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Transformer un autobus en maison mobile: le projet « vanlife » d’un couple de Gatineau

Jaja Plouffe et son conjoint ont acheté un autobus voyageur Greyhound qu'ils ont l’intention de transformer en véhicule récréatif - pour parcourir les routes de l'Amérique du Nord.

Montage photo de Jaja Plouffe, son conjoint Martin et d'un autobus.

Certains voyagent à pied ou en vélo avec un simple sac sur le dos. D'autres enchaînent les vols d’avion ou font de l’auto-stop. Jaja et Martin, eux, ont choisi la « vanlife ».

Photo : Radio-Canada / Facebook/Jajadabus / Jonathan Dupaul

Jaja Plouffe et son conjoint Martin ne sont pas reconnus pour faire les choses à moitié. Imaginez, Jaja a déjà eu le projet fou de vivre sur un catamaran dans les eaux turquoise des îles Vierges britanniques. Alors quand est venu le temps de planifier leur « road trip » dans toute l'Amérique du Nord, ce n'est pas dans un véhicule ordinaire qu'ils ont choisi de se déplacer, mais bien dans un autobus voyageur converti en méga condo de luxe. Rien de moins!

Certains voyagent à pied ou en vélo avec un simple sac sur le dos. D'autres enchaînent les vols d’avion ou font de l’auto-stop. Jaja et Martin, eux, ont choisi la vanlife — le camping nomade, comme il est convenu de nommer cela en français — version de luxe.

Ça va être tellement beau! J’ai vraiment, vraiment hâte.

Une citation de :Jaja Plouffe

Ils ont acquis un autobus voyageur de seconde main et depuis mai, ils s’affairent à le transformer en petite maison mobile. Ils ont arraché tout l’intérieur, les bancs, les porte-bagages et même les toilettes. 

Le but est d’y installer une salle de bain complète avec une douche deux places, un gros lit, une belle grande cuisine et un îlot assez grand pour recevoir de la visite , a expliqué Jaja Plouffe, en entrevue à l’émission Les Malins.

Voyager confortablement

Jaja et Martin ont l’intention de se lancer sur les routes de toute l’Amérique du Nord à bord de leur autobus, baptisé le « Jajadabus ». La date de départ est prévue pour le 1er juin 2022.

Ils vont traverser les États-Unis d’est en ouest jusqu’en Colombie-Britannique. De là, ils se rendront en Californie, visiteront le Midwest américain et, ensuite, prendront la direction du Mexique.

Un projet de longue haleine qui, pour être agréable, exige un moyen de locomotion  confortable, semble indiquer Jaja. Les Airbnb et les hôtels, ça ne nous tentait pas, mais vraiment pas, a-t-elle lancé lorsqu’interpellée sur le sujet.

Martin est venu avec l’idée de l’autobus. Au début, on pensait à un petit autobus scolaire, puis après à un gros. On a fait des brainstorms et on a écouté des capsules sur YouTube. Et à un moment donné, on est arrivé avec ce gros plan-là!

Mosaïque photo de Jaja Plouffe, son conjoint Martin et leur autobus.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jaja Plouffe et son conjoint ont acquis un autobus voyageur de seconde main et ils s’affairent à le transformer en petite maison mobile.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Maison mobile égale liberté

Projet de fou, dites-vous? Pas vraiment. Le camping nomade a beaucoup évolué au cours des années. On est loin des campeurs sans le sou, style hippie, qui vivent littéralement dans leur véhicule et qui roulent d’un emplacement à l’autre sans but précis.

De nos jours, les nomades qui en ont les moyens voyagent de façon glamour dans des véhicules totalement convertis, qui n’ont rien à envier à une  chambre d’hôtel.

Il y a moyen de construire des maisons sur n’importe quel type de roues , a expliqué Dominic Faucher, directeur de création à l’agence de publicité marketing Orkestra. « Il suffit de faire une recherche en ligne sur des sites comme Pinterest. Il est possible de passer de microconversion — 12 ou 16 pieds carrés — à des super larges conversions comme des autobus. Il y en a même qui vont convertir des semi-remorques et des 18 roues! » 

C’est le goût de la liberté , a-t-il expliqué à propos de ce style de vie. Quand tu as toute ta maison avec toi sur quatre roues, que tu peux l’emmener où tu veux et que tu peux aussi emporter ton travail avec toi. [...] C’est possible de vivre normalement dans un 60 pieds carrés qui se déplace à peu près n’importe où.  

C’est le meilleur des deux mondes.

Une citation de :Dominic Faucher

Dominic Faucher parle d’expérience. En 2020, en compagnie de sa copine, il a traversé tout le Québec dans une vieille ProMaster transformée en maison mobile prénommée « Vanessa [lire Vanessaw] ». L’expérience fut à ce point concluante qu’il récidivera cette année, mais cette fois dans un véhicule flambant neuf.

Mosaïque photo de Jaja Plouffe, son conjoint Martin et leur autobus en construction.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

De nos jours, les nomades qui en ont les moyens voyagent de façon glamour dans des véhicules, totalement convertis, qui n’ont rien à envier à une chambre d’hôtel.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Ce n’est pas cheap!

Les campeurs nomades, à l’instar de M. Faucher, font souvent référence à un sentiment d’indépendance et d’évasion. Il faut savoir que ce style de vie a un prix qui peut facilement atteindre les dizaines de milliers de dollars, a précisé Jaja Plouffe. En effet, un autobus comme le sien peut coûter jusqu’à 35 000 $.

Par la suite, il faut dire la vérité , a-t-elle enchaîné. Remplir un 45 pieds, même si je recycle plein de choses, côté éventaire [NDLR : panneau solaire, batterie, etc.] et que je mets mon véhicule à la guise de la SAAQ, on figure qu’on déboursera 20 000 $ juste en équipement Amazon et VR.

Une conversion peut coûter jusqu'à 30 000 $ de matériel.

Une citation de :Dominic Faucher

Les campeurs nomades doivent aussi composer avec toutes sortes de réglementations entourant le camping dit sauvage dans les lieux publics. Gaspé interdit depuis tout récemment de camper sur ses plages publiques.

Un nomade non averti peut devoir payer des contraventions assez salées.

Pour avoir passé beaucoup de temps en Amérique du Nord, autant dans l’est que dans l’ouest, je peux dire que l’Ouest canadien et américain est plus propice à la vanlife, a remarqué Dominic Faucher. 

Il y a beaucoup de territoires et de BLM (Bureau of Land Management) qui permettent aux gens de prendre leur véhicule et de se stationner là 14 jours ou 30 jours. Les gens peuvent faire à peu près ce qu’ils veulent : dormir, manger, camper, etc., et ça ne coûte souvent pas grand-chose.

Toutefois , a-t-il poursuivi, plus on va à l’est, plus il y a de législation par les municipalités, les provinces et le fédéral sur comment on utilise le territoire. Personnellement, j’ai beaucoup de difficulté à faire du vanlife au Québec versus en Arizona, mettons!

Ironiquement, au même moment où les municipalités resserrent leurs règles, le mouvement nomade — en raison de la pandémie — est en pleine explosion. Dominic Faucher comprend de ce fait la nécessité de devoir l’encadrer.

Ça va être pour le bien commun de réglementer la vanlife au Québec parce que la vague qui s’en vient va être immense, voire phénoménale. Ça va être le bordel, partout, si on ne fait rien, prédit-il.

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