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Des efforts déployés pour parler de vaccination avec les nouveaux arrivants

Une femme se fait vacciner dans un centre de Calgary.

Certains immigrants peuvent être réticents à se faire vacciner en raison des barrières linguistiques et de la désinformation (archives).

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Alors que la vaccination s’accélère au Bas-Saint-Laurent, où la couverture vaccinale est sur le point d'atteindre 50 %, certains nouveaux arrivants à Rimouski peuvent être réticents à se faire vacciner en raison des barrières linguistiques et de la désinformation qui circule sur les réseaux sociaux.

Des efforts de sensibilisation sont menés auprès des nouveaux arrivants issus de l’immigration, à Rimouski, en ce qui a trait à l’opération de vaccination contre la COVID-19.

On a vraiment un souci spécifique pour les réfugiés et pour les personnes immigrantes, témoigne Jocelyn Pelletier, porte-parole de la Table de concertation en immigration de Rimouski-Neigette. Que ce soit le CISSS ou les institutions scolaires, on fait l’apologie de la vaccination pour s’assurer qu’ils aillent se faire vacciner, explique-t-il.

L’organisme Accueil Intégration Bas-Saint-Laurent (AIBSL), agit à titre de courroie de transmission de l’information en provenance de la santé publique depuis les derniers mois. Or, informer les communautés ethnoculturelles comporte son lot de défis, selon Lamine Gueye, intervenant et responsable du jumelage interculturel chez AIBSL.

Le gros défi, c’est la connectivité. Est-ce qu’ils ont le wifi ou des données mobiles pour rester à l’affût, pour qu’on puisse leur transmettre les nouvelles informations de la santé publique ? Pas toujours, affirme-t-il.

L’organisme doit donc se présenter chez certaines personnes ou leur téléphoner périodiquement pour maintenir le contact.

Les intervenants doivent également composer avec le scepticisme de certains vis-à-vis de la vaccination.

Certains sont réticents en raison de ce qui se passe ou à cause de la mauvaise publicité. Mais la plupart veulent le vaccin, ne serait-ce que pour reprendre une vie normale, évoque M. Gueye.

Afin que les immigrants puissent avoir un consentement éclairé sur l’opération de vaccination, le ministère de la Santé et des Services sociaux (Nouvelle fenêtre) a ainsi traduit en plusieurs langues de la publicité, notamment en créole, en espagnol et en swahili.

AIBSL, allié de la santé publique

En constatant que les immigrants ne faisaient pas partie des groupes considérés comme vulnérables par la santé publique du Québec, AIBSL veut accompagner les néo-Rimouskois lors de leur inscription à la vaccination contre la COVID-19, de même que lors de leur déplacement vers les différents sites de vaccination, en collaboration avec le CISSS du Bas-Saint-Laurent.

Or, un dernier obstacle à la vaccination pour les nouveaux arrivants issus de l’immigration subsiste : certains réfugiés ne possèdent pas encore de carte d’assurance maladie.

Tous les immigrants ont le droit à avoir le vaccin gratuit sur le territoire; c’est universel.

Une citation de :Caroline Houle, directrice d’Accueil Intégration Bas-Saint-Laurent

Par contre, on doit adapter le processus pour les personnes qui n’ont pas la RAMQ. Donc, on est en train de regarder ça avec la santé publique pour voir quel type de service on peut leur offrir, ajoute la directrice de l’organisme.

Des difficultés d'adaptation

Caroline Houle répète par ailleurs que les nouveaux arrivants ont fait preuve de résilience depuis le début de la pandémie. Toutefois, certains ont vécu une grande détresse psychologique.

Il y a des gens qui avaient plus peur que nous parce qu’ils ont vécu des choses dans leur pays qui se rapproche d’une pandémie.

L’organisme témoigne des défis d’adaptation pour les néo-Rimouskois en raison des contraintes sanitaires en place.Et pour des cultures qui normalement se côtoient fréquemment, des fois c’est encore plus difficile, ajoute Mme Houle.

Des immigrants nouvellement installés à Rimouski rassemblés lors d'une fête.

Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent organisait avant la pandémie des activités durant l'année dont un Noël pour les nouveaux arrivants (archives).

Photo : Radio-Canada / Marie-Jeanne Dubreuil

La pandémie a fait d’énormes dégâts au niveau social, est d’avis Lamine Gueye. Les gens arrivent avec un degré de vulnérabilité qui est considérable parce qu’ils ont perdu énormément de liens, de proches, d’amis. Arrivés ici, ils doivent entamer une autre vie et construire un autre réseau social.

La baisse marquée de l’immigration, en raison de la pandémie, est la principale cause du ralentissement démographique au Québec. D’ailleurs, en 2020, seules 105 personnes immigrantes admises au Québec ont déclaré vouloir s’installer au Bas-Saint-Laurent, contre une moyenne annuelle de 165 personnes immigrantes entre 2016 et 2019, selon le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.

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