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Hausse des demandes pour l’aide médicale à mourir en Abitibi-Témiscamingue

Des mains enlacées sur un lit d'hôpital.

Les demandes d'aide médicale à mourir étaient en hausse en 2019-2020 en Abitibi-Témiscamingue. (archives)

Photo : iStock

Le nombre de personnes bénéficiant de l’aide médicale à mourir en Abitibi-Témiscamingue est en constante augmentation. En 2019-2020, 24 personnes ont bénéficié de l’aide médicale à mourir, soit presque le double de l’année précédente, avec 13 personnes.

Marielle Piché et Ruth Barrette s’estiment chanceuses d’avoir accompagné leur amie à travers ce processus d’aide médicale à mourir.

Une expérience qui a littéralement changé leur façon d’envisager la mort.

Leur amie souffrait d’un cancer du poumon depuis cinq ans et a choisi de bénéficier de l’aide médicale à mourir.

Quand elle nous en a parlé, sa décision était prise, c’était définitif, elle avait vécu les deuils de ses parents et d’autres personnes dont elle avait pris soin et elle ne voulait pas revivre ça elle-même, car elle savait comment c’était dur les derniers moments, affirme Ruth Barrette.

Elle a toujours dit qu’en prenant cette décision-là, elle se faisait un cadeau. Cinq ans de cancer, ce n’est pas une bataille qu’elle a perdue selon moi, c’est le paradis qu’elle a gagné, ajoute Marielle Piché.

En plus de s’éviter beaucoup de souffrances, les deux femmes assurent que leur amie y a vu plusieurs avantages. Elle a notamment pu dire au revoir à tout le monde et a reçu beaucoup de beaux mots de différentes personnes.

Ces mots, souvent, sont reçus par nos proches lorsqu’on meurt, mais c’est elle qui les recevait avant de s’en aller, affirme Marielle Piché.

Elle nous avait bien préparées, c’était extraordinaire la sérénité qu’il y avait entre nous trois lorsque le processus a eu lieu et juste avant. On est sorties de là en paix, c’était spécial ce qu’on a vécu, affirme Ruth Barrette.

Ça enlève un peu la crainte qu’on peut avoir aussi, car ce n’est pas mourir la crainte en fait, mais cette souffrance qu’on peut vivre avant.

Une citation de :Marielle Piché

Les deux dames aimeraient que l’aide médicale à mourir soit moins tabou et plus acceptée dans la société.

Le problème souvent, c’est que les gens autour de toi ne veulent pas que tu partes, ils veulent te garder le plus longtemps possible. Certains considèrent que c’est une euthanasie ou un suicide, mais il faut que tu penses à la qualité de vie des gens malades, ça va toujours aller de pire en pire, il n’y a pas de retour, précise Ruth Barrette.

En 2019-2020, 28 personnes ont fait une demande pour l’aide médicale à mourir dans la région, 24 de ces demandes ont été acceptées.

Pour bénéficier de l’aide médicale à mourir, il y a de nombreux critères à respecter. En plus d’être en fin de vie, il faut notamment avoir une maladie grave et incurable, avoir une situation médicale qui se caractérise par un déclin avancé et irréversible de ses capacités, et surtout, il faut être apte à consentir jusqu’au moment du geste, ce qui fait en sorte que certains ne répondent pas aux critères.

Le problème, c’est que tu veux finir avec l’aide médicale à mourir pour éviter de souffrir, mais quand tu veux profiter de la vie jusqu’à la dernière minute, tu ne peux pas, parce que tu es jugé ne plus être apte à la fin. Moi j’en ai une amie qui vient d’agoniser du cancer du cerveau et dans sa condition, elle ne pouvait pas bénéficier de l’aide médicale à mourir, elle a souffert pendant trois mois, malheureusement, précise Ruth Barrette.

Moi j’ai une amie que quelqu’un de sa parenté s’est suicidé, peut-être que si elle avait eu ce choix, elle aurait pu partir avec honneur, ajoute pour sa part Marielle Piché.

Les deux femmes ont accepté de raconter leur histoire afin de faire connaître davantage l’aide médicale à mourir et d’éviter que des gens souffrent ou décident de s’enlever la vie.

Plus il y a de gens qui vont pouvoir vivre ça, plus il y a de gens qui vont réaliser que ce n’est pas si terrible que ça, ça nous a fait réaliser bien des affaires. Elle nous a fait un cadeau en nous permettant de vivre ça, affirme Marielle Piché.

Il ne faut pas avoir peur de ça, c’est enrichissant. C’est un privilège qu’on a eu je trouve, elle nous a tellement bien préparées, je suis contente de l’avoir vécu, ajoute Ruth Barrette.

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