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Analyse

Un court répit pour Jason Kenney

Le premier ministre albertain, Jason Kenney, à l'Assemblée législative.

La députation du Parti conservateur uni de l'Alberta, mené par le premier ministre Jason Kenney, a connu une semaine pénible.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Après des semaines de révolte de plus en plus ouverte, c’était devenu inévitable. Deux députés conservateurs ont été expulsés du caucus de Jason Kenney. Si ces départs donnent un peu de répit au premier ministre albertain, il n’est pas arrivé au bout de ses peines.

D’abord, parce que Drew Barnes et Todd Loewen siègeront toujours comme indépendants et continueront plus que jamais à critiquer le gouvernement. Leurs attaques ne viendront plus de l’intérieur, mais elles trouveront encore écho auprès d’une partie de l’électorat le plus à droite, qui estime que Jason Kenney est allé trop loin avec les mesures sanitaires.

Ces élus jouissent aussi d’une certaine notoriété en Alberta. Tous deux issus de l’aile la plus à droite du mouvement conservateur et de l’ancien Parti Wildrose, ces vétérans figuraient parmi la liste des 17 députés conservateurs qui jugeaient excessives les restrictions sanitaires du gouvernement.

Jusqu’à jeudi, Todd Loewen, qui avait carrément demandé la démission de Jason Kenney, était aussi le président du caucus. Un rôle influent qui a permis à ce député d’une circonscription rurale d’établir des liens avec tous ses collègues.

Après s’être fait montrer la porte, les deux élus ont dit avoir toujours des appuis parmi leurs (anciens) collègues, et il n’est pas exclu que d’autres députés soient tentés d’aller les rejoindre chez les nouveaux indépendants.

Si la pandémie est venue accentuer des lignes de fracture entre anciens du Wildrose et du Parti progressiste-conservateur, Todd Loewen évoquait cette semaine des problèmes antérieurs à la COVID-19 pour exiger le départ de son chef. Il accusait Jason Kenney de diriger un gouvernement devenu arrogant et déconnecté, qui n’écoute plus la voix des membres du caucus.

Même si ce sont les membres du caucus qui ont voté pour l’exclusion de leurs collègues, cette sortie douloureuse risque d’avoir déplu à bon nombre de députés, notamment ceux qui avaient critiqué les mesures sanitaires. Rien pour améliorer les relations tendues entre Jason Kenney et son caucus, que décrivait Todd Loewen.

La suspension des travaux parlementaires a été prolongée d’au moins une semaine. Si, officiellement, Jason Kenney évoque la prudence liée à la pandémie pour ne pas réunir tous les députés à l’Assemblée législative, la perspective de croiser des membres mécontents de son caucus n’est peut-être pas étrangère à cette décision. Surtout après la semaine pénible que vient de traverser la députation conservatrice.

Encore du pain sur la planche

Avec le départ de ces deux membres du caucus, Jason Kenney écarte une distraction gênante, mais même une fois les chicanes internes mises de côté, la liste des défis qui attendent le premier ministre demeure longue.

La vaccination va bon train, mais le nombre d’hospitalisations reste élevé et le système de santé pourrait mettre des mois à rattraper le retard causé par le délestage. Sans parler du chômage et de la reprise économique qui se fait attendre depuis des années, après la chute du prix du pétrole. Autant de munitions dont va continuer de se servir l’opposition néo-démocrate menée par Rachel Notley.

Tous les récents sondages rappellent que le Nouveau Parti démocratique a le vent dans les voiles, de quoi prouver que les électeurs ne craignent plus comme avant les néo-démocrates. Au pouvoir de 2015 à 2019, le gouvernement Notley a laissé un souvenir qui est encore frais dans la mémoire des Albertains. Pour l’instant, la perspective de redonner les rênes de la province au NPD est la plus attrayante pour une majorité d'électeurs.

Chez les conservateurs, l’impression de désordre et les messages contradictoires du chef et d'une partie du caucus n'auront rien fait pour rassurer les Albertains à la recherche d’un gouvernement stable et capable de maîtriser la situation au moment de traverser une crise.

Non vraiment, même si Jason Kenney arrive enfin à mettre le couvercle sur la marmite dans son camp, il n’est pas arrivé au bout de ses peines. Heureusement pour lui, les prochaines élections ne sont que dans deux ans.

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