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Confusion autour de la levée du masque aux États-Unis

Des usagers d'un car de touristes sans masque.

Des passagers d'un autocar de touristes à Times Square, à New York, qui ne portent pas le masque.

Photo : Reuters / CARLO ALLEGRI

Agence France-Presse

Masque ou pas masque? La levée par les autorités sanitaires américaines de la recommandation du port du masque pour les personnes vaccinées contre la COVID-19 a surpris les responsables locaux, les experts et les entreprises aux États-Unis, ce qui a provoqué vendredi de vifs débats et une certaine confusion dans le pays.

Même au Congrès, des altercations ont éclaté, certains élus se voyant intimés de retirer leur masque malgré les appels, la veille, de Joe Biden à ce que soient traités avec gentillesse et respect ceux qui préfèrent le garder.

Ainsi, après l'annonce faite jeudi par la principale agence fédérale de santé publique du pays, Centers for Disease Control and Prevention (CDC), la pratique a vite rattrapé la théorie.

La directive, apparemment simple au premier abord, n'a en effet pas manqué de soulever un enchevêtrement de questions dans un pays qui a longtemps été l'épicentre de la pandémie et où le débat autour du masque était devenu, au moment de sa généralisation il y a plus d'un an, un enjeu politique.

Patrons et décideurs démunis

En effet, les recommandations des CDC ne sont pas contraignantes : elles ne s'appliquent pas dans les transports et les hôpitaux, et les autorités précisent qu'elles ne valent pas si le masque reste requis par les lois et règles fédérales, étatiques, locales [...], y compris les directives des magasins et entreprises.

Une situation qui a laissé patrons et décideurs locaux démunis, forcés de trancher entre recommandations scientifiques et inquiétudes d'Américains encore ébranlés par les répercussions du virus.

Avant, les masques étaient importants et, d'un coup, ils ne le sont plus, s'est étonné à New York Ivan Matta, 47 ans, employé dans une entreprise de tourisme.

Ma crainte, c'est : comment allez-vous vérifier que les gens sont complètement vaccinés ou pas? Je crois que beaucoup de gens ne vont plus utiliser le masque même s'ils ne sont pas vaccinés.

Une citation de :Ivan Matta, résident de New York

À New York, mais aussi à Washington, les responsables ont sobrement indiqué qu'ils allaient étudier les nouvelles recommandations.

Symbole de cet embarras, la première dame Jill Biden, qui avait retiré son masque la veille lors de la visite d'un centre de vaccination – on se sent tout nu! s'était-elle exclamée –, portait de nouveau la fameuse protection dans un musée de la capitale, jeudi.

Ailleurs, la confusion continue : dans le Minnesota et en Pennsylvanie, les obligations en vigueur ont été immédiatement mises à jour.

La Virginie et le Maryland ont de leur côté finalement annoncé qu'ils s'y conformeraient samedi. Dans le Connecticut, la nouvelle règle ne s'appliquera que la semaine prochaine.

Dans de nombreux endroits, la recommandation ne changera finalement pas grand-chose : au Texas, l'obligation du port du masque a par exemple été levée dès mars... y compris pour les non-vaccinés.

Des entreprises hésitantes

La question s'est également posée pour les supermarchés, dont beaucoup avaient imposé le port du masque à tous leurs clients.

Après une journée de réflexion, Trader Joe's et le numéro un américain de la distribution, Walmart, ont chacun leur tour annoncé se conformer aux nouvelles recommandations. Au contraire, Aldi a dit maintenir le statu quo.

D'autres entreprises sont hésitantes : dans les usines de General Motors, le masque reste de rigueur le temps d'étudier les nouvelles directives. Il peut cependant être enlevé dans le casino Wynn, à Las Vegas. Au contraire, dans les pharmacies Walgreens, le masque obligatoire est maintenu pour le moment.

Comment savoir qui est vacciné et qui ne l'est pas?

Les recommandations des CDC entraînent de la confusion, s'est plaint le syndicat de la distribution UFCW.

Les travailleurs essentiels sont fréquemment exposés à des gens qui ne sont pas vaccinés et qui refusent de porter des masques. [...] Sont-ils censés devenir les policiers de la vaccination?

Comment allons-nous savoir qui est vacciné et qui ne l'est pas? On ne saura pas, a tweeté Jennifer Nuzzo, épidémiologiste à Johns Hopkins.

Aux États-Unis, un passeport sanitaire national a en effet clairement été écarté. C'est pour cela que les masques vont probablement continuer à être requis dans les magasins, a-t-elle prédit.

La plupart des scientifiques, qui considéraient que les recommandations sanitaires étaient depuis longtemps trop frileuses, n'en ont pas moins applaudi les nouvelles annonces.

Les vaccins sont efficaces contre les variants, permettent de réduire de façon draconienne la possibilité même d'être infecté (et non seulement de développer des symptômes), et dans les rares cas où la maladie se déclenche malgré tout, la charge virale est réduite, ont conclu des études.

Celles-ci montrent donc que les personnes vaccinées – près de 36 % de la population aux États-Unis – ne se mettent pas en danger ni ne le font pour les autres, sans compter que les cas quotidiens ont fortement baissé.

Par ailleurs, dans un pays où l'offre de vaccins surpasse désormais la demande, les autorités espèrent ainsi encourager les personnes réticentes à sauter le pas de la piqûre.

Pour autant, certains experts ont émis des réserves, notamment pour les zones où les taux de transmission sont toujours élevés. Donnez aux gens le temps de s'organiser, a dit Linsey Marr, spécialiste de la transmission aérienne des virus.

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