•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Opération policière à Moncton : un expert analyse les communications de la GRC

Un policier armé parle au téléphone.

La GRC confirme que des coups de feu ont transpercé un véhicule à Moncton, au Nouveau-Brunswick, jeudi.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Radio-Canada

Le public en sait encore très peu sur l’opération de la GRC qui a eu lieu au centre-ville de Moncton jeudi. Selon un expert en mesures d'urgence, les autorités policières devraient mieux communiquer avec les médias et le public lors de ce type d'événements.

Jeudi matin, un message a été envoyé au public par le biais du système En alerte vers 10 h 15 demandant aux personnes habitant près du boulevard Millénium, de la promenade Killam et de la promenade Russ Howard de rester à l’intérieur et de ne pas s’approcher de leurs fenêtres.

Des écoles ont été placées en confinement préventif et un important dispositif policier a été déployé.

L’alerte a été levée peu après 18 h, sans que personne ne soit arrêté.

Le spécialiste en mesures d'urgence et conseiller principal chez Prudent groupe conseil, Daniel Dancause, affirme que lancer une alerte et boucler un secteur pour s'assurer de la sécurité de la population était le bon choix.

De toute évidence, l'alerte s'est bien passée et a été transmise très rapidement de façon massive et cela, c’est parfait, dit-il.

Message en alerte: Les résidents, écoles, entreprises et autres dans le secteur doivent verrouiller leurs portes et rester à l'abri chez eux, loin des fenêtres.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La GRC demande à la population de verrouiller leurs portes et de rester à l'intérieur dans la région du parc du Centenaire.

Photo : Radio-Canada

Ce qui a fait défaut selon ce spécialiste, c'est que la GRC n'a pas bien communiqué l'information durant les événements et n'a offert que très peu d'informations après que l'alerte ait été levée vers 18 h.

Pour Daniel Dancause, une seule annonce, huit heures plus tard, indiquant que les gens de ce secteur pouvaient à nouveau circuler librement, ce n’est pas assez. La question c’est : est-ce que la menace court toujours dans les rues ?, dit-il. L'absence de communication peut créer des doutes dans la population.

Il aurait été nécessaire comme cela se fait ailleurs qu'un agent de communication relaie l'information aux médias en entrevue tout au cours de la journée et surtout fasse une mise au point une fois l'alerte levée.

Une citation de :Daniel Dancause, spécialiste en mesures d'urgence et conseiller principal chez Prudent groupe conseil

Il précise néanmoins qu’il est normal que les policiers ne veuillent pas trop donner d'éléments d'enquêtes, pour ne pas nuire à leur sécurité.

Mais Daniel Dancause est catégorique : comme dans toutes les grandes villes du Canada, dans ce cas-ci, on aurait dû avoir un agent relationniste.

Moncton fragilisée depuis 2014

En 2014, la population de Moncton a vécu des événements traumatisants alors qu’une fusillade et une chasse à l'homme ont coûté la vie à trois agents de la GRC.

À cet égard, je crois que les autorités devraient comprendre la fragilité de cette population là encore et mettre des efforts, souligne Daniel Dancause. C’est d'être attentif aux besoins d’une population qui a vécu des événements traumatisants.

Monument commémoratif des trois agents de la GRC à Moncton.

Monument commémoratif des trois agents de la GRC abattus le 4 juin 2014 à Moncton, au Nouveau-Brunswick. La photo a été prise le 20 avril 2020.

Photo : Radio-Canada / Guy R. Leblanc

Quand le centre ville est bouclé, que le déploiement policier est important, qu'on demande aux résidents de rester à l'intérieur, que les écoles sont fermées, une communication fréquente durant et après les événements est essentielle, croit-il.

Il ajoute que les lacunes enregistrées au niveau de la communication cette semaine peuvent avoir des conséquences sur la confiance des citoyens envers la GRC.

Un sentiment de déjà vu : déjà, dans la province voisine, de nombreuses plaintes liées aux communications de la GRC de la Nouvelle-Écosse ont également été enregistrées depuis un an, à la suite de la pire tuerie de masse de l'histoire moderne du Canada.

Une femme en bordure de la route montre son affiche sur laquelle est écrit « Réponses, réponses, réponses ».

Des familles des victimes et des personnes touchées par la tragédie d'avril 2020 ont marché à Bible Hill, en Nouvelle-Écosse, le 18 avril 2021, pour rappeler que la GRC leur devait des réponses au sujet de leur réaction lors de la tuerie.

Photo : CBC / Shaina Luck

Si les citoyens sont gardés dans le noir, le lien de confiance peut être brisé avec la population suivant un scénario semblable dans l'avenir, croit Daniel Dancause.

De plus, la désinformation, notamment sur les médias sociaux, risque de circuler davantage quand l'information n'est pas donnée par les autorités, ce qui peut aussi nuire à la sécurité sociale.

Alors que le Service régional de Codiac de la GRC confirme que des coups de feu ont transpercé un véhicule à Moncton, l’enquête est toujours en cours.

Toute personne détenant des informations est invitée à communiquer avec la GRC en composant le 506 857-2400.

Avec les informations de Sophie Desautels

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !