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Activités en plein air : mettons l'accent sur l'équité et l'accès, disent les experts

Très peu de sports sont autorisés en vertu de l’ordre de rester à la maison, qui vient d’être prolongé.

Une personne tient un ballon de basket et le lance dans un panier.

En Ontario, il est interdit d'utiliser les paniers de basketball, les buts de soccer et les terrains de tennis ou de baseball tant que l'ordre de rester à la maison ne sera pas levé.

Photo : iStock

Radio-Canada

Alors que l’Ontario est sous un ordre de rester à la maison, certains experts en santé et en pédiatrie estiment qu’un meilleur accès aux installations de loisirs en plein air devrait être priorisé.

Ils disent que les Ontariens doivent avoir accès à des façons abordables, inclusives et locales de sortir et faire de l'exercice.

Un homme, assis sur une chaise, portant des écouteurs sans fil, en vidéoconférence.

Le Dr Naheed Dosani, médecin aux soins palliatifs.

Photo : Zoom

Bon nombre des personnes dont je prends soin vivent dans des immeubles d'habitation denses. Ils ont de petits espaces intérieurs et n'ont pas le luxe d'une cour arrière, a déclaré le médecin de soins palliatifs Naheed Dosani.

Nous devons vraiment réfléchir à la manière de garder ces personnes en bonne santé physique et mentale, estime ce médecin qui milite depuis le début de la pandémie pour un système de santé plus équitable pour les populations les plus vulnérables de Toronto.

Le Dr Dosani espère que la province offrira bientôt à ses résidents un meilleur accès à des possibilités de loisirs.

Au mois d'avril, la province a autorisé l'ouverture des terrains de jeu pour les enfants, mais il demeure interdit d'utiliser les paniers de basketball, les buts de soccer et les terrains de tennis ou de baseball, sans parler des terrains de golf, qui sont fermés.

Le golf : ce sport au centre du débat

Un homme joue au golf au Loch March Golf & Country Club, à Ottawa.

Un homme joue au golf au Loch March Golf & Country Club, à Ottawa. (archives).

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Les golfeurs et les exploitants de clubs de golf affirment que faire du sport peut être sécuritaire. Ils disent qu'il est possible de jouer au golf tout en étant masqué et physiquement éloigné les uns des autres, que d'autres provinces autorisent actuellement ce sport et que les gens ne voyagent pas pour le pratiquer.

Ils cherchent à jouer sur leur terrain de golf local dans leur communauté d'origine, et ils le font pour avoir une pause qui améliorera leur santé physique et mentale, a déclaré le directeur général de l'Association de golf de l'Ontario, Mike Kelly.

Plusieurs médecins ont même donné le feu vert au golf et à de nombreuses autres formes d'exercice en plein air, estimant que le risque de transmission de COVID-19 est faible à l'extérieur.

Cependant, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, n'a pas voulu annoncer la réouverture de terrains de sport et de loisir extérieurs, cette semaine, lorsqu’il a annoncé le prolongement de l’ordre de rester à la maison jusqu’au 2 juin. Pour justifier sa décision, il a souligné que la province a régulièrement signalé plus de 2000 nouveaux cas de COVID-19 par jour, et que de nombreuses unités de soins intensifs sont toujours débordées de patients atteints de la maladie.

Doug Ford en conférence de presse.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Je parle à mes copains qui sont golfeurs. Je sais ce qui se passe, a déclaré Doug Ford, jeudi.

Ils passent prendre un autre copain, puis deux ou trois. Ils sortent, ils vont jouer au golf, puis après avoir joué, ils reviennent et ils prennent un coup ensemble. C'est ça le problème.

Une citation de :Doug Ford, premier ministre de l’Ontario

M. Ford a déclaré qu'il songera à rouvrir les installations de loisirs en plein air d'ici le 2 juin et qu’il était au courant que certains terrains de golf ont même ouvert leurs portes au public, contrevenant à l’ordre de fermeture émis par la province.

Une meilleure équité en accès aux loisirs

De son côté, le Dr Dosani exige que les plans de réouverture en matière de sports extérieurs ne se concentrent pas uniquement sur le golf — un sport qui implique des frais élevés, qui nécessite souvent une adhésion à un club, et qui n'attire pas toujours les jeunes.

Compte tenu de ce que nous avons appris sur cette pandémie et sur son impact disproportionné sur les personnes vivant dans la pauvreté et les communautés racisées, c’est assez décevant qu'il y ait eu un tel plaidoyer autour d'un sport comme le golf, a déclaré le Dr Dosani.

Cela indique probablement qui a la voix la plus forte dans des moments comme celui-ci, et qui a les ressources pour plaider.

Une citation de :Dr Naveed Dosani, médecin en soins palliatifs

S'il est important de rester à la maison pour freiner la propagation de la COVID-19, cela ne signifie pas que toute activité physique doit être réduite, a déclaré une porte-parole de ParticipAction, une organisation nationale à but non lucratif dédiée à l'activité physique.

Marcher, faire de la randonnée, du vélo, du tennis, du basketball et simplement avoir accès à un espace vert ouvert peut être sécuritaire, selon la Dre Leigh Vanderloo de ParticipAction.

Nous ne rendons pas service aux Ontariens en interdisant l'accès à tous ces différents types d'installations récréatives et sportives à l'extérieur, a-t-elle déclaré.

Elle souligne que l'attente prolongée pour permettre le retour aux loisirs est particulièrement difficile pour les communautés marginalisées, ou ceux et celles qui vivent dans de petites résidences sans cour arrière.

Les enfants ont également besoin d'un retour aux loisirs, a déclaré la Société canadienne de pédiatrie. Elle exhorte la province à rouvrir immédiatement les espaces de loisirs extérieurs ou à produire des données montrant que les sites sont une source de transmission de virus depuis des semaines.

La Société a écrit au premier ministre ontarien le 7 mai pour exiger la réouverture des installations de sport extérieures, et elle affirme que cela aiderait un grand nombre de jeunes qui se sentent en détresse et aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Avec les informations de Tara Deschamps et de John Chidley-Hill de La Presse canadienne

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