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Calamine, Révélation Radio-Canada 2021-2022

Calamine

Calamine, Révélation Radio-Canada en rap

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des textes engagés, intimes et amusants sur des rythmes groovy

Julie Gagnon, alias Calamine, est une rappeuse féministe s’identifiant au mouvement anticapitaliste. Issue du milieu des arts visuels de Québec, Calamine se consacre exclusivement à la musique depuis 2017. Sur des rythmes accrocheurs et groovy qui puisent dans la sensualité du R’n’B et la langueur du jazz, ses textes naviguent entre des revendications sociales irrévérencieuses et une posture contemplative du quotidien, en passant par l’humour et l’intimité.

Calamine, la Révélation Radio-Canada 2021-2022, interprète Je swipe.

Elle collabore depuis deux ans avec le producteur Kèthe Magané. Ils forment en outre, avec le rappeur Sam Faye, le collectif hip-hop Petite Papa, auquel se sont joints plusieurs artistes. Malgré la pandémie, l'année 2020 s’avère bénéfique pour Calamine. Elle participe aux Francouvertes avec son groupe au printemps, et lance en novembre son premier album solo, Boulette Proof. Au printemps 2021, elle se rend en final de la 25e éditions des Francouvertes.

Voilà pour le résumé biographique. Faites plus ample connaissance avec la Révélation Radio-Canada en consultant le questionnaire ci-dessous.

À quel âge as-tu commencé à faire de la musique?

À 5 ou 6 ans, on m’avait donné un petit clavier dont je ne me séparais jamais. On m’a aussi offert le jeu La mini Fureur et j’interprétais inlassablement La tribu de Dana. J’ai commencé vers 10 ans à jouer sur la vieille guitare classique que ma mère avait encore de l’époque où elle en jouait au secondaire. J’ai écrit ma première chanson vers 11 ans, et après, je n’ai jamais vraiment arrêté d’écrire et de jouer.

Quand as-tu su que tu voulais faire de la musique? As-tu eu un déclic?

J’ai toujours été déchirée entre mes deux passions, la musique et les arts visuels. Pendant mon bac en arts visuels, j’ai fait le choix de me concentrer sur la photo et la peinture, mais dès que j’avais le temps, l’été par exemple, je retournais à la musique. En finissant mon bac, j’ai loué un atelier pour travailler professionnellement sur ma peinture, mais j’ai trouvé ça très solitaire et ça m’a beaucoup déprimée. J’ai décidé de troquer mon atelier pour un local de musique, et je me suis lancée plus sérieusement dans la musique.

Si tu n’avais pas été musicienne, qu’aurais-tu fait?

J’aurais été peintre! Souvent, ça me manque de peindre, mais la musique et la peinture, c’est un peu le même genre de maladie; ça prend toute la place et ça occupe 100 % de ta tête, donc c’est trop prenant d’essayer de faire les deux à la fois!

Quelles sont les thématiques qui t’inspirent le plus dans ta musique?

La réalité queer, dans le sens où je veux donner de la visibilité aux personnes au genre non conforme et qui ont des orientations sexuelles minoritaires. Plus vastement, le féminisme, en ce qu’il est un vecteur de mise en lumière des dynamiques du pouvoir patriarcal à l’œuvre autant dans l’industrie de la musique que dans les sphères intimes et publiques. Un thème que j’oublie souvent et qui me vient de ma pratique en peinture : la quotidienneté. Je parle beaucoup de Hochelaga, parce que j’ai toujours senti ce besoin de parler de ce que je vois, de faire des tableaux avec de petites scènes quotidiennes qui se jouent à l’échelle d’un quartier. Le dernier thème qui m’habite et non le moindre : l’amour. J’ai beau vouloir aborder des enjeux de nature plus politique, c’est l’amour qui est, à mon sens, le carburant de la révolution!

Tu as trois mots pour décrire ta musique, dis-nous lesquels.

Smooth
Queer
Révolutionnaire (dans le sens  qui souhaite la révolution )

Parle-nous de ta ville, de ton village ou de ton quartier. Est-ce un lieu qui inspire ta musique?

Je suis arrivée en 2018 à Montréal, dans le quartier Hochelaga. J’adore le mood de ce quartier sans prétention, où tout et son contraire se côtoient, la communauté queer, les petites familles, les multiples organismes communautaires, les punks, les escortes et les gangs de motards et motardes en scooter et en quadriporteur. J’aime ses parcs et ses ruelles, ses petites initiatives locales, et aussi la mélancolie de ses locaux commerciaux désertés, plus à l’est. J’habite complètement au bout de Sainte-Catherine Est. De mon balcon, j’entends le train passer, je vois les grandes grues déplacer les conteneurs dans le port, et j’ai toujours été apaisée par ce genre de paysage industriel.

Tu as carte blanche pour créer le spectacle de tes rêves. Avec qui souhaites-tu partager la scène?

Je pense que je rêverais de faire un gros spectacle pêle-mêle avec plusieurs femmes MC – Random Recipe, Naya Ali, Sarahmée, Laurence Nerbonne, Meryem Saci, Tali Taliwah, Marie-Gold, MCM – et aussi avec des chanteuses plus R’n’B – Magi Merlin, Shah Frank, Emma Beko. On dirait que c’est tellement commun, tout un line up de rappeurs masculins, mais on voit si peu de vastes collaborations entre femmes sur la scène hip-hop. Je pense que ça fait une forte affirmation et que ça frappe l’imaginaire.

Nomme-moi un album, une pièce ou un artiste (toutes disciplines confondues) qui t’influence ou t’a influencée?

L’album homonyme du groupe Beast, avec Betty Bonifassi, c’était une bombe atomique.

Quelle chanson ou quelle œuvre musicale aurais-tu aimé avoir écrite ou composée?

La chanson Pissiômoins, des Colocs

Quelle est ta chanson de route préférée?

Last call, de Radio Radio

Quelle est la chanson qui te fait te sentir bien?

Sunday Kind of Love, d’Etta James

Et quelle chanson a marqué ton adolescence?

All the Thing She Said, de t.A.T.u., à cause du vidéoclip révolutionnaire dans lequel on voyait les deux filles s’embrasser!

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