de Jean Rousseau, de Démocratie Québec, la position de base n'a pas changé : Oui [au troisième lien] pour le transport collectif, non pour le transport autoroutier. Encore samedi, il avait bien des réserves sur la dimension automobile du projet et sur les impacts de sa construction sur le développement du secteur de l'autoroute Laurentienne.

Bruno Marchand, aspirant à la mairie et chef du nouveau parti Québec Forte et Fière, a répété les arguments plaidés plus tôt cette semaine. Son parti s'opposera au projet s'il favorise l'étalement urbain ou s'il congestionne davantage les quartiers centraux de Québec.

Outre le troisième lien, la CAQ devrait abattre ses cartes, lundi, sur le tramway, l'interconnexion entre les deux rives et le plan de desserte des banlieues. Le maire de Québec, Régis Labeaume, devrait assister à cette importante conférence de presse, tout comme Gilles Lehouillier, maire de Lévis.

Avec les informations de Camille Carpentier

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