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Critique de crowd, un recueil de poésie sur la faune musicale montréalaise

Une femme est transportée par plusieurs personnes qui la tiennent au bout de leurs bras dans un concert extérieur.

L'écrivaine et animatrice Jolène Ruest se laisse porter par la foule, en pleine séance de « crowd surf ».

Photo : Page Facebook de Jolène Ruest - Critique de crowd

Radio-Canada

La romancière Jolène Ruest a lancé le mois dernier un recueil de poésie intitulé Critique de crowd : promenade nocturne du mosh pit aux nids-de-poule. Elle y rend un hommage à la scène musicale montréalaise et livre une analyse de la faune nocturne qui l’habite.

En entrevue avec Katerine Verebely, chroniqueuse culturelle au 15-18, la jeune écrivaine explique que son recueil est calqué sur Critique de crowd, une émission qu’elle a animée pendant six ans sur les ondes de CISM, guidée par le souhait de rapporter ce qu’elle observait dans les différentes foules des spectacles auxquels elle assistait.

Je prenais des notes des comportements dans la foule. Des mosh pits [cercles de danse assez intenses], des stage dives [des sauts à partir de la scène]... Oui, j’étais dans des spectacles où il fallait que ça bardasse un minimum, explique-t-elle en évoquant l’époque où elle voyait plusieurs spectacles par semaine.

J’ai aussi vu des spectacles à l’OSM et regardé comment les gens étaient attentifs, les types d’applaudissements… Il y a toujours quelque chose à regarder comme comportement social par rapport au type de musique.

Transposer en mots l'énergie des arts vivants

Celle qui a déjà publié deux romans – Monogamies et Les danseurs étoiles parasitent ton ciel – a trouvé tout naturel de transposer ses observations en poèmes, qui sont ici appuyés par les clichés de la photographe Camille Gladu-Drouin.

Pour moi, c’est comme une continuité logique, de sortir le recueil. [Les gens de] la maison d'édition avec laquelle je travaille, je les ai connus avec Critique de crowd. Ce sont des fans de rock, et c’est comme ça qu’on s’est connus.

Cette exploratrice des bars et salles de spectacle a choisi des mots évocateurs pour plonger les lecteurs et lectrices dans ces soirées torrides qui animaient le Montréal prépandémie.

Sans pyrotechnie ni poudre aux yeux, le diable se démène dans l’eau bénite. C’est tough pareil de brûler des planches mouillées, écrit-elle dans un passage du recueil, en faisant allusion aux groupes qui assurent les premières parties des spectacles, avec la tâche ingrate de préparer le terrain pour l’artiste principal devant une foule qui souvent ne les connaît pas.

Une pointe lancée contre la Ville

Vers la fin du recueil, l’autrice en profite pour écorcher au passage le gouvernement, la Ville de Montréal et le manque de financement qui plombe les lieux de diffusion.

Il y a un poème qui vise plus particulièrement le Quartier des spectacles. Je suis encore amère de la fermeture des Katacombes, avoue celle qui souligne que c’est grâce à la COVID-19 que les salles indépendantes ont reçu, pour la première fois, du financement pour payer leurs frais fixes.

Un manque de vitalité qu’elle attribue notamment à l'embourgeoisement et à des plans d’urbanisation déficients. On se dit une ville culturelle, ce serait le fun qu’on l’applique.

Avec les informations de Katerine Verebely, chroniqueuse culturelle à l'émission Le 15-18.

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