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COVID-19 : Que peut-on faire (et ne pas faire) après une 1re dose de vaccin?

Alors que le Canada se rapproche des 18 millions de doses de vaccin administrées, le nombre de personnes ayant reçu une seconde dose n’atteint pas encore le million et demi.

Vaccin BioNTech/Pfizer contre la COVID-19.

Un employé de la santé extrait le vaccin BioNTech/Pfizer d'un flacon avec une seringue.

Photo : Getty Images / JOHANN GRODER

Si l’accélération des campagnes de vaccination apporte un vent d’espoir au pays, il est important de rappeler qu’après une première dose de vaccin l’immunisation n’est ni immédiate ni complète. Petit survol de ce que l’on peut faire après une première dose de vaccin contre la COVID-19.

Entrevue avec le Dr Jérôme Leis, chef de la prévention et du contrôle des infections de l'hôpital Sunnybrook, à Toronto.


Q : Je me fais vacciner ce soir. Qu’est-ce que ça change concrètement pour moi demain?

R : C’est une très bonne nouvelle, vous pouvez vous réjouir à l’idée qu’en vous faisant vacciner vous contribuez à la lutte contre la COVID-19. C’est vraiment la vaccination qui va éventuellement nous faire sortir de cette pandémie. Mais c’est sûr qu’à court terme, ça ne change pas grand-chose dans votre vie de tous les jours. On est en plein milieu d’une troisième vague, notamment à Toronto, avec un ordre de rester à la maison en place jusqu’au début de juin. Même si une personne a reçu sa première dose, les mêmes mesures sanitaires s’imposent.


Q : Une certaine immunité va se développer après la première dose. Est-ce qu’il y a une différence à ce chapitre entre les vaccins d'AstraZeneca, de Moderna et de Pfizer?

R : Il n’y a pas beaucoup de différence entre les différents vaccins. La protection maximale de la première dose est en général atteinte au bout de trois semaines.


Q : Après ces trois semaines, est-ce que je peux faire un câlin à un proche, par exemple, ou recevoir des gens dans mon jardin pour faire un barbecue?

R : Les mesures sanitaires sont très strictes en ce moment, il n’y a pas d’exception, malheureusement. Les foyers ne sont pas censés se rassembler entre eux. Il y a un ordre de rester à la maison. Les exceptions pour sortir, c’est pour faire de l'exercice et pour le travail essentiel. Mais ça va changer. Après le mois de juin, je pense qu’on va déconfiner peu à peu.


Q : Si on ne parle que de transmission de virus et si on met de côté les restrictions sanitaires, est-ce que la première dose nous protège un peu plus que si on n’avait pas eu de vaccin?

R : C’est sûr que le vaccin diminue le risque de transmission. Ça réduit le risque pour vous de développer des symptômes légers et des symptômes graves, ça diminue votre risque d’être hospitalisé si vous êtes infecté et ça réduit en plus le risque de transmission à vos proches. Ce bénéfice est encore plus important après deux doses. Après une dose, il y a encore un risque de transmission qui existe.


Q : Combien de temps après la deuxième dose peut-on se sentir plus libre dans notre façon de vivre?

R : On considère une personne comme complètement vaccinée deux semaines après qu’elle a reçu sa deuxième dose. À ce moment-là, on sait qu’on a une protection maximale, et c’est dans ce contexte, je pense, qu’on aura des recommandations qui permettront à ces personnes d’avoir plus de liberté.

Un homme avec un badge répond en entrevue avec Radio-Canada devant l'hôpital où il travaille.

Le Dr Jérôme Leis, chef de la prévention et du contrôle des infections de l'hôpital Sunnybrook, à Toronto

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle


Q : Est-ce qu’on sait présentement quel type de vaccin pourra être donné en deuxième dose aux personnes ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca? Est-ce que la deuxième dose pourrait provenir d’un vaccin différent de la première?

R : En ce moment. on attend les résultats d’un essai clinique très important en Angleterre, où les chercheurs ont étudié différents vaccins en combinaison. Ceux qui ont reçu AstraZeneca, par exemple, est-ce qu’il pourront recevoir Pfizer ou Moderna en deuxième dose? On aura cette réponse dans les prochaines semaines. On sait déjà que c’est sécuritaire de changer de vaccin, mais on ne connaît pas encore l’efficacité. Est-ce que ça peut nuire à la réponse immunitaire? Est-ce qu’elle sera semblable ou encore meilleure? Ça reste à voir. Pour l’instant, la recommandation, c’est que les gens reçoivent une deuxième dose du même vaccin, mais j’imagine que ça pourrait changer.


Q : Donc, on doit attendre deux semaines après la deuxième dose et après on peut aller danser dans les bars?

R : (Rires) Pas tout à fait. On verra pour les bars et les restaurants, on va y aller tout doucement, mais c’est certain que les gens complètement vaccinés pourront se rassembler, sans masque, avec des amis, si tout le monde est vacciné. Je pense qu’on va continuer à porter des masques dans les endroits publics parce qu’on ne peut pas savoir qui est vacciné et qui ne l’est pas. Il faut avoir des mesures standardisées, mais de façon générale, oui, les gens pourront reprendre une vie un peu plus normale.


Q : Qu’est-ce que vous voulez dire aux gens qui ont reçu une première dose, qui se sentent plus protégés et qui pourraient se montrer plus laxistes en ce qui concerne le respect des règles sanitaires?

R : D’abord, merci d’avoir reçu votre première dose, vous contribuez à la lutte contre la COVID-19, vous avez fait votre part, vous êtes à la première étape pour être mieux protégés et pour mieux protéger les autres. Mais ce n’est pas la fin, on sait que le risque de transmission n’est pas à zéro : on peut mettre les autres à risque, on peut se mettre à risque. Alors, il faut un peu de patience, attendre quelques semaines de plus, attendre qu’on sorte de cette troisième vague.


Q : Mais ça peut prendre plusieurs mois pour obtenir une deuxième dose. Est-ce que ça veut dire qu’on ne pourra pas socialiser avant cela?

R : Je comprends la frustration des gens, mais une chose qui est très encourageante à cet égard, c’est que l'approvisionnement en vaccins va vraiment s’améliorer. Enfin! Donc, on verra, mais je pense qu’on va accélérer l’offre des deuxièmes doses. Seize semaines, c’est le maximum, mais il y aura peut-être moyen d’être vacciné plus tôt. En fonction des approvisionnements, j’ai espoir que la majorité de la population aura reçu les deux doses cet été et qu’on pourra avoir des rassemblements un peu plus normaux en août, si ce n’est pas en juillet.


Q : Le mot de la fin?

R : Il faut saisir l’occasion de se faire vacciner. Si on ne la saisit pas, on ne pourra pas se plaindre. D’ici la fin de l’été, j’espère qu’au moins de 60 % à 70 %, et même au-delà, de la population aura été vaccinée. Si ce n’est pas le cas, ce sera parce que les gens auront choisi de ne pas être vaccinés, et ça, ce serait vraiment décevant. On a vraiment une chance en or d'améliorer la situation. L’occasion est devant nous.

Les réponses et les questions de cette entrevue ont été raccourcies par souci de clarté.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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