•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les éoliennes, une source d'énergie verte difficile à recycler

Paysage du sud de l'Alberta avec une éolienne en premier plan à côté d'un ascenseur à grain et les montagnes Rocheuses en arrière-plan

Le gouvernement albertain s’est engagé à augmenter à 30 % sa production d’électricité provenant de sources renouvelables d'ici 2030.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

De l’Amazonie brésilienne aux fermes de cannabis albertaines, des entreprises et des chercheurs rivalisent d’ingéniosité pour créer des pales d’éoliennes plus faciles à recycler.

Comment construire des pales d'éoliennes qui ne se transformeront pas en déchets lorsqu'elles seront trop vieilles? C’est la question sur laquelle se penchent de plus en plus d’acteurs de l’industrie éolienne, comme David Wood, professeur en énergies renouvelables au Département de génie mécanique et de fabrication de l’Université de Calgary.

Il prête main-forte à des chercheurs de l'Université fédérale du Pará, au Brésil, pour tenter de créer des pales faites avec le pétiole du palmier-bâche, un arbre qui pousse dans la forêt amazonienne.

Ce pétiole a une très faible densité, ce qui est très intéressant, explique-t-il.

Cette région est tellement biodiversifiée. Il y a un large éventail de matériaux potentiels à étudier. Ces matériaux pourraient entre autres remplacer la fibre de verre utilisée pour renforcer les pales, précise le chercheur.

Un besoin grandissant

Le directeur des opérations de l’Association canadienne de l'énergie renouvelable, Phil McKay, explique que les pales actuellement fabriquées sont constituées de matériaux composites à base de fibres de verre ou de carbone, ce qui rend leur recyclage extrêmement difficile.

Les pales en fin de vie terminent donc souvent dans des sites d’enfouissement.

Il s'agit de matériaux inertes. Il n'y a donc pas vraiment de décomposition ou de fuites [dans le sol]. Le problème, c'est plutôt l'espace qu'elles prennent dans les sites d'enfouissement, explique Phil McKay.

Selon l’Association canadienne de l’énergie éolienne (CanWEA), l’Alberta représente le troisième marché éolien au Canada, avec plus de 900 éoliennes fournissant environ 7 % de la demande en électricité de la province.

La durée de vie des éoliennes est généralement d’une vingtaine d'années.

Éoliennes dans un champ.

Des éoliennes à Saint-Léandre, au Québec

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Pour le moment, les parcs éoliens de l'Alberta sont encore jeunes, ce qui fait que la province n’a pas encore eu à se débarrasser de grands volumes de pales d’éoliennes.

Le seul parc à avoir été démantelé jusqu’à présent est celui situé à Cowley Ridge près de Pincher Creek, dans le sud de la province.

Phil McKay croit cependant que la situation pourrait changer d’ici environ trois à cinq ans.

Nous allons devoir trouver des solutions de rechange parce que le volume [de pales] va augmenter dans les années à venir.

Une citation de :Phil McKay, Association canadienne de l'énergie renouvelable

Il ajoute que le Canada compte actuellement environ 6800 éoliennes.

Éoliennes et cannabis

L’entreprise Zila Works, enregistrée en Alberta et établie dans l’État de Washington, fait quant à elle équipe avec des producteurs de cannabis albertains pour créer une résine époxyde biologique à base de chanvre industriel.

Les résines sont comme la colle qui unit les différents plastiques industriels utilisés dans les pales d’éoliennes, explique le cofondateur et PDG de Zila Works, Jason Puracal.

Il espère que la résine à base de chanvre de son entreprise remplacera bientôt les résines faites à base de pétrole et d’autres produits chimiques qui sont généralement utilisées dans la fabrication d’éoliennes.

En plus d’avoir le potentiel d’être recyclable, dit-il, cette résine est meilleure pour l'environnement et ne nuit pas à la santé.

Rectificatif : Une version précédente de ce texte mentionnait que la résine développée par l’entreprise Zila Works est recyclable. L'entreprise est plutôt en train de développer cet aspect de son produit.

Beaucoup des technologies créées pour permettre à notre économie de s’éloigner des énergies fossiles contiennent des produits faits à base de pétrole ou de carbone. C’est un paradoxe malheureux, ajoute-t-il.

De son côté, l'équipe de chercheurs brésiliens avec laquelle collabore David Wood travaille à la fabrication de petits prototypes de pales faites avec le palmier-bâche.

Je suis très emballé parce que ce je crois que ce matériau a beaucoup de potentiel. On peut aussi se le procurer de manière durable, conclut David Wood.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !