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Les manifestations contre les mesures sanitaires interdites en Nouvelle-Écosse

Iain Rankin exhibe son téléphone cellulaire en parlant.

Selon le premier ministre Iain Rankin, des individus sur les réseaux sociaux encouragent le public à contrevenir délibérément aux protocoles de santé publique.

Photo : Len Wagg / Communications Nouvelle-Écosse

Radio-Canada

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a obtenu une injonction pour empêcher les citoyens de se rassembler pour manifester leur opposition aux protocoles de santé publique mis en place le mois dernier pour combattre la transmission communautaire de la COVID-19 dans la province.

Une manifestation était prévue cette fin de semaine par un groupe de personnes qui sont en désaccord avec le port du masque et le respect des restrictions, a expliqué Iain Rankin, premier ministre de la Nouvelle-Écosse, au début de la conférence de presse faisant le point sur l’évolution de la pandémie, vendredi après-midi.

Notre gouvernement a demandé au tribunal une injonction et l’a obtenue aujourd’hui, ce qui empêche ce groupe et n’importe quel autre d’organiser [...] ou de participer à un rassemblement contre les protocoles [de santé publique], a poursuivi Iain Rankin.

L’injonction interdit tout rassemblement qui contreviendrait aux directives de santé publique et défend aux organisateurs de ces manifestations de continuer à en faire la promotion sur les réseaux sociaux, selon le gouvernement provincial.

Une importante éclosion

La grande région d’Halifax et les collectivités avoisinantes sont soumises à des mesures spéciales de santé publique depuis le 23 avril – mesures qui ont été étendues aux autres régions de la province dans les jours qui ont suivi – après une hausse soudaine des cas de COVID-19 dans la province.

La Nouvelle-Écosse a signalé un record quotidien de 227 nouvelles infections au coronavirus, le 7 mai. Vendredi, on faisait état de 117 nouveaux cas de COVID-19 et d’un record de 95 hospitalisations en lien avec le virus.

Le nombre de cas actifs a diminué cette semaine, passant de 1655 lundi à 1537 vendredi, mais ce nombre demeure plus élevé qu’à tout autre moment depuis le début de cette pandémie.

Contre la science

Le premier ministre Iain Rankin a dit qu’on observe de l'activité sur les réseaux sociaux et que des individus y encouragent les gens à violer délibérément les protocoles de santé publique qui sont en place pour garder les gens en sécurité.

Ils ne croient pas à la science, aux masques, aux vaccins. Ils ne sont rien de plus qu'un groupe "alt-right" qui veut manifester contre la science.

Une citation de :Iain Rankin, premier ministre de la Nouvelle-Écosse

Je suis personnellement pour la liberté d’expression, a déclaré le premier ministre Rankin, mais je ne laisserai pas quelques personnes faire dérailler nos efforts pour vaincre cette troisième vague. Les gens ont le droit de partager leurs opinions, mais lorsqu’une province est en confinement en plein milieu d’une troisième vague, il incombe à chacun d’entre nous de nous protéger les uns et les autres et de suivre les protocoles de santé publique.

Pas la première manifestation

Le 2 mai dernier, un petit groupe d’individus s’étaient donné rendez-vous sur la colline de la Citadelle d’Halifax pour manifester contre les restrictions et les mesures de santé publique. Ils avaient baptisé leur rassemblement Freedom Rally, ou Rassemblement pour la liberté.

La police était présente, mais n’était pas intervenue, ce qui avait suscité des questionnements au sein de la population.

Rassemblement sur la colline de la Citadelle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants opposés aux mesures sanitaires s'étaient rassemblés près de la Citadelle d'Halifax le 2 mai 2021.

Photo : Facebook

Le lendemain, la Police régionale d’Halifax avait répondu à ces préoccupations et affirmé qu’elle souhaitait éviter que des situations s’enveniment au cours de ses interventions.

Nos agents ont travaillé avec les organisateurs les jours précédant la manifestation. Ce travail proactif a permis d’empêcher une marche vers une autre destination, qui avait été originalement prévue, avait affirmé le service policier dans un communiqué, le 3 mai.

Les agents de la Police régionale d’Halifax ont été présents tout au long de l’événement, ont fait preuve de leur meilleur jugement pour contenir l’événement et éviter un défi de sécurité publique plus étendu. Au-delà de cela, nous ne pouvons divulguer de détails sur nos tactiques ou sur les gestes précis que nous avons posés, avait écrit le constable John MacLeod, porte-parole de la force policière.

Donner davantage de pouvoirs aux policiers

En vertu des restrictions en place depuis la fin d'avril, les gens de la Nouvelle-Écosse peuvent seulement se réunir à l’intérieur ou à l’extérieur avec les membres de leur ménage, c’est-à-dire les personnes avec lesquelles ils vivent, selon le ministère provincial de la Santé.

La police aurait donc eu le loisir de procéder à des arrestations lors de précédentes manifestations, comme celle du 2 mai près de la Citadelle.

L’injonction que vient d’obtenir la province donne une plus grande autorité d’agir et plus de dents aux pouvoirs existants, a affirmé le premier ministre Rankin. La police peut arrêter et détenir des gens qui seraient clairement en violation avec une ordonnance de la cour.

Un avocat représentant le gouvernement provincial a plaidé pour cette injonction devant le juge Scott Norton, de la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, vendredi.

Dans sa décision, le juge Norton affirme que les groupes de manifestants visés par l'injonction font de l’aveuglement volontaire face aux preuves scientifiques et médicales sur lesquelles sont fondés les protocoles sanitaires.

Le Dr Robert Strang, médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, a été convoqué comme expert témoin dans cette cause.

Nous ne pouvons pas laisser un petit groupe d’individus rejeter la science et les preuves. Leurs actions peuvent mettre les gens en danger. On ne peut pas permettre cela et je suis très satisfait du jugement, a indiqué le Dr Strang, en conférence de presse, vendredi.

L'injonction demeurera en vigueur jusqu'à ce que l'état d'urgence provincial soit levé. Un état d'urgence a été décrété pour la première fois en Nouvelle-Écosse le 22 mars 2020. Renouvelé toutes les deux semaines, il vient d'être prolongé jusqu'au 30 mai 2021.

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